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7 avr. 2026

Chanter / Cantar

     Federico García Lorca - "Clamor" “Clameur”

 

Dans les tours

jaunes

sonnent les cloches.


Sur les vents

jaunes

s’égrènent les coups de cloches.


Sur un chemin va

la mort, couronnée

de fleurs d’oranger fanées.


Chante et chante

une chanson

sur sa vihuela blanche,

et chante et chante et chante.


Dans les tours jaunes

cessent les cloches.


Le vent avec la poussière

fait des arcs d’argent. 

Trad:Colo 


Vihuela: Instrument de musique espagnol à cordes pincées ou frottées, de la même famille que le luth et la guitare, et comportant une caisse plate de taille variable et échancrée, souvent percée de plusieurs petites rosaces.

 

 
 
" Sandra Hurtado-Ros chante au piano accompagnée par Claire Masson au violoncelle, Mathilde Sérié à la trompette et Gildas Becquet à la contrebasse.
 

En las torres
amarillas
doblan las campanas.

Sobre los vientos
amarillos
se abren las campanadas.

Por un camino va
la muerte, coronada
de azahares marchitos.

Canta y canta
una canción
en su vihuela blanca,
y canta y canta y canta.

 En las torres amarillas
cesan las campanas.

El viento con el polvo
hace proras de plata.






 

9 nov. 2023

Les joies infimes / Las alegrías ínfimas

 

Une Chronique publiée dans El Pais en 2012 de Manuel Vicent . Elle ne peut pas nous faire de mal !

Una crónica de Manuel Vicent que nos puede venir bien.


"Un jour dans le bar Gijón j'ai surpris un poète maudit, plongé dans ses pensées. Je lui ai demandé si la gravité de son visage se devait à l'élaboration d'un vers brillant. “C'est ça”, m'a-t-il répondu. “En ce moment je me débats dans un doute: me tirer un coup de revolver dans la bouche ou manger une glace à la fraise”.

Au monastère de Kopan, dans la vallée de Katmandou, un Maître Vénérable m'a dit: si tu veux savoir jusqu'à quel point tu es heureux et tu ne le sais pas, achète-toi un carnet et écris chaque nuit cinq petits faits agréables qui te sont arrivés pendant la journée. Ne note que les sensations plaisantes et insignifiantes, les joies infimes, pas les rêves démesurés. 

Ce matin le soleil à la fenêtre m'a éveillé et j'ai remarqué que cette fois je n'avais pas mal au dos. Le chien m'a salué de la queue. Le patron du bar, où j'ai l'habitude de petit déjeuner en lisant le journal, a refusé de me faire payer la ration de churros. J'ai lu la chronique sportive: hier mon équipe a gagné. L'autobus est arrivé à l'heure et à l'arrêt les mots d'amour d'une mère à sa petite fille qui partait à l'école m'ont ému. (…)

Le Vénérable Maître assura qu'après un temps se formerait dans ce carnet un tissu basique d'actes heureux, de subtils plaisirs éphémères, très consistant, qui, sans que nous nous en rendions compte, soutient fermement toute notre vie et résout au passage le doute du poète.

Pour le moment il suffira pour éviter qu'il ne se suicide.

Il se peut que ce ne soit que cette charlatanerie qui se répand tandis que brûlent les traditionnels bâtons de musc et encens et que cela ne serve qu'à oublier la terrible et injuste cruauté qui nous entoure.

Mais le Vénérable Maître, au milieu de cet air transparent qui descendait de l'Himalaya, dit que de toutes les flèches funestes que la vie nous lance quasi aucune n'atteint son but. Elles tombent autour de nous et c'est nous qui les arrachons du sol et nous les clouons dans le cœur, l' esprit, ou dans le sexe. Peut-être cet enseignement pourrait-il servir au poète pour enfiler un de ses vers les plus éminents: paraît le soleil, je suis vivant."

