Ida Vitale, vous vous rappelez d’elle ? Nous avions parlé de cette poétesse Uruguayenne, à l’occasion du prix Cervantès qu’elle avait reçu à 95 ans en 2018. C’est ICI, nous avions tous beaucoup aimé le poème du billet.
![]() |
| El Pais, Foto: Sofia Torres/AFP |
Le temps passe, et son pays vient de lui organiser une fête pour ses 100 ans.
Toujours aussi gaie et ironique, elle a dit en arrivant: “Merci aux fous qui ont organisé cela et aux fous qui sont venus. Je ne le mérite pas. Et en plus il pleut.”
Alors, pour fêter avec elle, voici un autre de ses poèmes.
Réunion
Il
était une forêt de mots
une pluie d'embuscade de mots,
une
voix bruyante ou tacite
convention de mot,
une mousse
délicieuse qui murmure,
un léger grondement, un arc-en-ciel
oral
de possibles oh légères légères légères
dissidences,
il y avait le pour et le contre,
le oui et le
non,
arbres multipliés
avec une voix dans chacune de ses
feuilles.
Plus
jamais, dirait-on,
Le silence.
Reunión
Érase un bosque de palabras,
una emboscada lluvia de palabras,
una vociferante o tácita
convención de palabras,
un musgo delicioso susurrante,
un estrépito tenue, un oral arcoíris
de posibles oh leves leves disidencias leves,
érase el pro y el contra,
el sí y el no,
multiplicados árboles
con voz en cada una de sus hojas.
Ya nunca más, diríase,
el silencio.
