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10 avr. 2018

Idylle / Idilio





Idylle
À Enrique Durán
Federico GARCÍA LORCA

Tu voulais que je te dise
le secret du printemps.

Mais je garde le secret
tout autant que le sapin.

Arbre dont les mille doigts
indiquent mille chemins.

Je ne te dirai jamais, mon amour,
pourquoi, lent, le fleuve coule.

Mais je mettrai dans ma voix coupée
le ciel cendré de ton regard.

Tourne autour de moi, ma brune!
Et prends soin de mes feuilles.

Tourne encore, tourne toujours
jouant à la noria de l’amour.

Même si je le voulais, je ne peux te dire,
hélas, le secret du printemps.

(Trad:Colo)

Idilio de Federico García Lorca

A Enrique Durán

Tú querías que yo te dijera
el secreto de la primavera.

Y yo soy para el secreto
lo mismo que es el abeto.

Árbol cuyos mil deditos
señalan mil caminitos.

Nunca te diré, amor mío,
por qué corre lento el río.

Pero pondré en mi voz estancada
el cielo ceniza de tu mirada.

¡Dame vueltas, morenita!
Ten cuidado con mis hojitas.

Dame más vueltas alrededor,
jugando a la noria del amor.

¡Ay! No puedo decirte, aunque quisiera,
el secreto de la primavera.


19 mars 2018

Cris et chants dans les oliviers / Gritos y cantos en los olivos


Paysage
F. García Lorca

Le champ
d’oliviers
s’ouvre et se ferme
comme un éventail.
Sur l’oliveraie
un ciel effondré
et une pluie sombre
d’étoiles froides.
Tremble le jonc et pénombre
au bord de la rivière.
L’air gris moutonne.
Les oliviers sont
chargés
de cris.
Un vol
d’oiseaux captifs,
qui remuent leurs très longues
queues dans l’obscurité.
 (Poème de la séguidilla gitana dans "Poemas de Cante Jondo")
(Trad: Colo)
La suerte de los olivos José Luís García

Paisaje
F, Garcia Lorca

El campo
de olivos
se abre y se cierra
como un abanico.
Sobre el olivar
hay un cielo hundido
y una lluvia oscura
de luceros fríos.
Tiembla junco y penumbra
a la orilla del río.
Se riza el aire gris.
Los olivos,
están cargados
de gritos.
Una bandada
de pájaros cautivos,
que mueven sus larguísimas
colas en lo sombrío.
 (Poema de la seguidilla gitana en "Poemas de Cante Jondo")

Ces derniers jours ce ne sont pas des oiseaux mais des enfants qui ont chanté dans notre vieil olivier.
Estos últimos días no son pájaros sino niños que cantaron en nuestro viejo olivo.


19 mars 2015

Lune de Lorca / Luna de Lorca



 Reflet 
Reflejo
F. García Lorca


Doña Luna.
(¿Se ha roto el azogue?)
No.
¿Qué muchacho ha encendido
su linterna?

Sólo una mariposa
basta para apagarte.
Calla... ¡Pero es posible!
¡Aquella luciérnaga
es la luna!

 
Dibujo Lorca



Dame Lune.
(Le tain s'est cassé?)
Non.
Quel enfant a allumé
 sa lanterne?

Un seul papillon
suffit pour t'éteindre.
Tais-toi...Mais c'est possible!
Cette luciole
 est la lune!

(Trad: Colo)


NB: Je pars en balade hors de mon île, pour quelques jours. À bientôt!

20 nov. 2014

La guitarra de F. García Lorca


Le piano et la guitare furent les inséparables compagnons de vie de Frederico.
Voici deux poèmes dédiés à la guitare: pleurs et sanglots, images...reflets d'une époque.

El piano y la guitarra fueron los inseparables compañeros de vida de Federico.
Aquí dos poemas dedicados a la guitarra: llantos y sollozos, imágenes...reflejos de una época.






Las seis cuerdas, F, García Lorca

La guitarra
hace llorar a los sueños.
El sollozo de las almas
perdidas
se escapa por su boca
redonda.
Y como la tarántula,
teje una gran estrella
para cazar suspiros,
que flotan en su negro
aljibe de madera.


1924

Les six cordes

La guitare
fait pleurer les songes.
Le sanglot des âmes
perdues
s'échappe par sa bouche
ronde.

Et comme la tarentule,
elle tisse une grande étoile
pour chasser les soupirs
qui flottent dans sa noire
citerne en bois.

(Federico Garcia Lorca, Poème du Cante jondo.
Poésies 1921-1927)
(trad: Colo)

Dessins de Lorca

La guitarra
Empieza el llanto
de la guitarra.
Se rompen las copas de la madrugada.
Empieza el llanto de la guitarra.