(Trad:Colo)

 

{Écrivain prolixe, très peu de ses romans sont traduits en français, mais parmi eux La Balade de Caïn: basé sur le vieux thème du fratricide qui imprègne la culture judéo-chrétienne, et depuis la Genèse jusqu'à New York, c'est un roman sensuel, lyrique et sensible. La recherche des mots et du style, si neuf, – on a parlé de “poète de la prose” - rendent sa lecture délicieuse. }

 

 

Fundación Miró, Mallorca, foto Colo

Foto Colo


 

 

"Un día en el café Gijón sorprendí a un poeta maldito, absorto en sus pensamientos. Le pregunté si la gravedad de su rostro obedecía a que estaba elaborando algún verso insigne. “Así es”, me contestó. “En este momento me debato en la duda de pegarme un tiro en la boca o tomarme un helado de fresa”.
En el monasterio de Kopan, en el valle de Katmandú, me dijo un Maestro Venerable: si quieres saber hasta qué punto eres feliz y no lo sabes, cómprate una libreta y apunta en ella cada noche cinco pequeños hechos agradables que te hayan sucedido durante el día. Anota solo las sensaciones placenteras insignificantes, las alegrías ínfimas, no los sueños desmesurados. 

 
Esta mañana me ha despertado el sol en la ventana y he comprobado que esta vez no me dolía la espalda. El perro me ha saludado con el rabo. El dueño del bar, donde suelo desayunar hojeando el periódico, hoy se ha negado a cobrarme la ración de churros. He leído la crónica deportiva: ayer ganó mi equipo. El autobús ha llegado puntual y en la parada me han conmovido las palabras de amor que una madre le dirigía a su niña que se iba al colegio. (...)


El Maestro Venerable aseguró que después de un tiempo en esa libreta se habrá formado un tejido básico de actos felices, de sutiles placeres efímeros, muy consistente, que sin darnos cuenta sustenta firmemente toda nuestra vida y de paso resuelve la duda del poeta.

De momento bastará con un helado para evitar que se pegue un tiro.

Puede que esto no sea más que esa charlatanería que se expande mientras arden las consabidas barritas de almizcle e incienso y que solo sirve para olvidar la terrible crueldad e injusticia que nos rodea.

Pero el Maestro Venerable, en medio de aquel aire transparente que bajaba del Himalaya, dijo que todas las flechas aciagas que la vida nos lanza casi ninguna da en el blanco. Caen a nuestro alrededor y somos nosotros los que las arrancamos del suelo y nos las clavamos en el corazón, en la mente o en el sexo. Tal vez esta enseñanza podría servir al poeta para enhebrar uno de sus versos más excelsos: sale el sol, estoy vivo."

                    

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{Escritor muy prolijo, me encantó la novela La Balada de Caín; basada en el viejo tema del fratricidio que impregna la cultura judeocristiana, y eso desde la Génesis hasta Nueva York, es una novela sensual, lírica y sensible. La búsqueda de palabras y de un estilo tan nuevo – se habló de un “poeta de la prosa” - hacen su lectura deliciosa.}




 

  


18 sept. 2021

J'ai connu la vie en chemin / He conocido la vida en el camino

Il y a longtemps que je voulais publier un poème ou deux de cette jeune et déjà très connue poétesse espagnole, Elvira Sastre.

Traductrice aussi, et romancière, cette jeune femme de 29 ans née à Segovia emploie beaucoup le Je, mais ce Je nous représente tous ou presque, c’est du moins ce que j’ai ressenti.


Dans le poème d’aujourd’hui la recherche de soi à travers les expériences de la vie.







Ma vie sent la fleur           Elvira Sastre


J’ai arrondi les coins des rues

pour ne pas trouver de monstres au tournant

et ils m’ont attaquée par derrière

Je me suis léché la figure quand je pleurais

pour me souvenir du goût de la mer

et je n’ai senti que brûlure aux yeux.

J’ai attendu les bras croisés

pour m’enlacer

et je me suis heurtée contre mon propre corps.

J’ai tant menti

que quand j’ai dit la vérité

je ne
me suis

pas

crue.

 

 

J’ai fui

les yeux ouverts

et le passé m’a rattrapée.

