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10 août 2026

F. García Lorca et l'amour de la terre / Lorca y el amor a la tierra

    

Dans mon “Œuvres complètes » de G.G. Lorca, fort usé, quelques interviews.

-Ma vie? Ai-je une vie? Les ans que j’ai appartiennent encore à l’enfance. Les émotions de l’enfance sont en moi. Je n’en suis pas sorti. Raconter ma vie serait parler de ce que je suis, et la vie est un récit de ce qui s’en est allé. Les souvenirs, même ceux de mon enfance la plus lointaine, sont en moi un temps présent passionné….


En mi “Obras completas” de G.G. Lorca, muy gastado, unas entrevistas.

-¿Mi vida? ¿Es que yo tengo vida? Estos mis años, todavía me parecen niños. Las emociones de la infancia están en mí. Yo no he salido de ellas. Contar mi vida sería hablar de lo que soy, y la vida es un relato de lo que se fue. Los recuerdos, hasta los de mi alejada infancia, son en mí un apasionado tiempo presente…




- Et je vous le raconterai. C’est la première fois que j’en parle, cela n’a toujours appartenu qu’à moi seul, intime, si privé que même moi je n’ai jamais voulu l’analyser. Enfant j’ai vécu en pleine nature. Comme tous les enfants, j’assignais à chaque chose, meuble, objet, arbre, pierre, sa personnalité. Je conversais avec eux et je les aimais. Dans le patio de ma maison il y avait des peupliers. Un après-midi j’ai eu l’idée que les peupliers chantaient. Le vent, en passant entre leurs branches, produisait un bruit aux tons variés, qui à moi me sembla musical. Et j’avais l’habitude de passer les heures à accompagner de ma voix la chanson des peupliers…

-Y se lo contaré. Es la primera vez que hablo de esto, que siempre ha sido mío solo, íntimo, tan privado, que ni yo mismo quise nunca analizarlo. Siendo niño, viví en pleno ambiente de naturaleza. Como todos los niños, adjudicaba a cada cosa, mueble, objeto, árbol, piedra, su personalidad. Conversaba con ellos y los amaba. En el patio de mi casa había unos chopos. Una tarde se me ocurrió que los chopos cantaban. El viento, al pasar por entre sus ramas, producía un ruido variado en tonos, que a mí se me antojo musical. Y yo solía pasarme las horas acompañando con mi voz la canción de los chopos…

 




- J’aime la terre - dit Lorca-. Je me sens lié à elle dans toutes mes émotions. Mes souvenirs d’enfance les plus lointains ont une saveur de terre. La terre, la campagne, ont fait de grandes choses dans ma vie. Les bestioles de la terre, les animaux, les gens des campagnes ont des suggestions qui touchent bien peu de gens. Je les capte maintenant avec le même esprit que dans mes années d'enfance. Sinon je n’aurais pas pu écrire Noces de sang. C’est cet amour de la terre qui m’a fait connaître la première manifestation artistique… (trad. Colo)

- Amo a la tierra - dice Lorca -. Me siento ligado a ella en todas mis emociones. Mis más lejanos recuerdos de niño tienen sabor de tierra. La tierra, el campo, han hecho grandes cosas en mi vida. Los bichos de la tierra, los animales, las gentes campesinas, tienen sugestiones que llegan a muy pocos. Yo las capto ahora con el mismo espíritu de mis años infantiles. De lo contrario, no hubiera podido escribir Bodas de Sangre. Este amor a la tierra me hizo conocer la primera manifestación artística…


NB: Si vous me suivez un peu, vous comprendrai aisément pourquoi j'ai choisi cet extrait !

¡ Si me seguís un poco, entenderéis fácilmente  por qué elegí este extracto  !