Es inútil callarla.
Es imposible callarla.
Llora monótona
como llora el agua,
como llora el viento
sobre la nevada.
Es imposible callarla.
Llora por cosas
lejanas.
Arena del Sur caliente
que pide camelias blancas.
Llora flecha sin blanco,
la tarde sin mañana,
y el primer pájaro muerto
sobre la rama.
!Oh guitarra!
Corazón malherido
por cinco espadas. 

 
 Celui-ci me fait sourire...este me hace sonreir


La guitare, Federico García Lorca




Commence la plainte
de la guitare.
Les cimes de l'aube se brisent.
Commence la plainte de la guitare. 
 
Inutile de la faire taire.
Impossible de la faire taire.
Plainte monotone,
comme le pleur de l'eau,
comme le pleur du vent
sur la neige.
Impossible de la faire taire.
Elle pleure sur des choses
lointaines.
Sable du Sud brûlant
qui désire de blancs camélias.
Elle pleure la flèche sans but,
le soir sans lendemain,
et le premier oiseau mort
sur la branche.
O guitare !
Coeur transpercé
par cinq épées.



(Poème du cante jondo)Trad: Colo

Un site qui explique la relation de Lorca avec la guitare

20 août 2013

Silences III / Silencios III

 Regarder par terre...Mirar al suelo



Le silence F. García Lorca

Écoute, mon fils, le silence.
C'est un silence ondulé,
un silence,
où glissent vallées et échos
et qui incline les fronts
vers le sol.

(Trad: Colo)

El silencio  F.García Lorca

Oye, hijo mío, el silencio.
Es un silencio ondulado,
un silencio,
donde resbalan valles y ecos
y que inclina las frentes
hacia el suelo. 



 
Après avoir beaucoup hésité, j'ai fini par aller voir la zone sinistrée. Certains endroits reverdiront vite, d'autres ne respirent que le silence: aucune cigale, pas un oiseau, odeur de feu et de tristesse.

Después de muchas dudas, acabé yendo a la zona siniestrada. Algunas partes reverdecerán pronto, otras no respiran más que el silencio: ni una cigarra, ni un pájaro, olor a fuego y a tristeza.






          


Regarder en l'air...Mirar arriba


Respirer l'aube, faire avec Paul Éluard un...

Voyage du silence


Voyage du silence
De mes mains à tes yeux
Et dans tes cheveux
Où des filles d’osier
S’adossent au soleil
Remuent les lèvres
Et laissent l’ombre à quatre feuilles
Gagner leur cœur chaud de sommeil.

Respirar el alba, hacer con Paul Éluard un...


Viaje del silencio

Viaje del silencio
De mis manos a tus ojos
Y en tus cabellos
Donde
chicas de mimbre
Se adosan al sol
Agitan los labios
Y dejan la sombra de cuatro hojas
Invadir su corazón cálido de sueño.

(Trad: Colo)

Fotos: Colo

25 juin 2013

Fleurs d'arbres / juin-junio Mallorca / Flores de árboles




ARBRES 
Federico García Lorca 
Arbres !
Avez-vous été des flèches
tombées du bleu ?
Quels terribles guerriers vous ont-ils lancés ?
Étaient-ce les étoiles ?

Vos musiques viennent de l'âme des oiseaux,
des yeux de Dieu,
de la passion parfaite.
Arbres !
Vos  grossières racines connaîtront-elles
mon coeur en terre ?
                                          (Trad: Colo)
 Fleurs de jacaranda
À droite ce sont des Tipuana jaunes

 ÁRBOLES 
 Federico García Lorca
¡Árboles!
¿Habéis sido flechas
caídas del azul?
¿Qué terribles guerreros os lanzaron?
¿Han sido las estrellas?

Vuestras músicas vienen del alma de los pájaros,
de los ojos de Dios,
de la pasión perfecta.
¡Arboles!
¿Conocerán vuestras raíces toscas
mi corazón en tierra? 

 Et puis, sur le chemin que je prends entre la ville de Palma et mon village, ces deux "mystérieux" : en connaîtriez-vous le nom ?
Después, a lo largo de la carretera que sigo entre la ciudad de Palma y mi pueblo, esos dos "misteriosos" : ¿ alguien conoce su nombre ?


                           Feuillage vert-gris doux
Enfin celui-ci que j'appelle l'arbre-corail, il est extraordinaire.
Por fin este que llamo el árbol-coral, lo encuentro extraordinario.

Grâce à Album Vénitien, voilà le nom de l'arbre, originaire d'Australie, c'est un Brachychiton acerifolium. Merci Danielle!

(clic pour agrandir les photos)
Fotos: Colo

14 févr. 2013

À l'envers / Al revés

Avec ce poème de F. García Lorca nous entrons dans l'univers des "et si...".

