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6 mars 2026

Dis-lui que je suis venue / Dile que he venido

Elena Poniatowska (Mexique-France, une femme révolutionnaire, sa biographie est intéressante )

J'ai traduit un de ses courts récits.

Le style d'Elena est simple et je n'ai pas cherché à le modifier. Dans ce récit sous forme de lettre, les souvenirs sont très présents et on y trouve quelques éléments de son pays d'origine, le Mexique: la pauvreté et la délinquance, les femmes habituées, résignées à attendre l'homme tout-puissant, soumises ( problème soulevé par de nombreuses écrivaines sud-américaines ).

Là « elle » sait que cet amour est fini, ou n'a jamais existé, mais...elle attend

Bonne lecture. 



Os dejo aquí un relato suyo.

El estilo de Elena es simple y en este relato, en forma de carta, los recuerdos están muy presentes y se encuentran algunos elementos de su país de orígen, Mexico : la pobreza y la delincuencia, las mujeres acostumbradas, resignadas a esperar al hombre todo poderoso, sumisas (problema que abordan varias mujeres escritoras sur americanas)

La « ella » sabe que este amor ha terminado, o no ha existido nunca, pero....espera.

Buena lectura.



LA COMMISSION



Je suis venue Martín, et tu n'es pas là. Je me suis assise sur le seuil de ta maison, appuyée contre ta porte et je pense qu'en un endroit de la ville, par une onde qui traverse l'air, tu dois deviner que je suis ici. Voici ton petit bout de jardin; ton mimosa s'incline vers la rue et en passant les enfants lui arrachent les branches les plus accessibles...En terre, semées autour d'un mur, très rectilignes et sérieuses, je vois des fleurs qui ont des feuilles comme des épées. Elles sont bleu marine, elles ressemblent à des soldats. Elles sont très graves, très honnêtes. Toi aussi tu es un soldat. Tu marches dans la vie, un, deux, un, deux...Ton jardin entier est solide, il est comme toi, il a une force qui inspire confiance.



Me voici contre le mur de ta maison, telle que je suis parfois contre le mur de ton dos. Le soleil donne aussi contre la vitre de tes fenêtres et peu à peu il faiblit car il est tard. Le ciel rougissant a chauffé ton chèvrefeuille et son odeur se fait de plus en plus pénétrante. C'est la tombée du jour. Le jour va décliner. Ta voisine passe. Je ne sais si elle m'aura vue. Elle va arroser son bout de jardin. Je me souviens qu'elle t'apporte une soupe quand tu es malade et que sa fille te fait des piqûres...Je pense à toi très lentement, comme si je te dessinais en moi et que tu restais gravé là. Je voudrais avoir la certitude que je vais te voir demain et après-demain et toujours dans une chaîne ininterrompue de jours; que je pourrai te regarder lentement bien que je connaisse chaque petit recoin de ton visage; rien entre nous n'a été provisoire ni un accident.



Je suis penchée sur une feuille de papier et je t'écris tout ça et je pense que maintenant, dans un quelconque quartier où tu marches, pressé, décidé comme tu en as l'habitude, dans une de ces rues où je t'imagine toujours: Donceles et Cinco de Febrero ou Venustiano Carranza, sur une de ces banquettes grises et monocordes brisées par la foule de gens qui va prendre le camion, tu dois savoir au fond de toi que je t'attends. Je suis simplement venue te dire que je t'aime et comme tu n'es pas là je te l'écris. Je ne peux presque plus écrire parce que le soleil est déjà parti et je ne sais pas bien ce que je te mets. Dehors passent encore des enfants, en courant. Et une dame avec une casserole prévient, irritée: “ Ne me secoue pas la main, je vais renverser le lait...” Et je laisse ce crayon, Martín, et je laisse la feuille à lignes et je laisse mes bras pendre inutilement le long de mon corps et je t'attends. Je pense que j'aurais aimé t'étreindre. Parfois j'aimerais être plus vieille parce que la jeunesse porte en elle, l'impérieux, l'implacable besoin de tout relier à l'amour.

