Affichage des articles dont le libellé est trois poèmes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est trois poèmes. Afficher tous les articles

2 oct. 2013

3 Poèmes de Marina Tsvetaïeva

Voici trois courts poèmes de Marina Tsvetaïeva, une des 7 Femmes de Lydie Salvayre; vous en saurez plus sur cette poétesse dans le prochain billet.
Aquí tres poemas cortos de Marina Tsvetaïeva, una de las 7 mujeres de Lydie Salvayre. Sabréis más sobre esa poetisa en la próxima nota.


I

Baiser au front – c'est effacer l'ennui.
Je baise au front.

Baiser les yeux – c'est tuer l'insomnie.
Je baise les yeux.

Baiser les lèvres – c'est donner à boire.
Je baise les lèvres.

Baiser au front – c'est effacer la mémoire.
Je baiser au front

(5 juin 1917)

Besar en la frente - es borrar el tedio.
Beso la frente.

Besar los ojos – es matar el desvelo.
Beso los ojos.

Besar los labios – es dar de beber.
Beso los labios.

Besar en la frente – es borrar la memoria.
Beso la frente.

 (Trad: MAH, Colo)


                                                    II

Je suis une page sous ta plume.
J'accepte tout. Je suis une page blanche.
Je le garde tout ton bien précieux.
Je le cultive pour te le rendre au centuple.

Je suis le village, je suis la terre noire.
Tu m'es pluie et soleil.
Tu es Maître et Dieu et moi -
Tchernoziom et papier blanc! 


(traduit par Pierre Léon. Extrait de Le ciel brûle de Marina Tsve­taïeva) Merci Sable.
NB: Le tchernoziom (en russe : чернозём, contraction de tchernaïa zemlia, « terre noire » ou riche en humus) est un type de sol.


Bajo tu pluma soy hoja.
Todo lo acepto. Pagina en blanco.
Guardián de tus preciados bienes.
Te los cultivo y entrego, acrecentados.

Soy la aldea, tierra negra
Eres mi sol y mi lluvia
Eres Dueño y Señor y yo -
¡Negra tierra, papel blanco!

(Trad: MAH, Colo)



 III

Les nuits sans celui qu’on aime – et les nuits
Avec celui qu’on n’aime pas, et les grandes étoiles
Au-dessus de la tête en feu et les mains
Qui se tendent vers Celui –
Qui n’est pas – qui ne sera jamais,
Qui ne peut être – et celui qui le doit…
Et l’enfant qui pleure le héros
Et le héros qui pleure l’enfant,
Et les grandes mon­tagnes de pierre
Sur la poi­trine de celui qui doit – en bas…


Je sais tout ce qui fut, tout ce qui sera,
Je connais ce mys­tère sourd-muet
Que dans la langue men­teuse et noire
Des humains – on appelle la vie.

Marina Tsve­taïeva, 1917

Las noches sin aquel al que amamos - y las noches
con aquel al que no amamos, y las grandes estrellas
encima de la cabeza acalorada y las manos
que se tienden hacia Aquel -
que no está - que nunca estará,
que no puede estar - y aquel que debe...
Y el niño que quiere ser héroe
y el héroe que quiere ser niño,
y las grandes montañas de piedra
sobre el pecho de aquel que debe - aquí abajo...

Se todo lo que fue y lo que será
Conozco ese misterio sordomudo
Que en la negra y mentirosa lengua
De los hombres – llamamos la vida

(trad: MAH, Colo)