Con este poema de F. García Lorca entramos en el universo de los "y si...".


Terre
F. García Lorca

 
Nous marchons
sur un miroir,
sans tain,
sur un verre
sans nuages.
Si les iris naissaient
à l'envers,
si les roses naissaient
à l'envers
si toutes les racines
regardaient les étoiles,
le mort ne fermait
les yeux,
nous serions comme des cygnes.

(Trad: Colo)

Photo Christw, merci!
                                     

Tierra
F. García Lorca

Andamos
sobre un espejo,
sin azogue,
sobre un cristal
sin nubes.
Si los lirios nacieran
al revés,
si las rosas nacieran
al revés,
si todas las raíces
miraran las estrellas,
el muerto no cerrara
sus ojos,
seríamos como cisnes.

5 nov. 2011

García Lorca, la peine noire / Romance de la Pena negra

Federico García Lorca, j’y reviens encore et encore.

Aujourd’hui ce poème qui réunit ses thèmes de prédilection : les gitans, les chevaux, la nature, la mer, la tristesse…

Siempre vuelvo a Federico García Lorca.

Hoy este poema que reúne sus temas de predilección: los gitanos, los caballos, la naturaleza, el mar, la tristeza…

Romance de la peine noire

Les coups de bec des coqs
creusent, cherchent l’aurore,
quand de la colline sombre
descend Soledad Montoya.
De cuivre jaune, sa chair
sent le cheval et l’ombre.
Ses seins, noires enclumes,
gémissent des chansons rondes.
Soledad: Qui cherches-tu
seule et à cette heure?
Je cherche qui je veux,
dis-moi, si cela t’importe?
Je cherche ce que je cherche,
ma joie et ma personne.
Soledad de mes chagrins,
cheval qui s’emballe,
finit par trouver la mer
et les vagues le dévorent.
Ne me rappelle pas la mer
car la peine noire pousse
au pays des olives
sous la rumeur des feuilles.
Soledad, comme tu es triste !
Quelle peine désolante !
Tu pleures du jus de citron
si aigre à l’attente et à la bouche.
Que ma peine est grande ! Je traverse
ma maison comme une folle
traînant mes nattes,
de la cuisine à l’alcôve.
Quelle tristesse ! Ma chair
et mon linge deviennent noir jais.
Aïe ! Mes chemises de fil !
Aïe ! Mes cuisses de pavot !
Dans la source aux alouettes,
Soledad, lave ton corps
et laisse ton cœur
en paix, Soledad Montoya.

****
Tout en bas chante le fleuve:
volant de ciel et de feuilles.
De fleurs de citrouille,
l’aube se couronne.
Oh ! Peine des gitans !
Peine pure et toujours seule.
Oh ! Peine de source occulte
et d’aurore lointaine !

(traduction Colo/ MAH)

Voici une version chantée, flamenco: émotions.

Romance de la pena negra de Federico García Lorca

Las piquetas de los gallos
cavan buscando la aurora,
cuando por el monte oscuro
baja Soledad Montoya.
Cobre amarillo, su carne,
huele a caballo y a sombra.
Yunques ahumados sus pechos,
gimen canciones redondas.
Soledad, ¿por quién preguntas
sin compaña y a estas horas?
Pregunte por quien pregunte,
dime: ¿a ti qué se te importa?
Vengo a buscar lo que busco,
mi alegría y mi persona.
Soledad de mis pesares,
caballo que se desboca,
al fin encuentra la mar
y se lo tragan las olas.
No me recuerdes el mar,
que la pena negra, brota
en las tierras de aceituna
bajo el rumor de las hojas.
¡Soledad, qué pena tienes!
¡Qué pena tan lastimosa!
Lloras zumo de limón
agrio de espera y de boca.
¡Qué pena tan grande! Corro
mi casa como una loca,
mis dos trenzas por el suelo,
de la cocina a la alcoba.
¡Qué pena! Me estoy poniendo
de azabache carne y ropa.
¡Ay, mis camisas de hilo!
¡Ay, mis muslos de amapola!
Soledad: lava tu cuerpo
con agua de las alondras,
y deja tu corazón
en paz, Soledad Montoya.
***
Por abajo canta el río:
volante de cielo y hojas.
Con flores de calabaza,
la nueva luz se corona.
¡Oh pena de los gitanos!
Pena limpia y siempre sola.
¡Oh pena de cauce oculto
y madrugada remota!

9 oct. 2011

Gouttelettes de brume / Gotitas de bruma

La récolte a été bonne, mon panier est plein.
Il y avait des coings et des kakis, trop lourds ou sucrés, alors j'ai ramené des perles, des larmes de brume. Du nord au sud, la terre en était semée.

