Si je republie ce billet paru en 2013 c'est parce que, avec une nièce espagnole, nous
avons passé un long moment à l'admirer. Si jamais vous le voyiez chez un bouquiniste ou
ailleurs...c'est une merveille.
“Le
2 Novembre 1892, le jour, précisément, des Morts, bon augure, je
partis par la gare du Nord* dans, grâces à des fonds
miraculeusement venus des Pays-Bas, un wagon spécial de première
classe, sinon en vrai souverain, du moins en prince encore très
sortable - :”
*(Paris)
“El
2 de Noviembre 1892, el día, precisamente, de los Muertos, buen
auguro, salí por la estación del Norte* en, gracias a unos fondos
milagrosamente venidos de los Países Bajos, un vagón especial de
primera clase, si no es en verdadero soberano, por lo menos en
príncipe todavía muy presentable -:”
*
(París)
Ce
“je” est Paul Verlaine, invité par un groupe d'artistes et de
littérateurs pour donner une série de conférences à Den Haage (La
Haye), Leyde et Amsterdam. Il accepta volontiers ”ayant toujours
été curieux de ce pays que l'ingrat Voltaire, son hôte de corps et
d'esprit, dénonce comme plein “de canaux, de canards et de
canailles”, de ce pays qu'à mon tour je proclame plein, évidemment
de canaux et de canards, mais plus encore de talent héréditaire et
de traditionnelle histoire restée.”
Este
“Yo” es Paul Verlaine, invitado por un grupo de artistas y
literatos para dar une serie de conferencias en La Haya, Leyde y
Amsterdam. Acepta con mucho gusto “habiendo siempre sido curioso de
este país que el ingrato Voltaire, su huésped de cuerpo y espíritu,
denuncia como lleno “ de canales, patos y canallas”, de ese país
que a mi vez proclamo lleno, evidentemente de canales y patos, pero
aún más de talento hereditario y de tradicional historia
permanecida.”
“Quinze
jours en Hollande” de Paul Verlaine; une série de lettres à
un ami qui lui a demandé de lui relater son séjour.
L'édition
que je possède est magnifique, illustrée à la main, des aquarelles
de Van Teyne. Un héritage “de grand-mère, en mère, en fille”
sans prix donc.
C'est
avec délicatesse (pour en pas l'abimer) et curiosité que je me suis
immergée dans ce récit. La prose de Verlaine m'était inconnue,
elle m'a surprise par sa variété; un style très vivant fait de
rapprochements, d'incises et de digressions. Ces dernières sont
souvent des vers, des réflexions, quelques souvenirs. Aucune mention
de sa tumultueuse vie passée pourtant.
Reçu
et partout traité, c'est vrai, comme un prince, il s'attache au
peintre symboliste Toorop, au poète Albert Verwey, au peintre Joseph
Israëls, à l'écrivain Willem Kloos...des artistes très connus
dit-il, mais dont j'ai à peine entendu le nom.
“Quinze
días en Holanda” de Paul
Verlaine; una serie de cartas a un amigo que le pidió que le contara
su estancia allí. Fue con gran curiosidad con la que me metí en ese
relato. La prosa de Verlaine me era desconocida, me sorprendió por
su variedad; un estilo muy vivo hecho de aproximaciones, incisas y
digresiones. Estas últimas son a menudo versos, reflexiones,
recuerdos. Sin embargo no hace ninguna referencia a su tumultuosa
vida anterior.
Recibido
y, es cierto, tratado como un príncipe por todas partes, establece
amistad con el pintor simbolista Toorop, con el poeta Albert Verwey,
con el pintor Joseph Israëls, el escitor Willem Kloos...todos
artistas muy conocidos dice, pero yo apenas he oído su nombre.
Enchanté,
il visite les villes, des musées, il détaille tout avec grand
intérêt; il passe pas mal de temps aussi, entouré d' un aéropage,
dans des cafés et restaurants où les cigares et l'alcool, surtout
les amer-Schiedam (sorte d'eau de vie) trouvent chez Verlaine un
gosier fort accueillant.
Avant
chaque conférence, et pour s'éclaircir la voix, il gobe un oeuf
cru. Être le centre de l'intérêt et l'attention lui plaît
énomément.
Quant
au sujet de ses conférences:
”...J'ai
bien assez de mon symbolisme à moi, - j'entends, grands dieux, non
pas le mien qui n'a jamais existé, - je veux dire celui, feu
d'ailleurs, de Jean Moréas aujourd'hui Chef de l'École romane.
Ce
sacré, les anglais diraient “bloody”, symbolisme dont je dois
encore parler ici.”
Alors
il alterne et lit/récite, à la demande du public, beaucoup de ses
propres poèmes.
Encantado,
visita las ciudades, unos museos, detalla todo con gran interés;
pasa mucho tiempo también, rodeado de un aerópago, en cafés y
restaurantes donde los puros y el alcohol, sobre todo los
“amer-Schiedam” (un tipo de aguardiente) encuentran en Verlaine
un cliente más que acogedor.
Antes
de cada conferencia, y para aclarase la voz, traga un huevo crudo.
Ser el centro del interés y de la atención le encanta.
En
cuanto al tema de sus conferencias:
“...Me
basta con mi propio simbolismo, - entiendo, dios mío, no el mío que
nunca existió, - sino el del ya fallecido Jean Moréas hoy Jefe de
la Escuela románica.
Este
maldito, los ingleses dirían “bloody”, simbolismo del cual tengo
que hablar de nuevo aquí.”
También
lee/recita, a la demanda de su público, muchos de sus propios
poemas.
