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9 janv. 2026

Herbier et poèmes / Herbario y poemas

 

Un autre beau cadeau ce livre à la fois herbier et poèmes choisis d'Emily Dickinson, en

 anglais et espagnol, avec des illustrations de fleurs et plantes. Gracias, Carmen.

 

 



J’y ai ajouté, bien sûr, une traduction en français...


Who robbed the woods,
The trusting woods?
The unsuspecting trees.
Brought out their burrs and mosses,
His fantasy to please.
He scanned their trinkets, curious,
He grasped, he bore away.
What will the solemn hemlock,
What will the fir-tree say?



Qui a volé les bois,
Les bois confiants ?
Les arbres peu méfiants.
Ils sortirent leurs écorces et leurs mousses,
Pour satisfaire leur fantasme.
Il examina leurs trophées, curieux,
Il s’en saisit, les emporta.
Que dira le cèdre solennel,
Que dira le sapin ?



¿Quién robó los bosques,

Los bosques confiados?

Los negligentes árboles

Sacaron sus cortezas y sus musgos

Para complacer su fantasía.

Observó curioso sus adornos,

Se los arrebató, huyó.

¿Qué dirá el solemne pino,

El abeto, qué dirá ?

7 juil. 2020

Chut...silence! / ¡Chist...silencio!



Federico Garcia Lorca
III
(Dans la série Herbiers)


En grand secret, un ami
me montre l’herbier des bruits.

(Chut…silence!
La nuit pend du ciel!)

À la lumière d'un port perdu
arrivent les échos de tous les siècles.

(Chut...silence!
La nuit oscille dans le vent!)

Chut...silence!
De vieilles colères s'enroulent à mes doigts.

1927 (Trad:Colo)

Herbier / herbario Emily Dickinson *
 

De la serie Herbarios de F.Garcia Lorca

lll

En mucho secreto, un amigo
me enseña el herbario de los ruidos.

(¡Chist...silencio!
¡La noche cuelga del cielo!)

A la luz de un puerto perdido
vienen los ecos de todos los siglos.

(¡Chist...silencio!
¡La noche oscila en el viento!)

¡Chist...silencio !
Viejas iras se enroscan en mis dedos.

1927



J'ai déjà publié ce poème, il y a des lunes...je l'aime tant!

17 juin 2020

Emily



Voici le dernier billet, c’est promis;-), sur les portraits de Femmes de E. Galeano. En quelques mots il nous parle d’Emily Dickinson, la voici accompagnée de deux courts poèmes.
Aquí va la última entrada, lo prometo;-), sobre retratos de “Mujeres” de E. Galeano. En pocos palabras nos habla de Emily Dickinson, lo he acompañado de dos breves poemas suyos.



Emily

C’est arrivé à Amherst, en 1886
Quand mourut Emily Dickinson, la famille découvrit mille huit cents poèmes gardés dans sa chambre.
Sur la pointe des pieds elle avait vécu, sur la pointe des pieds elle écrivit. Elle ne publia pas plus de onze poèmes durant toute sa vie, presque tous anonymes ou signés sous un autre nom.
De ses ancêtres puritains elle hérita l’ennui, marque de distinction de sa race et de sa classe: interdit de se toucher, interdit de se dire.
Les hommes faisaient de la politique et des affaires et les dames perpétuaient l’espèce et vivaient malades.
Emily vécut la solitude et le silence. Enfermée dans sa chambre, elle inventait des poèmes qui violaient les lois, les lois de la grammaire et les loi de son propre enfermement, et c’est là que chaque jour elle écrivait une lettre à sa belle-sœur, Susan, la lui envoyait par courrier, bien que vivant dans la maison à côté.
Ces poèmes et ces lettres fondèrent son sanctuaire secret, où ses douleurs cachées et ses désirs interdits voulurent être libres.
(Trad:Colo)


EMILY
Ocurrió en Amherst, en 1886.
Cuando Emily Dickinson murió, la familia descubrió mil ochocientos poemas guardados en su dormitorio.
En puntas de pie había vivido, y en puntas de pie escribió. No publicó más que once poemas en toda su vida, casi todos anónimos o firmados con otro nombre.
De sus antepasados puritanos heredó el aburrimiento, marca de distinción de su raza y de clase: prohibido tocarse, prohibido decirse.
Los caballeros hacían política y negocios y las damas perpetuaban la especie y vivían enfermas.
Emily habitó la soledad y el silencio. Encerrada en su dormitorio, inventaba poemas que violaban las leyes, las leyes de la gramática y las leyes de su propio encierro, y allí escribía una carta por día a su cuñada, Susan, y se la enviaba por correo, aunque ella vivía en la casa de al lado.
Esos poemas y esas cartas fundaron su santuario secreto, donde quisieron ser libres sus dolores escondidos y sus prohibidos deseos.
En Mujeres (Siglo XXI), página 174.
  


