28 janv. 2026

Fleurs d'hiver


   

Si l’amandier fleurit en hiver c’est pour que les abeilles le pollinisent et qu’ainsi il ait le temps de former l’amande avant la chaleur sèche de l’été. Pour l’heure le fruit aura grandi et sera assez mûr pour ne plus rien avoir besoin de la terre.

Un arbre courageux donc qui prend le risque de geler plutôt que celui de la sécheresse certaine de l’été.

Les premières fleurs, une joie attendue avec impatience et sourire.

Comme l’écrit Marie Bonheur du Jour,

 “après les mimosas ce seront les amandiers qui fleuriront
et bouleverseront les cœurs comme une autre tempête.
Il y a toujours des tempêtes.”

http://bonheurdujour.blogspirit.com/archive/2026/01/28/jour-de-tempete-3385126.html





23 janv. 2026

État d'esprit / Estado de ánimo

 

 

États d’esprit

Mario Benedetti, Uruguay 1920 - 2009

 


Quelques fois je me sens

comme pauvre colline

et d’autres comme montagne

aux sommets répétés,



quelques fois je me sens

comme une falaise,

et à d’autres comme un ciel

bleu mais lointain,



parfois on est

source entre des rochers,

et parfois un arbre

avec ses dernières feuilles,

mais aujourd’hui je me sens à peine

comme une lagune insomniaque,

avec un embarcadère

privé d’embarcations,



une lagune verte

immobile et patiente

satisfaite de ses algues

ses mousses et ses poissons,

sereine dans ma confiance

espérant qu’un après-midi

tu t’approches et te regardes…

que tu te regardes me regardant.

                                                       (Trad. Colo)

 

 

                                    Laguna verde, Lanzarote

 

 

 

 

 

 

 

Estados de ánimo   

Mario Benedetti, Uruguay 1920 - 2009


Unas veces me siento
como pobre colina, 
y otras como montaña 
de cumbres repetidas, 


unas veces me siento 
como un acantilado, 
y en otras como un cielo 
azul pero lejano, 


a veces uno es 
manantial entre rocas, 
y otras veces un árbol
con las últimas hojas, 
pero hoy me siento apenas 
como laguna insomne, 
con un embarcadero 
ya sin embarcaciones, 


una laguna verde 
inmóvil y paciente 
conforme con sus algas
sus musgos y sus peces, 
sereno en mi confianza 
confiando en que una tarde, 
te acerques y te mires.. 
te mires al mirarme.




19 janv. 2026

Balade en Hollande / Paseo por Holanda

 Si je republie ce billet paru en 2013 c'est parce que, avec une nièce espagnole, nous 

avons passé un long moment à l'admirer. Si jamais vous le voyiez chez un bouquiniste ou 

ailleurs...c'est une merveille.

 

Le 2 Novembre 1892, le jour, précisément, des Morts, bon augure, je partis par la gare du Nord* dans, grâces à des fonds miraculeusement venus des Pays-Bas, un wagon spécial de première classe, sinon en vrai souverain, du moins en prince encore très sortable - :”
*(Paris)
El 2 de Noviembre 1892, el día, precisamente, de los Muertos, buen auguro, salí por la estación del Norte* en, gracias a unos fondos milagrosamente venidos de los Países Bajos, un vagón especial de primera clase, si no es en verdadero soberano, por lo menos en príncipe todavía muy presentable -:”
* (París)
Ce “je” est Paul Verlaine, invité par un groupe d'artistes et de littérateurs pour donner une série de conférences à Den Haage (La Haye), Leyde et Amsterdam. Il accepta volontiers ”ayant toujours été curieux de ce pays que l'ingrat Voltaire, son hôte de corps et d'esprit, dénonce comme plein “de canaux, de canards et de canailles”, de ce pays qu'à mon tour je proclame plein, évidemment de canaux et de canards, mais plus encore de talent héréditaire et de traditionnelle histoire restée.”
 
Este “Yo” es Paul Verlaine, invitado por un grupo de artistas y literatos para dar une serie de conferencias en La Haya, Leyde y Amsterdam. Acepta con mucho gusto “habiendo siempre sido curioso de este país que el ingrato Voltaire, su huésped de cuerpo y espíritu, denuncia como lleno “ de canales, patos y canallas”, de ese país que a mi vez proclamo lleno, evidentemente de canales y patos, pero aún más de talento hereditario y de tradicional historia permanecida.”


Quinze jours en Hollande” de Paul Verlaine; une série de lettres à un ami qui lui a demandé de lui relater son séjour.
L'édition que je possède est magnifique, illustrée à la main, des aquarelles de Van Teyne. Un héritage “de grand-mère, en mère, en fille” sans prix donc.
C'est avec délicatesse (pour en pas l'abimer) et curiosité que je me suis immergée dans ce récit. La prose de Verlaine m'était inconnue, elle m'a surprise par sa variété; un style très vivant fait de rapprochements, d'incises et de digressions. Ces dernières sont souvent des vers, des réflexions, quelques souvenirs. Aucune mention de sa tumultueuse vie passée pourtant.
Reçu et partout traité, c'est vrai, comme un prince, il s'attache au peintre symboliste Toorop, au poète Albert Verwey, au peintre Joseph Israëls, à l'écrivain Willem Kloos...des artistes très connus dit-il, mais dont j'ai à peine entendu le nom. 
 