Un chien aboie; il aboie agressivement. Je crois qu'il est temps de partir. Sous peu viendra la voisine pour allumer la lumière de ta maison; elle a la clef et elle allumera l'ampoule de la chambre qui donne vers l'extérieur parce que dans cette colonie on assaille beaucoup, on vole beaucoup. On vole beaucoup aux pauvres; les pauvres se volent entre eux...Tu sais, depuis mon enfance je me suis assise ainsi à attendre, j'ai toujours été docile, parce que je t'attendais. Je sais que toutes les femmes attendent. Elles attendent la vie future, toutes ces images forgées dans la solitude, toute cette forêt qui marche vers elles: toute cette immense promesse qu'est l'homme; une grenade qui s’ouvre soudain et montre ses grains rouges, brillants; une grenade comme une bouche pulpeuse de mille grains. Plus tard ces heures vécues en imagination, devenues heures réelles, devront prendre poids et taille et dureté. Tous nous sommes – ô mon amour – si pleins de portraits intérieurs, si pleins de paysages non vécus.

La nuit est tombée et je ne vois presque plus ce que je suis en train de griffonner sur le papier ligné. Je ne distingue plus les lettres. Là où tu ne comprends pas, dans les espaces, dans les vides, mets: “Je t'aime...” Je ne sais si je vais glisser cette feuille sous la porte, je ne sais. Tu m'as donné un tel respect de toi-même....Peut-être que maintenant je vais partir, je ne suis passée que pour demander à une voisine qu'elle te fasse la commission: qu'elle te dise que je suis venue.

Trad : Colo



Picasso, mujer sentada - femme assise



Elena Poniatowska, El Recado

Vine Martín, y no estás. Me he sentado en el peldaño de tu casa, recargada en tu puerta y pienso que en algún lugar de la ciudad, por una onda que cruza el aire, debes intuir que aquí estoy. Es este tu pedacito de jardín; tu mimosa se inclina hacia afuera y los niños al pasar le arrancan las ramas más accesibles... En la tierra, sembradas alrededor del muro, muy rectilíneas y serias veo unas flores que tienen hojas como espadas. Son azul marino, parecen soldados. Son muy graves, muy honestas. Tú también eres un soldado. Marchas por la vida, uno, dos, uno, dos... Todo tu jardín es sólido, es como tú, tiene una reciedumbre que inspira confianza.

Aquí estoy contra el muro de tu casa, así como estoy a veces contra el muro de tu espalda. El sol da también contra el vidrio de tus ventanas y poco a poco se debilita porque ya es tarde. El cielo enrojecido ha calentado tu madreselva y su olor se vuelve aún más penetrante. Es el atardecer. El día va a decaer. Tu vecina pasa. No sé si me habrá visto. Va a regar su pedazo de jardín. Recuerdo que ella te trae una sopa cuando estás enfermo y que su hija te pone inyecciones... Pienso en ti muy despacio, como si te dibujara dentro de mí y quedaras allí grabado. Quisiera tener la certeza de que te voy a ver mañana y pasado mañana y siempre en una cadena ininterrumpida de días; que podré mirarte lentamente aunque ya me sé cada rinconcito de tu rostro; que nada entre nosotros ha sido provisional o un accidente.