26 oct. 2013

La peau de la Terre / La piel de la Tierra


Suite au poème Fouler la terre pieds nus de Elvira Alejandra Quintero‏ du billet précédent, Danielle, des blogs "Comme un vol de papillon" et "Album Vénitien" m'a signalé un poème qu'elle avait écrit sur le même sujet. Voilà que je découvre qu'elle publie des poèmes et écrit aussi en wallon, sa langue maternelle.
"Puis-je le traduire en espagnol et le publier sur mon blog?"
Voici sa réponse: ."j'ai toujours écrit...pour moi et puis un jour, mes poèmes en français ont été édités mais en 85, j'ai eu envie d'autre chose. Une amie qui me connaissait bien m'a mise au défi d'écrire en wallon qui est quand même ma langue maternelle...et voilà.Oui, j'écris encore, j'ai une série de textes dédiés aux femmes que j'aimerais bien voir réunis dans un recueil. (...)
Oui bien sûr, je suis d'accord pour la traduction et je te remercie pour cette généreuse proposition."
Vous pouvez lire son billet original ici: http://commeunvoldepapillon.blogspot.com.es/2011/07/retrouver-la-mine-tendre-du.html

Merci, merci Danielle!

Danielle, del blog "Comme un vol de papillon" me indicó, tras la publicación la semana pasada del poema de Elvira Alejandra Quitero "Pisar la tierra con los pies descalzos", que ella había escrito en walón y en francés un poema sobre el mismo tema.
Muy amablemente me dio permiso para traducirlo en español y publicar las tres versiones aquí. ¡Muchas gracias!




In djoû, c’èst seûr èy’ asseûrè


In djoû, c’èst seûr èy’ asseûrè,
Dj’aclap’ré yeune dè mès-orèyes
Tout conte d’èl pia dè l’têre !
Dji vous ètinde, dji vous sawè
Si s’ keûr toke douç’mint,
Come èl min,
Oudoubin s’i flâye, sins rat’na,

Come in mârtia su ène èglème.


Un jour, c’est sûr et certain,
Je collerai une de mes oreilles
Tout contre la peau de la terre !
Je veux entendre, je veux savoir
Si son cœur toque doucement
Comme le mien,
Ou bien s’il frappe sans retenue

Comme un marteau sur une enclume

Un día, es seguro y cierto,
Pegaré mis oídos
Contra la piel de la tierra!
Quiero oír, quiero saber
Si su corazón late con dulzura
Igual que el mío,
O golpea sin recato

Como en el yunque el martillo.


In djoû, c’èst seûr èy’ asseûrè,
Dj’aspoy’ré mès lèpes
Tout conte d’èl pia d’èl têre ,
Là, tout djusse là,
Al fine pwinte du frum’jon !
Èt paç’ què dji n’seû
Qu’ène pougnîye d’ârzîye,
Dji sé què padrî sès pwènes
Et sès fèlès  colêres

Dj’ètindré  èl tchanson  dèl têre.


Un jour, c’est sûr et certain,
J’appuierai mes lèvres
Tout contre le peau de la terre,
Là, juste là,
A la fine pointe du frisson !


Et parce que je ne suis
Qu’une poignée d’argile,
 Je sais que par delà ses peines,
Et ses fières colères, 
 
J’entendrai la chanson de la terre.

Un día, es seguro y cierto,
Apoyaré mis labios
Contra la piel de la tierra,
Allí, justo allí,
En la delgada punta del estremecimiento.

Y porque no soy más
Que un puñado de arcilla,
Sé que más allá de las penas,
Y sus nobles cóleras

Oiré la canción de la tierra.


In djoû, c’èst seûr èy’ asseûrè,
An poûrmwin.nant  mès mwins
Douç’mint,dè d'ci dè d'la'
sul pia dèl têre,
Dji rascoudré ène mîye dè s’n-âme,
Ène mîye d’ârzîye
Qui rassôr’ra  lès fwins
Dè toute èm ’ vikérîye


 Un jour, c ‘est sûr et certain,
En promenant mes mains,
Doucement, de ci de là,
 Sur la peau de la terre,
Je recueillerai un peu de son âme,
Une mie d’argile
Qui  comblera les faims
De toute mon existence !

Un día, es seguro y cierto,
Paseando mis manos,
Suavemente, aquí y allá,
Sobre la piel de la tierra,
Recogeré un poco de su alma,
Una miga de arcilla,
Que colmará las hambres
De toda mi existencia!

 Danielle T. 
texte paru dans la revue "èl bourdon" de juin 2011

 Trad. espagnol: Colo

14 févr. 2013

À l'envers / Al revés

Avec ce poème de F. García Lorca nous entrons dans l'univers des "et si...".

Con este poema de F. García Lorca entramos en el universo de los "y si...".