Tour
à tour émerveillé, attentif à tout et à tous, attendrissant dans
sa relation avec la fillette de son hôte, Monsieur Zilcken, Verlaine
se révèle à moi comme épistolier-voyageur hors pair.
NB: Dominique nous signale que ce livre a été réédité, sans les belles illustrations, et Tania a trouvé sur Gallica la possibilité de le lire et/ou feuilleter:
http://gallica.bnf.fr/Search?ArianeWireIndex=index&p=1&lang=ES&q=verlaine+hollande
| Portrait de Verlaine par Ph. Zilcken |
Alternativamente
maravillado, atento a todo y a todos, enternecedor en su relación
con la joven hija de su huésped, el Señor Zilcken, Verlaine se me
revela como un viajero-epistolar fuera de serie.
No
sé si lo encontraréis, tal vez una edición antigua...os lo deseo.
Quel trésor ! Merci. Je ne connaissais pas Espaces Instants en 2013. J’ai pensé un instant Que diront les répétitions Ionesco de cette parenthèse hollandaise, mais je faisais erreur, le sérieux et la régularité sont sûrement toujours de mise dans les répétitions de Ionesco.
RépondreSupprimerUn trésor, oui certainement Élise.
SupprimerIonesco a pris un peu de retard pour divers motifs, mais il n'est pas abandonné...
Il est magnifique, ce livre ! J'aime aussi feuilleter de beaux livres, tranquillement, et m'y plonger. Je vais aller voir sur le site de Gallica.
RépondreSupprimerBonne idée, j'espère que tu le trouveras. Bonne journée, Marie.
SupprimerOui ! Je l'ai feuilleté. Mais il n'y a pas les jolies illustrations. C'est formidable quand même, ce site Gallica.
SupprimerIl y a ainsi des trésors dans nos bibliothèques. Ici un trésor transmis !
RépondreSupprimerLes redécouvrir avec une amie ou parente est une grande douceur.
Sa beauté nous touche. Ici illustrations et récits épistolaires ♥♥
Merci Colo pour l'émotion partagée !!
Bises encore hivernales
Bonjour Fifi, c'est vrai que ça m'a fait grand plaisir car ce n'est pas un livre que je regarde tous les jours!
SupprimerBesos de pluies et repluies
Un épisode de la vie de Verlaine que je ne connais pas ; je connais mieux ses frasques ! L'exemplaire que tu as dans les mains est magnifique, quelle chance de l'avoir et de le partager avec la génération suivante. Bises Colo.
RépondreSupprimerJe crois que peu de gens le connaissent, Aifelle. En plus de la beauté plastique, de très beaux textes.
SupprimerMerci, bonne journée, un beso.
Bonjour chère Colo
RépondreSupprimerquelle merveille! Une facette méconnue de ce poète aimé que tu mets en lumière.
Merci. Merci.
J'irai voir aussi.
Je t'embrasse bien fort.
Le découvrir c'est s'y attacher Maïté, merci, je t'embrasse aussi.
SupprimerMagnifique livre ! Quel plaisir de feuilleter ce trésor et de le faire découvrir, et pour Verlaine en voyage et pour les illustrations pleines d'atmosphère. Bonne après-midi, Colo. Les nuages cachent à présent le bleu du ciel d'hier qui était encore là ce matin. Tu as entendu qu'on a vu des aurores boréales en Europe cette nuit ? Je n'en ai pas vu, hélas, trop de pollution lumineuse au-dessus des villes.
RépondreSupprimerOui, j'ai entendu et vu pas mal de photos de ces incroyables aurores boréales chez vous ! Plus besoin de voyager vers le nord....mais ces belles lumières ne sont pas sans dangers comme je lisais hier.
SupprimerBonne journée.
Tu as bien fait de republier cet article. En effet je viens de vérifier qu'on peut le feuilleter sur Gallica ! Quel superbe livre, je ne connaissais pas du tout son existence ! Merci pour cette découverte...Merci à Tania pour le lien je vais souvent sur Gallica mais je n'y aurais pas forcément pensé pour ce livre-là. Je vois qu'elle-aussi a été déçue de ne pas avoir pu voir les aurores boréales, nous aussi nous avons eu un ciel trop nuageux. Merci Colo pour ce partage. Belle semaine
RépondreSupprimerOups j'oubliais de te dire qu'à partir de Gallica, le texte peut être téléchargé en .pdf pour le lire tranquillement ensuite...dommage qu'on ne puisse pas voir les illustrations...
RépondreSupprimerAh, merci à toi Manou, télécharger le texte est un bel avantage.
SupprimerDommage en effet pour les superbes illustrations, un jour je pourrais toutes les photographier et les publier sur mon blog. On verra.
Bonne semaine à toi aussi.
J'ai suivi le lien pour "Gallica" en effet on ne peut pas voir les illustrations...
RépondreSupprimerC'est fort dommage, mais le texte est très chouette et délicat aussi.
SupprimerEncore un livre intéressant sur la Hollande et certainement un beau récit descriptif. Merci pour la découverte. Bon après midi. Bises.
RépondreSupprimerSes impressions et surprises sont très bien décrites, comme tu peux l'imaginer.
SupprimerBonne soirée Élisabeth, un beso
Ce livre est une merveille !
RépondreSupprimerEt grand Merci de nous en faire profiter.
Lorsque les mots sont en totale adéquation avec les précieuses aquarelles, quel bonheur de s'y plonger.
Belle semaine, bises à toi.
Une merveille, c'est le mot. Besos pour toi, merci pour tout Claudie
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