Estoy inclinada ante una hoja de papel y te escribo todo esto y pienso que ahora, en alguna cuadra donde camines apresurado, decidido como sueles hacerlo, en alguna de esas calles por donde te imagino siempre: Donceles y Cinco de Febrero o Venustiano Carranza, en alguna de esas banquetas grises y monocordes rotas sólo por el remolino de gente que va a tomar el camión, has de saber dentro de tí que te espero. Vine nada más a decirte que te quiero y como no estás te lo escribo. Ya casi no puedo escribir porque ya se fue el sol y no sé bien a bien lo que te pongo. Afuera pasan más niños, corriendo. Y una señora con una olla advierte irritada: "No me sacudas la mano porque voy a tirar la leche..." Y dejo este lápiz, Martín, y dejo la hoja rayada y dejo que mis brazos cuelguen inútilmente a lo largo de mi cuerpo y te espero. Pienso que te hubiera querido abrazar. A veces quisiera ser más vieja porque la juventud lleva en sí, la imperiosa, la implacable necesidad de relacionarlo todo con el amor.
Ladra un perro; ladra agresivamente. Creo que es hora de irme. Dentro de poco vendrá la vecina a prender la luz de tu casa; ella tiene llave y encenderá el foco de la recámara que da hacia afuera porque en esta colonia asaltan mucho, roban mucho. A los pobres les roban mucho; los pobres se roban entre sí... Sabes, desde mi infancia me he sentado así a esperar, siempre fui dócil, porque te esperaba. Sé que todas las mujeres aguardan. Aguardan la vida futura, todas esas imágenes forjadas en la soledad, todo ese bosque que camina hacia ellas; toda esa inmensa promesa que es el hombre; una granada que de pronto se abre y muestra sus granos rojos, lustrosos; una granada como una boca pulposa de mil gajos. Más tarde esas horas vividas en la imaginación, hechas horas reales, tendrán que cobrar peso y tamaño y crudeza. Todos estamos —oh mi amor— tan llenos de retratos interiores, tan llenos de paisajes no vividos.
Ha caído la noche y ya y casi no veo lo que estoy borroneando en la hoja rayada. Ya no percibo las letras. Allí donde no le entiendas en los espacios blancos, en los huecos, pon: "Te quiero..." No sé si voy a echar esta hoja debajo de la puerta, no sé. Me has dado un tal respeto de ti mismo...Quizá ahora que me vaya, sólo pase a pedirle a la vecina que te dé el recado: que te diga que vine.


 


Un bonito cuento para niños escrito por ella, con ilustraciones preciosas aquí:



  



29 févr. 2024

Possibles futurs / Posibles futuros

 

La mer, la terre

Vont devoir

À partir du matin


Servir de miroir

Au soleil.


El mar, le tierra

Deberán

A partir de la mañana


Servir de espejo

Al sol.


 

Patience, patience,

Les étoiles!


On a de quoi s’occuper

Sans vous.


¡Paciencia, paciencia

Las estrellas!


Tenemos otros menesteres

Sin vosotras.

 

 

Extraits de “Possibles futurs” Guillevic.

Trad. en español, Colo

17 mars 2022

Le lion de Rosa

L e 7 mars dernier La Poste (France) a émis 612.000 timbres pour rendre hommage à Rosa Bonheur née il y a 200 ans.

 

(une vidéo qui explique bien sa personnalité https://www.youtube.com/watch?v=Op8UqS-jNSE&ab_channel=TV5MONDEInfo)

 

 

                                              El Cid



Bien dites-vous, quel rapport avec l’Espagne ? Voilà, voilà.


Selon Anna Klumke, une des deux femmes qui ont partagé sa vie, Rosa Bonheur, passionnée d’animaux, commença à peindre des lions durant la guerre franco-prusse. Après elle employa comme modèles des lions du zoo de Paris puis elle adopta un couple qui vivait dans son domaine.


En 1879 le marchant Ernest Gambart, ami intime de la peintre, donna le tableau-   lion au Museo del Prado, et sa renommée en fut grandie au point qu’elle reçut la Grande Croix d’Isabelle la Catholique, une décoration réservée aux grands maîtres.


Voilà le tableau, appelé Le Cid, peint en 1879 dont la dessinatrice Valérie Besser fit une gravure pour le timbre. 

 


L’œuvre causa un énorme impact non seulement à cause de sa beauté et de son réalisme, mais surtout par l’expression du visage du lion. Son regard surtout, presque humain vous ne trouvez pas ? Un vrai portait.

Je ne suis vraiment pas fan de la peinture animalière, mais le regard de ce lion me subjugue.




23 sept. 2020

Fou, PIcabia? / ¿Loco, Picabia?

 

Picabia. Francis-Marie Martinez de Picabia Écrivain, poète, peintre... Il est né en France en 1879 de père espagnol et de mère française.

Nous restons dans le cubisme, un poème de lui aussi biscornu que certaines de ses peintures…

Je me suis demandé pourquoi, en mots, ces étrangetés nous dérangent plus que dans ses peintures. . Regardez ce tableau de lui, UDNI…connu, applaudi, très cher sûrement; il est au Centre Pompidou

 

                                   F. Picabia Udnie 1913


 

Et maintenant lisez ce poème...