Terre
F. García Lorca

 
Nous marchons
sur un miroir,
sans tain,
sur un verre
sans nuages.
Si les iris naissaient
à l'envers,
si les roses naissaient
à l'envers
si toutes les racines
regardaient les étoiles,
le mort ne fermait
les yeux,
nous serions comme des cygnes.

(Trad: Colo)

Photo Christw, merci!
                                     

Tierra
F. García Lorca

Andamos
sobre un espejo,
sin azogue,
sobre un cristal
sin nubes.
Si los lirios nacieran
al revés,
si las rosas nacieran
al revés,
si todas las raíces
miraran las estrellas,
el muerto no cerrara
sus ojos,
seríamos como cisnes.

17 févr. 2011

La nature, l'enfance et Lorca / La naturaleza, la infancia y Lorca

En mi “Obras completas” de G.G. Lorca, muy gastado, unas entrevistas.

-¿Mi vida? ¿Es que yo tengo vida? Estos mis años, todavía me parecen niños. Las emociones de la infancia están en mí. Yo no he salido de ellas. Contar mi vida sería hablar de lo que soy, y la vida es un relato de lo que se fue. Los recuerdos, hasta los de mi alejada infancia, son en mí un apasionado tiempo presente…

Dans mon “Oeuvres complètes » de G.G. Lorca, fort usé, quelques interviews.

-Ma vie? Ai-je une vie? Les ans que j’ai appartiennent encore à l’enfance. Les émotions de l’enfance sont en moi. Je n’en suis pas sorti. Raconter ma vie serait parler de ce que je suis, et la vie est un récit de ce qui s’en est allé. Les souvenirs, même ceux de mon enfance la plus lointaine, sont en moi un temps présent passionné….

-Y se lo contaré. Es la primera vez que hablo de esto, que siempre ha sido mío solo, íntimo, tan privado, que ni yo mismo quise nunca analizarlo. Siendo niño, viví en pleno ambiente de naturaleza. Como todos los niños, adjudicaba a cada cosa, mueble, objeto, árbol, piedra, su personalidad. Conversaba con ellos y los amaba. En el patio de mi casa había unos chopos. Una tarde se me ocurrió que los chopos cantaban. El viento, al pasar por entre sus ramas, producía un ruido variado en tonos, que a mí se me antojo musical. Y yo solía pasarme las horas acompañando con mi voz la canción de los chopos…

- Et je vous le raconterai. C’est la première fois que j’en parle, cela n’a toujours appartenu qu’à moi seul, intime, si privé que même moi je n’ai jamais voulu l’analyser. Enfant j’ai vécu en pleine nature. Comme tous les enfants, j’assignais à chaque chose, meuble, objet, arbre, pierre, sa personnalité. Je conversais avec eux et je les aimais. Dans le patio de ma maison il y avait des peupliers. Un après-midi j’ai eu l’idée que les peupliers chantaient. Le vent, en passant entre leurs branches, produisait un bruit aux tons variés, qui à moi me sembla musical. Et j’avais l’habitude de passer les heures à accompagner de ma voix la chanson des peupliers…

- Amo a la tierra - dice Lorca -. Me siento ligado a ella en todas mis emociones. Mis más lejanos recuerdos de niño tienen sabor de tierra. La tierra, el campo, han hecho grandes cosas en mi vida. Los bichos de la tierra, los animales, las gentes campesinas, tienen sugestiones que llegan a muy pocos. Yo las capto ahora con el mismo espíritu de mis años infantiles. De lo contrario, no hubiera podido escribir Bodas de Sangre. Este amor a la tierra me hizo conocer la primera manifestación artística…

- J’aime la terre - dit Lorca-. Je me sens lié à elle dans toutes mes émotions. Mes souvenirs d’enfance les plus lointains ont une saveur de terre. La terre, la campagne, ont fait de grandes choses dans ma vie. Les bestioles de la terre, les animaux, les gens des campagnes ont des suggestions qui touchent bien peu de gens. Je les capte maintenant avec le même esprit que dans mes années d'enfance. Sinon je n’aurais pas pu écrire Noces de sang. C’est cet amour de la terre qui m’a fait connaître la première manifestation artistique… (trad. Colo)

(Foto olivos: http://revista.consumer.es/web/es/20070301/actualidad/informe1/71301.php)