La cosecha fue buena, se llenó mi cesta.
Había membrillos y kakis, demasiado pesados o dulces, entonces traje unas perlas, lágrimas de bruma. Del norte al sur, la tierra estaba sembrada.

Chez BOL en Norvège voici, en plus d'un superbe poème, cet haïku composé par le nouveau prix Nobel, Tomas Tranströmer. Merci à vous Bernard.

Gnolar i dimman..............Fredonne dans la brume.
En fiskebåt långt ute...... Au loin un bateau de pêche -
trofé på vattnet...............trophée sur l´eau

Tomas Tranströmer La grande énigme 45 haïkus. Adaptés du suédois par Jacques Outin. Préface de Petr Krâl (Le castor Astral, 2004)

Canturrea en la bruma
A lo lejos un barco de pesca -
trofeo en el agua (trad Colo)



Passons par la Belgique, murmures de craquellements, mais où JEA colore joliment la brume, merci à vous.


La brume est comme une prune.
La peau résiste.
Si elle se fissure, le paysage s'éparpille en gouttelettes...


La boira és com una pruna.
La pell resisteix.
Si es fissura, el paisatge s'espargeix en gotetes...
(trad. catalan Anaïs, gracias hija)





De forêts en toiles d'araignées, nous voici au Portugal avec VITOR CINTRA et ses mélancoliques silences. Grâce à Armando la traduction en français est... magique.

Nas brumas dos meus silêncios
Nascem visões encantadas,
Com ninfas, bruxas e fadas,
Sonhos de amor, sempre densos.

Nas brumas dos meus silêncios,
Onde os mistérios são nadas,
Surgem paixões exaltadas,
Feitas desejos, imensos.(...)

do livro " Pedaços do Meu Sentir "

Dans les brumes de mes silences
Naissent des visions enchantées,
Il y a des nymphes, sorcières et fées,
Rêves d'amours, toujours denses.

Dans les brumes de mes silences
Où les mystères ne sont rien,
Surgissent des passions exaltées,
Faites de désirs immenses.



Partir puis revenir chez soi, non sans passer par l'Andalousie et Federico.

Otra canción de Otoño F, García Lorca.

¡El sueño se deshizo para siempre!
En la tarde lluviosa mi corazón
aprende la tragedia otoñal
que los árboles llueven.
-----------
¡Cómo me dice el agua
que el sueño se deshizo para siempre!
¿El sueño es infinito?
La niebla lo sostiene
y la niebla es tan sólo
cansansio de la nieve. (...)



Une autre chanson d'automne F. García Lorca

Le rêve s'est pour toujours défait!
Dans la soirée pluvieuse
mon cœur apprend
la tragédie de l’automne
qui fait les arbres pleuvoir.

------------------

Comme l'eau me dit
que le rêve s'est pour toujours défait!
Le rêve est-il infini?
La brume le prétend
et la brume n'est que
fatigue de la neige. (...)
(Trad.: Colo)
Foto 1: captainjpslog.blogspot.com
Fotos 2-3: Colo

1 juin 2011

Jouait mon âme.../ Jugaba mi alma....

Orages, coupures de courant, pluies.

Cabrioles d’escargots, absence des libellules acrobates.

Alors, simplement deux nocturnes, merveilleux, de F. García Lorca cette semaine.

Tormentas, cortes de luz, lluvias.

Cabriolas de caracoles, ausencia de las libélulas acróbatas.

Entonces, simplemente, dos nocturnos, maravillosos, de F. García Lorca esta semana.

NOCTURNOS

Un brazo de la noche

entra por mi ventana.


Un gran brazo moreno

con pulseras de agua.


Sobre un cristal azul

jugaba al río mi alma.


Los instantes heridos

por el reloj…pasaban.

NOCTURNES

Un bras de la nuit

entre par ma fenêtre.


Un grand bras brun

avec des bracelets d’eau.


Sur une vitre bleue

jouait mon âme à être fleuve.


Les instants blessés

par l’horloge…passaient. (Trad. Colo)




Asomo la cabeza

por mi ventana, y veo

cómo quiere cortarla

la cuchilla del viento.


En esta guillotina

invisible, yo he puesto

la cabeza sin ojos

de todos mis deseos.


Y un olor de limón

llenó el instante inmenso,

mientras se convertía

en flor de gasa el viento.


Je passe la tête

par ma fenêtre, et je vois

comment veut la couper

la lame du vent.


Sur cette guillotine

invisible, j’ai mis

la tête sans yeux

de tous mes désirs.


Et une odeur de citron

emplit l’instant immense,

tandis que se transformait

en fleur de gaze le vent. (Trad Colo)


Foto 1: http://bouh.wordpress.com/tag/femme/

Foto 2: http://vietnamblog.danthony.org/?2008/07/24/154-fenetre-sur-la-pluie