Un fou qui est devenu fou           F. Picabia


La lune s'est couchée dans une cheminée

en rue il faisait froid

j'entends la pluie

je suis assis en attente de rien

j'en ai trouvé une

j'en cherche deux

deux feuilles pour la couronne

de l'héritage

du fantasme solitaire

qui se traîne vers l'amour

pour vider mon cœur.


(Trad: Colo, pas trouvé l'original-français sur la toile, hélas.)

 

Un loco que se ha vuelto loco  


                                           

La luna se ha acostado en una chimenea

hacia frío en la calle

oigo la lluvia

estoy sentado a la espera de nada

he encontrado una

busco dos

dos hojas para la corona

de la herencia

del fantasma solitario

que se arrastra hacia el amor

para vaciar mi corazón.

Francis Picabia

 

19 mars 2020

À la soupe! / ¡ A la sopa, hombre!



Un final inattendu qui m’a fait rire.
Un final inesperado que me hizo reír.


XLIV

LA SOUPE ET LES NUAGES
Ch. Baudelaire 



Ma petite folle bien-aimée me donnait à dîner, et par la fenêtre ouverte de la salle à manger je contemplais les mouvantes architectures que Dieu fait avec les vapeurs, les merveilleuses constructions de l’impalpable. Et je me disais, à travers ma contemplation : « — Toutes ces fantasmagories sont presque aussi belles que les yeux de ma belle bien-aimée, la petite folle monstrueuse aux yeux verts. »
Et tout à coup je reçus un violent coup de poing dans le dos, et j’entendis une voix rauque et charmante, une voix hystérique et comme enrouée par l’eau-de-vie, la voix de ma chère petite bien-aimée, qui disait : « — Allez-vous bientôt manger votre soupe, s…. b….. de marchand de nuages ? » 
 
Constant Le Breton


La sopa y las nubes
Ch. Baudelaire
Mi amada locuela me invitaba a comer, y por la ventana abierta del comedor iba yo contemplando las movedizas arquitecturas que Dios hace con los vapores, las construcciones maravillosas de lo impalpable. Y me decía, a través de mi contemplación: «Todas esas fantasmagorías son casi tan bellas como los ojos de mi hermosa amada, la locuela monstruosa de ojos verdes.»
De pronto, sentí una violenta puñada en la espalda y oí una voz ronca y encantadora, una voz histérica y como enronquecida por el aguardiente, la voz de mi chiquilla amada, que decía «¿Cuándo acabas de comerte la sopa, o... mercader de nubes?»

Todos los poemas en prosa de Charles Baudelaire en a Biblioteca virtual Cervantes



27 déc. 2019

La lisère des mots / La linde de las palabras



LISIÈRES
(extrait)


Quand trop de voix familières
jonchaient le bas-côté des jours
j’écrivais
pour détourner le temps
prendre le pouls de la mémoire
dans le ravissement d’un arrêt sur image.

Mais déjà le chemin s’effaçait
à la lisière des mots

et l’on n’entendait plus que des voix
indistinctes
rudes comme la rouille
des faux abandonnées

et l’image n’était plus
qu’un obscur reflet
qui à tout moment
pouvait blesser la lumière.

 Irène Dubœuf, « Lisières » in Effacement des seuils, éditions Unicité, 2019, page 45. 

Poème et références trouvés sur le blog Terres de Femmes:
https://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2019/12/ir%C3%A8ne-dub%C5%93uf-lisi%C3%A8res.html 

Vicente Verdú




Orillas
(Extracto)

Cuando demasiadas voces familiares
cubrían el arcén de los días
escribía
para desviar el tiempo
para tomar el pulso de la memoria
en el encanto de un estudio minucioso.

Pero el camino ya se borraba
en la linde de la palabras

y ya sólo se oían voces
indistintas
rugoso como el óxido
de las hoces abandonadas

y la imagen ya no era más
que un oscuro reflejo
que en cualquier momento
podía herir la luz.
 
(Traducción Colo)

5 janv. 2019

Premier poème de l'année / Primer poema del año



Merci, merci à Maïté /Aléonor pour ce joli recueil de poèmes de Jean-Pierre Siméon.

Déjà son titre, “La nuit respire”, inspire.



