19 janv. 2026

Balade en Hollande / Paseo por Holanda

 Si je republie ce billet paru en 2013 c'est parce que, avec une nièce espagnole, nous 

avons passé un long moment à l'admirer. Si jamais vous le voyiez chez un bouquiniste ou 

ailleurs...c'est une merveille.

 

Le 2 Novembre 1892, le jour, précisément, des Morts, bon augure, je partis par la gare du Nord* dans, grâces à des fonds miraculeusement venus des Pays-Bas, un wagon spécial de première classe, sinon en vrai souverain, du moins en prince encore très sortable - :”
*(Paris)
El 2 de Noviembre 1892, el día, precisamente, de los Muertos, buen auguro, salí por la estación del Norte* en, gracias a unos fondos milagrosamente venidos de los Países Bajos, un vagón especial de primera clase, si no es en verdadero soberano, por lo menos en príncipe todavía muy presentable -:”
* (París)
Ce “je” est Paul Verlaine, invité par un groupe d'artistes et de littérateurs pour donner une série de conférences à Den Haage (La Haye), Leyde et Amsterdam. Il accepta volontiers ”ayant toujours été curieux de ce pays que l'ingrat Voltaire, son hôte de corps et d'esprit, dénonce comme plein “de canaux, de canards et de canailles”, de ce pays qu'à mon tour je proclame plein, évidemment de canaux et de canards, mais plus encore de talent héréditaire et de traditionnelle histoire restée.”
 
Este “Yo” es Paul Verlaine, invitado por un grupo de artistas y literatos para dar une serie de conferencias en La Haya, Leyde y Amsterdam. Acepta con mucho gusto “habiendo siempre sido curioso de este país que el ingrato Voltaire, su huésped de cuerpo y espíritu, denuncia como lleno “ de canales, patos y canallas”, de ese país que a mi vez proclamo lleno, evidentemente de canales y patos, pero aún más de talento hereditario y de tradicional historia permanecida.”


Quinze jours en Hollande” de Paul Verlaine; une série de lettres à un ami qui lui a demandé de lui relater son séjour.
L'édition que je possède est magnifique, illustrée à la main, des aquarelles de Van Teyne. Un héritage “de grand-mère, en mère, en fille” sans prix donc.
C'est avec délicatesse (pour en pas l'abimer) et curiosité que je me suis immergée dans ce récit. La prose de Verlaine m'était inconnue, elle m'a surprise par sa variété; un style très vivant fait de rapprochements, d'incises et de digressions. Ces dernières sont souvent des vers, des réflexions, quelques souvenirs. Aucune mention de sa tumultueuse vie passée pourtant.
Reçu et partout traité, c'est vrai, comme un prince, il s'attache au peintre symboliste Toorop, au poète Albert Verwey, au peintre Joseph Israëls, à l'écrivain Willem Kloos...des artistes très connus dit-il, mais dont j'ai à peine entendu le nom. 
 
Quinze días en Holanda” de Paul Verlaine; una serie de cartas a un amigo que le pidió que le contara su estancia allí. Fue con gran curiosidad con la que me metí en ese relato. La prosa de Verlaine me era desconocida, me sorprendió por su variedad; un estilo muy vivo hecho de aproximaciones, incisas y digresiones. Estas últimas son a menudo versos, reflexiones, recuerdos. Sin embargo no hace ninguna referencia a su tumultuosa vida anterior.
Recibido y, es cierto, tratado como un príncipe por todas partes, establece amistad con el pintor simbolista Toorop, con el poeta Albert Verwey, con el pintor Joseph Israëls, el escitor Willem Kloos...todos artistas muy conocidos dice, pero yo apenas he oído su nombre.


Enchanté, il visite les villes, des musées, il détaille tout avec grand intérêt; il passe pas mal de temps aussi, entouré d' un aéropage, dans des cafés et restaurants où les cigares et l'alcool, surtout les amer-Schiedam (sorte d'eau de vie) trouvent chez Verlaine un gosier fort accueillant.
Avant chaque conférence, et pour s'éclaircir la voix, il gobe un oeuf cru. Être le centre de l'intérêt et l'attention lui plaît énomément.
Quant au sujet de ses conférences:
...J'ai bien assez de mon symbolisme à moi, - j'entends, grands dieux, non pas le mien qui n'a jamais existé, - je veux dire celui, feu d'ailleurs, de Jean Moréas aujourd'hui Chef de l'École romane.
Ce sacré, les anglais diraient “bloody”, symbolisme dont je dois encore parler ici.”
Alors il alterne et lit/récite, à la demande du public, beaucoup de ses propres poèmes.
 
Encantado, visita las ciudades, unos museos, detalla todo con gran interés; pasa mucho tiempo también, rodeado de un aerópago, en cafés y restaurantes donde los puros y el alcohol, sobre todo los “amer-Schiedam” (un tipo de aguardiente) encuentran en Verlaine un cliente más que acogedor.
Antes de cada conferencia, y para aclarase la voz, traga un huevo crudo. Ser el centro del interés y de la atención le encanta.
En cuanto al tema de sus conferencias:
...Me basta con mi propio simbolismo, - entiendo, dios mío, no el mío que nunca existió, - sino el del ya fallecido Jean Moréas hoy Jefe de la Escuela románica.
Este maldito, los ingleses dirían “bloody”, simbolismo del cual tengo que hablar de nuevo aquí.”
También lee/recita, a la demanda de su público, muchos de sus propios poemas.