Quinze días en Holanda” de Paul Verlaine; una serie de cartas a un amigo que le pidió que le contara su estancia allí. Fue con gran curiosidad con la que me metí en ese relato. La prosa de Verlaine me era desconocida, me sorprendió por su variedad; un estilo muy vivo hecho de aproximaciones, incisas y digresiones. Estas últimas son a menudo versos, reflexiones, recuerdos. Sin embargo no hace ninguna referencia a su tumultuosa vida anterior.
Recibido y, es cierto, tratado como un príncipe por todas partes, establece amistad con el pintor simbolista Toorop, con el poeta Albert Verwey, con el pintor Joseph Israëls, el escitor Willem Kloos...todos artistas muy conocidos dice, pero yo apenas he oído su nombre.


Enchanté, il visite les villes, des musées, il détaille tout avec grand intérêt; il passe pas mal de temps aussi, entouré d' un aéropage, dans des cafés et restaurants où les cigares et l'alcool, surtout les amer-Schiedam (sorte d'eau de vie) trouvent chez Verlaine un gosier fort accueillant.
Avant chaque conférence, et pour s'éclaircir la voix, il gobe un oeuf cru. Être le centre de l'intérêt et l'attention lui plaît énomément.
Quant au sujet de ses conférences:
...J'ai bien assez de mon symbolisme à moi, - j'entends, grands dieux, non pas le mien qui n'a jamais existé, - je veux dire celui, feu d'ailleurs, de Jean Moréas aujourd'hui Chef de l'École romane.
Ce sacré, les anglais diraient “bloody”, symbolisme dont je dois encore parler ici.”
Alors il alterne et lit/récite, à la demande du public, beaucoup de ses propres poèmes.
 
Encantado, visita las ciudades, unos museos, detalla todo con gran interés; pasa mucho tiempo también, rodeado de un aerópago, en cafés y restaurantes donde los puros y el alcohol, sobre todo los “amer-Schiedam” (un tipo de aguardiente) encuentran en Verlaine un cliente más que acogedor.
Antes de cada conferencia, y para aclarase la voz, traga un huevo crudo. Ser el centro del interés y de la atención le encanta.
En cuanto al tema de sus conferencias:
...Me basta con mi propio simbolismo, - entiendo, dios mío, no el mío que nunca existió, - sino el del ya fallecido Jean Moréas hoy Jefe de la Escuela románica.
Este maldito, los ingleses dirían “bloody”, simbolismo del cual tengo que hablar de nuevo aquí.”
También lee/recita, a la demanda de su público, muchos de sus propios poemas.




Tour à tour émerveillé, attentif à tout et à tous, attendrissant dans sa relation avec la fillette de son hôte, Monsieur Zilcken, Verlaine se révèle à moi comme épistolier-voyageur hors pair.



NB: Dominique nous signale que ce livre a été réédité, sans les belles illustrations, et Tania a trouvé sur Gallica la possibilité de le lire et/ou feuilleter:
http://gallica.bnf.fr/Search?ArianeWireIndex=index&p=1&lang=ES&q=verlaine+hollande


Portrait de Verlaine par Ph. Zilcken
Alternativamente maravillado, atento a todo y a todos, enternecedor en su relación con la joven hija de su huésped, el Señor Zilcken, Verlaine se me revela como un viajero-epistolar fuera de serie.
No sé si lo encontraréis, tal vez una edición antigua...os lo deseo.

 

9 janv. 2026

Herbier et poèmes / Herbario y poemas

 

Un autre beau cadeau ce livre à la fois herbier et poèmes choisis d'Emily Dickinson, en

 anglais et espagnol, avec des illustrations de fleurs et plantes. Gracias, Carmen.

 

 



J’y ai ajouté, bien sûr, une traduction en français...


Who robbed the woods,
The trusting woods?
The unsuspecting trees.
Brought out their burrs and mosses,
His fantasy to please.
He scanned their trinkets, curious,
He grasped, he bore away.
What will the solemn hemlock,
What will the fir-tree say?



Qui a volé les bois,
Les bois confiants ?
Les arbres peu méfiants.
Ils sortirent leurs écorces et leurs mousses,
Pour satisfaire leur fantasme.
Il examina leurs trophées, curieux,
Il s’en saisit, les emporta.
Que dira le cèdre solennel,
Que dira le sapin ?



¿Quién robó los bosques,

Los bosques confiados?

Los negligentes árboles

Sacaron sus cortezas y sus musgos

Para complacer su fantasía.

Observó curioso sus adornos,

Se los arrebató, huyó.

¿Qué dirá el solemne pino,

El abeto, qué dirá ?

2 janv. 2026

Abriter les années

 

Un cadeau, ce recueil de poèmes de Robert Desnos, surréaliste,  intitulé “Poèmes de minuit”. Merci !

Maurice de Vlaminck

 

14/4/36

Campagnes que je traverse

Statues dépassées sans s’arrêter

Danse des fils télégraphiques

Vol d’un oiseau à l’horizon

Coin perdu où l’on voudrait une seule

Maison où l’on voudrait abriter toutes les années

Terre toute la terre

Où vivent les hommes

Mes amis