Poème 288 


Je suis Personne! Qui êtes-vous?
Êtes-vous —Personne — vous aussi?
Alors nous sommes deux.- Mais silence!
On nous chasserait —vous savez!



Que c'est pénible d'être— Quelqu'un!

Que c'est commun —telle une Grenouille-

De dire son nom —sans cesse—

Au Marais qui admire!

-----------------------
¡Yo no soy Nadie! ¿Quién eres tú?
¿Tampoco eres Nadie tú?
Ya somos dos - ¡Pero no lo digas!
Ya sabes, luego se percatarían.

¡Qué terrible ser - Alguien!
¡Qué público decir tu nombre

Cual Rana ‑ todo el santo día –
Para que un
Pantano se asombre!




Poème 249

Folles nuits —Folles nuits!
Si j'étais avec toi
De folles nuits seraient
Notre luxure!

Futiles —les vents—
Pour un Cœur au port—
Plus de Boussole—
Plus de Carte!

Ramant dans l'Eden—
Oh! la mer!
Si je pouvais amarrer —ce soir—
En toi!

¡Noches locas-Noches locas!
Si estuviera contigo
Serían esas noches
Nuestro Gozo sin fin.

Fútiles- los vientos
Para un corazón al puerto-
Nada de Brujulas-
Nada de Mapas!
 
¡Remando al Paraíso!
¡Oh este mar!
¡Si pudiera anclar en Ti-
Esta noche!


 

29 sept. 2017

Plaisir du coeur


Je lis dans vos commentaires que, contrairement à moi, vous connaissez bien Emily Dickinson.
Mais je tiens, parce que je le trouve si beau, à publier un autre court poème d’elle.

The Heart asks Pleasure – first –
And then – Excuse from Pain –
And then – those little Anodynes
That deaden suffering –

And then – go to sleep –
And then – if it should be
The will of it’s Inquisitor
The luxury to die –

Il en existe une traduction de Guy Forgue, que je n'aime pas trop, la voici:

Le cœur veut d’abord le plaisir,

Puis des raisons de ne pas souffrir ;
Puis, ces petits calmants
Qui ouatent la douleur.
                     
Ensuite il veut s’endormir ;
Enfin, si c’est son bon plaisir
De son Inquisiteur,
Le luxe de mourir.

                  
Mais, mais...je ne suis pas la seule à ne pas l’avoir bien aimée car j’ai trouvé le même avis ici: http://guesswhoandwhere.typepad.fr/carnets_de_poesie/2007/02/emily_dickinson.html et l’auteur du blog en a fait une traduction personnelle que je trouve très réussie. Je n’y ai fait aucun changement, juste copiée.


Le Cœur veut du plaisir – d’abord –

Ensuite – des raisons de ne pas souffrir –
Et puis – ces petites choses
Qui adoucissent la souffrance -

Ensuite – il veut dormir –
Puis – si tel est le plaisir
De son Inquisiteur
Le luxe de mourir.




Bon week-end!

27 sept. 2017

Vers la beauté / Hacia la belleza





Une poétesse que j’avais peu lue, Emily Dickinson, un grand tort!
Una poetisa que había leído poco, un gran error!

Voilà le premier d’une courte série.
Aquí va el primero, de una serie corta.


Monet, Bord de mer à Saint Adresse


1540

Aussi imperceptiblement que le chagrin
L’été s’en est allé-
Trop imperceptible enfin
Pour ressembler à quelque perfidie-
Une quiétude s’est distillée
Comme un demi-jour commencé de longtemps,
Ou la nature qui aurait passé avec elle-même
Un après-midi séquestré-
L’obscurité s’est installée plus tôt-
Le matin, étranger, a brillé-
Courtoise, pourtant déchirante grâce,
Comme invitée, mais qui s’en serait allée-
Et ainsi, sans une aile,
Ni l’aide d’une quille
Notre été, léger, a pris la fuite
Vers la beauté.

1540

Imperceptible como una pena
El verano se alejó-
Demasiado imperceptible al fin
Para sentir su perfidia-
Una calma destilada
Cual crepúsculo detenido,
O la naturaleza que disfruta consigo
De la tarde secuestrada-
El anochecer acudió más temprano-
La mañana ajena se iluminó-
Una cortés gracia que intimida,
Como el huésped que desea partir-
Y así, sin tener alas
Ni ayuda de una nave
Nuestro verano emprendió su escapada
Ligero en pos de la belleza.

1540 (merci Adrienne)

As imperceptibly as Grief
The Summer lapsed away —
Too imperceptible at last
To seem like Perfidy —
A Quietness distilled
As Twilight long begun,
Or Nature spending with herself
Sequestered Afternoon —
The Dusk drew earlier in —
The Morning foreign shone —
A courteous, yet harrowing Grace,
As Guest, that would be gone —
And thus, without a Wing
Or service of a Keel
Our Summer made her light escape
Into the Beautiful.