Les oiseaux
Lucien
Noullez (Etterbeek, Belgique, 1957-2023)
Tous les jours, tous les jours je dessinais sur notre
table un visage avec des miettes
et tous les jours la faim l'effaçait
ou parfois le vent en été
qui aime les oiseaux, le vent
du sud, à peine plus léger qu'un cœur.
Maintenant le visage est parti dans le ventre
des moineaux.
L'enfance appelle et je réponds
avec des miettes blanches. On vit de peu.
On vit d'un peu d'amour lointain.
(extrait de "Comme un pommier")

Los pájaros Lucien Noullez ( Bélgica, Etterbeek 1957-2023)
Todos los días, todos los días dibujaba en nuestra
mesa una cara con migas
y todos los días el hambre la borraba
o a veces el viento en verano
al que le gustan los pájaros, el viento
del sur, apenas más ligero que un corazón.
Ahora se fue la cara en el vientre
de los gorriones.
Llama la infancia y contesto
con migas blancas. Se vive con poco.
Se vive de un poco de amor lejano.
Trad: Colo