J’ai accepté

les yeux fermés

des coffres vides

et je me suis sali les mains.

J’ai écrit ma vie

et ne me suis pas reconnue.


J’ai tant aimé

que je me suis oubliée.

J’ai tant oublié

que j’ai cessé de m’aimer.

(...)


J’ai perdu le cap

mais j’ai connu la vie en chemin.

Je suis tombée

mais dans la descente j’ai vu des étoiles

et l’écroulement a été un rêve.


J’ai saigné,

mais

toutes mes épines

se sont transformées en rose.


Et maintenant

ma vie sent la fleur.


Trad: Colo


MI VIDA HUELE A FLOR Elvira Sastre


He redondeado esquinas
para no encontrar monstruos a la vuelta
y me han atacado por la espalda.
He lamido mi cara cuando lloraba
para recordar el sabor del mar
y solo he sentido escozor en los ojos.
He esperado de brazos cruzados
para abrazarme
y me he dado de bruces contra mi propio cuerpo.
He mentido tanto
que cuando he dicho la verdad
no
me
he
creído.


He huido
con los ojos abiertos
y el pasado me ha alcanzado.
He aceptado
con los ojos cerrados
cofres vacíos
y se me han ensuciado las manos.
He escrito mi vida
y no me he reconocido.




He querido tanto
que me he olvidado.
He olvidado tanto
que me he dejado de querer.


(...)

He perdido el rumbo
pero he conocido la vida en el camino.
He caído
pero he visto estrellas en mi descenso
y el desplome ha sido un sueño.

He sangrado,
pero
todas mis espinas
han evolucionado a rosa.

Y ahora
mi vida
huele a flor.





19 août 2020

Entre réel et imaginaire / Entre realidad e imaginario

 

Tous les romans de Juan Marsé, décédé il y a peu, sont situés dans l’après-guerre civile mais en période franquiste.

Pour qui aime la fantaisie, l’imaginaire mêlé de réel Des lézards dans le ravin est un bijou. 


 

Une famille pauvre aux alentours de Barcelone, le père qui s’est enfui par le ravin situé derrière la maison à l’arrivée de la police, un inspecteur qui le recherche et s’amourache de la femme enceinte du fugitif, - “la rousse” -, le fils de 14 ans qui a une imagination débordante et adore sa mère, le petit chien en très mauvais état, et l’embryon qui raconte l’histoire!

Un rythme soutenu, une construction impeccable, des personnages solides et originaux.

Je vous propose deux extraits, le premier illustre l’imagination débordante du gamin.

Le second la pauvreté dans ce qu’elle a de plus réel.

1) Dialogue entre l'inspecteur et le gamin affabulateur

"- Ne me fais pas perdre mon temps, garçon. Tu m’as arrêté pour me dire quelque chose d’important au sujet de Mme Bartra. Allez, je t’écoute.

Je ne sais pas si c’est important. Mais je sais que vous, ça vous intéresse…

De quoi s’agit-il ? Allons.

Ne me harcelez pas, hein, j’ai tout un bois de chardonnerets dans l’oreille… Mais bon, je vais vous dire. Figurez-vous que ma mère a appris que mon père a remonté le Nil en compagnie du lieutenant Harry Faversham, c’était la semaine dernière, ils étaient tous les deux déguisés en indigènes de la tribu Shangali. Comme vous devez le savoir, tous les flics de la terre le savent, les Shangali ne peuvent pas parler, ils sont muets parce qu’on leur a coupé la langue par ordre du Calife, et c’est pour ça qu’ils portent une marque de feu sur le front. Bon, alors avec leurs plumes blanches dans leur sacoche et morts de soif, à l’heure qu’il est mon père et le lieutenant Faversham doivent traverser le désert pour rejoindre l’armée anglo-égyptienne du général Kitchener, qui progresse irrésistiblement vers Khartoum…

Ça va comme ça, garçon. Tu vas finir par me les gonfler."

