María Blanchard (1881-
1932), connaissez-vous cette peintre espagnole?
Sans doute pas.
Étrange “l'escamotage” de cette artiste du niveau de Juan
Gris...
Elle m'a passionnée, et son art, enchantée.
Je lui consacrerai donc
deux billets.
Ce n'est que l'an
dernier, juin 2012, que le Musée Reina Sofía de Madrid décida
qu'il était temps (plus que temps dirais-je) de parler d'elle, de lui donner cette place si méritée: “María Blanchard est une
artiste d'avant-garde, pionnière de toute une future génération de
femmes artistes, qui eût, comme Frida Khalo, un parallélisme vital
de souffrances dû à ses déformations physiques* auxquelles
s'ajouteront, dans le cas de Blanchard, à des moments de grande
pénurie économique durant sa brève vie”.
*Suite à une chute de sa mère durant
sa grossesse, María était de trop petite taille, bossue, boiteuse
et myope. Elle disait: “J'échangerais toute mon œuvre...pour un
peu de beauté”. (
source)
María Blanchard
(1881-1932), conocéis a esta pintora española?
Probablemente no. Extraño escamoteo de esa artista del nivel de Juan Gris...me apasionó
la persona, y su arte me encantó.
Le dedicaré dos
entradas.
Fue tan solo el
pasado año, en junio 2012, cuando el Museo Reina Sofía de Madrid
decidió que era hora (más que hora diría yo) de hablar de ella, de
darle un lugar tan merecido: “María Blanchard es una artista de
vanguardia, pionera de toda una futura generación de mujeres
artistas, que tuvo al igual que Frida Kahlo, un paralelismo vital de
sufrimiento por sus deformidades físicas* al que se añadieron, en
el caso de Blanchard, momentos de grandes penurias económicas en su
breve vida.”
* Consecuencia de
una caída de su madre durante su embarazo, María era enana,
jorobada, coja y miope. Decía “"cambiaría toda mi obra...
por un poco de belleza". (fuente)
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| Tora Vega Holmström 1921 María Blanchard |
C'est pourquoi ce portrait d'elle
réalisé en 1921 (merci
BOL) par la peintre suédoise
Tora
Vega Holmström (1880-1967) a tant de valeur à mes yeux. La
délicate Tora ne laisse deviner aucune de ces tares physiques, tout au plus les lunettes aux verres épais tenues à la main. Nous n'avons pas de détails
sur leur relation mais elles se sont plus que probablement rencontrées
à Paris où María s'est définitivement installée en 1910.
Por eso este
retrato de ella realizado en 1921 por la pintora sueca Tora
Vega Holmström (1880-1967)
tiene tanto valor a mis ojos. La delicada Tora no deja adivinar
ninguna de esas taras físicas, solo sus gafas en la mano. No tenemos
detalles sobre su relación pero se encontraron, mas que
probablemente, en París donde María se instaló definitivamente en
1910.
Nous commencerons par la fin, c'est à
dire après sa mort, avec un article dans le journal
l' Intransigeant - Paris qui résume bien sa vie.
“ L'artiste espagnole est morte hier
soir, après une douloureuse maladie. La place qu'elle occupait dans
l'art contemporain était prépondérante. Son art, puissant, fait de
mysticisme et d'un amour passionné pour la profession, restera comme
celui d'un des artistes authentiques et les plus significatifs de
notre époque. Sa vie de recluse et malade avait d'autre part
contribué à développer et aiguiser singulièrement une des plus
belles intelligences de notre temps.”
Empezaremos por
el final, es decir después de su muerte, con un artículo del
periódico L'Intransigeant de París que resume bien su vida: "La
artista española, ha muerto anoche, después de una dolorosa
enfermedad. El sitio que ocupaba en el arte contemporáneo era
preponderante. Su arte, poderoso, hecho de misticismo y de un amor
apasionado por la profesión, quedará como el de un auténtico
artista y uno de los más significativos de nuestra época. Su vida
de reclusa y enferma, había por otro lado contribuido a desarrollar
y a agudizar singularmente una de las más bellas inteligencias de
nuestro tiempo".