Tour à tour émerveillé, attentif à tout et à tous, attendrissant dans sa relation avec la fillette de son hôte, Monsieur Zilcken, Verlaine se révèle à moi comme épistolier-voyageur hors pair.



NB: Dominique nous signale que ce livre a été réédité, sans les belles illustrations, et Tania a trouvé sur Gallica la possibilité de le lire et/ou feuilleter:
http://gallica.bnf.fr/Search?ArianeWireIndex=index&p=1&lang=ES&q=verlaine+hollande


Portrait de Verlaine par Ph. Zilcken
Alternativamente maravillado, atento a todo y a todos, enternecedor en su relación con la joven hija de su huésped, el Señor Zilcken, Verlaine se me revela como un viajero-epistolar fuera de serie.
No sé si lo encontraréis, tal vez una edición antigua...os lo deseo.

 

22 commentaires:

  1. Quel trésor ! Merci. Je ne connaissais pas Espaces Instants en 2013. J’ai pensé un instant Que diront les répétitions Ionesco de cette parenthèse hollandaise, mais je faisais erreur, le sérieux et la régularité sont sûrement toujours de mise dans les répétitions de Ionesco.

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    1. Un trésor, oui certainement Élise.
      Ionesco a pris un peu de retard pour divers motifs, mais il n'est pas abandonné...

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  2. Il est magnifique, ce livre ! J'aime aussi feuilleter de beaux livres, tranquillement, et m'y plonger. Je vais aller voir sur le site de Gallica.

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    1. Bonne idée, j'espère que tu le trouveras. Bonne journée, Marie.

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    2. Oui ! Je l'ai feuilleté. Mais il n'y a pas les jolies illustrations. C'est formidable quand même, ce site Gallica.

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  3. Il y a ainsi des trésors dans nos bibliothèques. Ici un trésor transmis !
    Les redécouvrir avec une amie ou parente est une grande douceur.
    Sa beauté nous touche. Ici illustrations et récits épistolaires ♥♥
    Merci Colo pour l'émotion partagée !!
    Bises encore hivernales

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    1. Bonjour Fifi, c'est vrai que ça m'a fait grand plaisir car ce n'est pas un livre que je regarde tous les jours!
      Besos de pluies et repluies

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  4. Un épisode de la vie de Verlaine que je ne connais pas ; je connais mieux ses frasques ! L'exemplaire que tu as dans les mains est magnifique, quelle chance de l'avoir et de le partager avec la génération suivante. Bises Colo.

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    1. Je crois que peu de gens le connaissent, Aifelle. En plus de la beauté plastique, de très beaux textes.
      Merci, bonne journée, un beso.

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  5. Bonjour chère Colo
    quelle merveille! Une facette méconnue de ce poète aimé que tu mets en lumière.
    Merci. Merci.
    J'irai voir aussi.
    Je t'embrasse bien fort.

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    1. Le découvrir c'est s'y attacher Maïté, merci, je t'embrasse aussi.

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  6. Magnifique livre ! Quel plaisir de feuilleter ce trésor et de le faire découvrir, et pour Verlaine en voyage et pour les illustrations pleines d'atmosphère. Bonne après-midi, Colo. Les nuages cachent à présent le bleu du ciel d'hier qui était encore là ce matin. Tu as entendu qu'on a vu des aurores boréales en Europe cette nuit ? Je n'en ai pas vu, hélas, trop de pollution lumineuse au-dessus des villes.

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    1. Oui, j'ai entendu et vu pas mal de photos de ces incroyables aurores boréales chez vous ! Plus besoin de voyager vers le nord....mais ces belles lumières ne sont pas sans dangers comme je lisais hier.
      Bonne journée.

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  7. Tu as bien fait de republier cet article. En effet je viens de vérifier qu'on peut le feuilleter sur Gallica ! Quel superbe livre, je ne connaissais pas du tout son existence ! Merci pour cette découverte...Merci à Tania pour le lien je vais souvent sur Gallica mais je n'y aurais pas forcément pensé pour ce livre-là. Je vois qu'elle-aussi a été déçue de ne pas avoir pu voir les aurores boréales, nous aussi nous avons eu un ciel trop nuageux. Merci Colo pour ce partage. Belle semaine

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  8. Oups j'oubliais de te dire qu'à partir de Gallica, le texte peut être téléchargé en .pdf pour le lire tranquillement ensuite...dommage qu'on ne puisse pas voir les illustrations...

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    1. Ah, merci à toi Manou, télécharger le texte est un bel avantage.
      Dommage en effet pour les superbes illustrations, un jour je pourrais toutes les photographier et les publier sur mon blog. On verra.
      Bonne semaine à toi aussi.

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  9. J'ai suivi le lien pour "Gallica" en effet on ne peut pas voir les illustrations...

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    1. C'est fort dommage, mais le texte est très chouette et délicat aussi.

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  10. Encore un livre intéressant sur la Hollande et certainement un beau récit descriptif. Merci pour la découverte. Bon après midi. Bises.

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    1. Ses impressions et surprises sont très bien décrites, comme tu peux l'imaginer.
      Bonne soirée Élisabeth, un beso

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  11. Ce livre est une merveille !
    Et grand Merci de nous en faire profiter.
    Lorsque les mots sont en totale adéquation avec les précieuses aquarelles, quel bonheur de s'y plonger.
    Belle semaine, bises à toi.

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    1. Une merveille, c'est le mot. Besos pour toi, merci pour tout Claudie

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