Lettre aux gens très sages

À Sarah

Non il n’est pas fou
celui qui parle au vent
aux murs aux rues aux lampadaires

à l’ombre du chat sur la fenêtre
aux mains fragiles
qui l’aiment et le connaissent

Il n’est pas fou
celui qui voit la mer
dans son miroir
et des chiens bleus
dans les nuages

Non le poète n’est pas fou
il rêve il rêve
et nous attend
sous le manteau de son mystère
au coeur du monde imaginé

https://www.domestika.org/es/projects/257670-bioclimatic-house-espejo-del-mar

Carta a gente muy buena
Para Sarah

No, no está loco
el que le habla al viento
a las paredes a las calles a las farolas

a la sombra del gato en la ventana
a las manos frágiles
que le quieren y le conocen
No está loco
el que ve el mar
en su espejo
y perros azules
en las nubes

No, el poeta no está loco
sueña sueña
y nos espera
bajo el abrigo de su misterio
en el corazón del mundo imaginado
(Trad: Colo)


31 oct. 2018

Désorientation / Desorientación

Silvia Baron Supervielle, vous vous en souvenez? Nous en avions parlé et lu
certains poèmes en 2014.

Avant deux poèmes, courts comme tous ses poèmes en français, je vous remets en mémoire ses propres mots:


- J'écrivais des poèmes et des contes en espagnol, mais je ne pensais pas sérieusement à écrire. J'ai pas mal tardé à changer de langue. Pour faire plaisir à mes amis, qui voulaient lire quelque chose de moi, j'ai essayé de me traduire, mais c'était de longs poèmes, parfois des sonnets. Alors je me suis mise à écrire en français. Ça m'a beaucoup plu, je voyais les choses d'une autre façon. J'avais peur de cette nouvelle langue et je soupçonne que c'est pour cela que j'ai écrit des poèmes courts. Ce fut la révélation d'un style et avec lui, d'un univers. Ces poèmes me rendaient mon image, la solitude dans laquelle je me trouvais. L'idée me vint que je pouvais être écrivaine. Pas parce que mes poèmes étaient en français mais parce qu'ils étaient dans une autre langue. Les mots étaient lointains. La désorientation me convenait." S. Baron Supervielle



"–Yo escribía poemas y cuentos en español, pero no pensaba seriamente en escribir. Tardé bastante en cambiar de lenguaje. Por complacer amigos, que querían leer algo mío, traté de traducirme, pero eran poemas largos, a veces sonetos. Entonces me puse a escribir en francés. Me gustó mucho, veía las cosas de otra manera. Le temía a la nueva lengua y sospecho que por ello escribí poemas breves. Fue la revelación de un estilo y con él, de un universo. Esos poemas me devolvían mi imagen, la soledad en la que estaba. Me vino la idea que podía ser una escritora. No porque mis poemas estuvieran en francés sino porque estaban en otra lengua. Las palabras estaban lejos. La desorientación me convenía."

Essais pour un espace
(extrait)


que personne
ne ferme mes
paupières

je veux te
voir déranger
l’éternité

que nadie
me cierre
los párpados

quiero
verte molestar
la eternidad



fresque, flûtiste



le flûtiste
de l’espace
se promène
en scrutant
l’accord
disparu

(Dans “Sur le fleuve”) 


                 el flautista
                 del espacio
                 se pasea
                 oteando
                 el acorde
                desvanecido
 
  (trad: Colo)


Sur le magnifique site Terres de Femmes, un court texte de S.B.Supervielle: https://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2005/04/silvia_baron_su.html

8 mai 2014

Lao Tse aurait dit... / Lao Tse habría dicho...




...ceci: "Un bon voyageur n'a ni plans fixes ni l’intention d'arriver".

Ah bon!

...esto: “Un buen viajero no tiene planes fijos ni la intención de llegar”. 

Ah! Bueno. 



Fernando Maldonado (Colombia)




J'espère quand même toucher terre, du côté de Marseille, et passer quelques jours délicieux et surprenants...
À bientôt, portez-vous bien.



Espero sin embargo poner el pie, allí, por Marsella, y pasar unos días sorprendentes...
Hasta pronto, portaos bien.