Et puis quelques courts extrait de
l'Élégie de García Lorca à la mort de María:
He aquí unos
cortos extractos de la Elegía de García Lorca a la muerte de María:
“...La
lucha de María Blanchard fue dura, áspera, pinchosa, como rama de
encina, y sin embargo no fue nunca una resentida, sino todo lo
contrario, dulce, piadosa, y virgen.
“...La lutte
de María Blanchard fut dure, âpre, épineuse, comme branche de
chêne vert, et pourtant elle ne fut jamais rancunière, tout au
contraire, douce, pieuse, et vierge.
- Aguantaba
la lluvia de risas que causaba, sin querer, su cuerpo de bufón de
ópera, y la risa que causaban sus primeras exposiciones, con la
misma serenidad que aquel otro gran pintor, Barradas, muerto y ángel,
a quien la gente rompía sus cuadros y él contestaba con un silencio
recóndito de trébol o de criatura perseguida.
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| M. Blanchard "La primera comunión" |
- Elle supportait la pluie de rires
que causait, sans le vouloir, son corps de bouffon d'opéra, et le
rire que causèrent ses premières expositions, avec la même
sérénité que cet autre grand peintre, Barradas, mort et ange, à qui les gens
cassaient les tableaux et auxquels il répondait par un silence abstrus de
trèfle ou de créature poursuivie.
-
Y a medida que avanzaba el tiempo, su alma se iba purificando y sus
actos adquirían mayor trascendencia y responsabilidad. Su pintura
llevaba el mismo camino magistral, desde el cuadro famoso de "La
primera comunión" hasta sus últimos niños y maternidades,
pero atormentada por una moral superior daba sus cuadros por la mitad
del precio que le ofrecían, y luego ella misma componía sus zapatos
con una bella humildad.
- Au fil du temps, son âme
se purifiait et ses actes acquiéraient une plus grande transcendance
et responsabilité. Sa peinture prenait le même chemin magistral,
depuis le tableau “La première communion” jusqu'à ses derniers
enfants et maternité, mais tourmentée par une morale supérieure
elle donnait ses tableaux pour la moitié du prix qu'on lui offrait,
même si après elle devait confectionner ses propres souliers avec
une belle humilité.
Et la fin, si belle.
Y el final,
precioso.
Te he llamado
jorobada constantemente y no he dicho nada de tus hermosos ojos, que
se llenaban de lágrimas, con el mismo ritmo que sube el mercurio por
el termómetro, ni he hablado de tus manos magistrales. Pero hablo de
tu cabellera y la elogio, y digo aquí que tenías una mata de pelo
tan generosa y tan bella que quería cubrir tu cuerpo, (…). Porque
eras jorobada, ¿y qué? Los hombres entienden poco las cosas y yo te
digo, María Blanchard, como amigo de tu sombra, que tú tenías la
mata de pelo más hermosa que ha habido en España."
Je t'ai
constamment appelée bossue et je n'ai rien dit de tes beaux yeux,
qui s'emplissaient de larmes, au même rythme que monte le mercure
dans le thermomètre, rien dit non plus de tes mains magistrales.
Mais je parle de ta chevelure et j'en fais l'éloge, et je dis ici
que tu avais une masse de cheveux si généreuse et si belle qu'elle
voulait couvrir ton corps, (…). Parce que tu étais bossue, et
alors? Les hommes comprennent peu les choses et je te dis, María
Blanchard, comme ami de ton ombre, que tu avais la masse de cheveux
la plus belle qu'il y a eu en Espagne.” (Trad: Colo)
Extrait de la
conférence prononcée par F. García Lorca à Madrid en 1932 (texte entier ici)
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| M. Blanchard La toilette |
Dans le
prochain billet je vous raconterai sa vie, à travers ses oeuvres,
d'abord cubistes puis plus expresionnistes. Je vous parlerai de ses
rencontres aussi.
La próxima
vez os contaré su vida, a través de sus obras, primero cubistas
luego más expresionistas. Os hablaré también de sus encuentros.