 

2) La vie quotidienne:

Le vieux moulin à café. La graisse de porc qui fond dans la poêle, et tant d’autres choses avec leur étrange vocation du camouflage, leur penchant obstiné à se trouver là où elles ne doivent pas : les morceaux de sucre dans la saucière ébréchée, les lentilles dans une boîte à biscuits, les patates dans une cuvette en zinc, l’ail dans une boîte de cacao.

 La pauvreté, souviens-toi, mon frère, notre fidèle compagne de ces années-là, celle que la rouquine a assumée avec tant de courage et contre laquelle elle n’a jamais râlé, la pauvreté aux mille visages qui se manifeste de mille manières, cela signifie aussi, ne l’oublie pas, qu’en dépit de la propreté et de l’ordre qu’elle impose autour d’elle avec la plus grande prestesse et la plus grande énergie, les choses ne semblent jamais à leur place, elles sont toujours ici ou là, à occuper avec une insidieuse obstination la place qui jadis revenait à d’autres. 

Et pourtant, au milieu de leur apparent égarement, ainsi disposé dans ce monde aux apparences précaires, aucun de ces objets n’a été dépouillé de son identité, au contraire, ils semblent plus proches et plus nécessaires et leur fréquentation plus cordiale, tout comme l’image brûlée et floue du pilote, qui fut un jour là où il devait être avec les souvenirs les plus intimes peut-être et les mieux gardés de maman, et qui aujourd’hui, bien longtemps après avoir promené son impertinent sourire sur la couverture d’une revue allemande éditée en espagnol, se montre aimablement sur le mur de la chambre d’un adolescent rêveur, dans un coin perdu du Guinardó.

PS: Je vous recommande également “ Teresa l’après-midi” de Juan Marsé.

Como todas las novelas de Juan Marsé, “Rabos de lagartija” está situada en la posguerra.

A quien le gusta la fantasía, lo imaginario mezclado de realidad, esta novela es una joya.

Una familia pobre en los alrededores de Barcelona, el padre que ha escapado de la policía por el barranco detrás de la casas, un inspector que le busca y se enamora de la mujer embarazada del fugitivo, el hijo de 14 años que tiene una imaginación sin limites y adora a su madre, un perrito en muy mal estado y el embrión que cuenta la historia!

Un ritmo sostenido, una construcción impecable, personajes sólidos y originales.

Os propongo dos párrafos, el primero ilustra la fantasía del chico, el segundo la pobreza en lo que tiene de más real.

1) El inspector con el chico

No me hagas perder el tiempo, muchacho. Me has parado para contarme algo importante de la señora Bartra. Adelante, te escucho.

No sé si es importante. Pero sé que a usted le interesa...

A ver, de qué se trata. Venga.

No me atosigue, oiga, que tengo un bosque de jilgueros metido en el oído... Pero bueno, le cuento. Resulta que mi madre ha sabido que papá estuvo remontando el río Nilo en compañía del teniente Harry Faversham, fue la semana pasada, iban los dos disfrazados de nativos de la tribu Shangali. Como usted ya debe saber, lo saben los polis de todo el mundo, los Shangali no pueden hablar, son mudos porque les cortaron la lengua por orden del Califa, y por eso llevan una marca de fuego en la frente. Bueno, pues con sus plumas blancas en la cartera y muertos de sed ahora mismo mi padre y el teniente Faversham ya deben estar cruzando el desierto para unirse al ejército anglo-egipcio del general Kitchener, que avanza imparable hacia Jartum...

Ya vale, chico. Acabarás por hincharme las pelotas.

2) la vida cotidiana

 

El viejo molinillo de café. La grasa de cerdo fundiéndose en la sartén, y tantas otras cosas con su extraña vocación de camuflaje, su terca propensión a estar donde no deben: los terrones de azúcar en la salsera desportillada, las lentejas en una caja de galletas, los boniatos en un barreño de zinc, los ajos en un bote de cacao. 

La pobreza, acuérdate, hermano, nuestra fiel compañera de estos años, la que asumió con tanto coraje la pelirroja y contra la que nunca despotricó, la pobreza que tiene mil caras y se manifiesta de mil maneras, también significa eso, acuérdate: que a pesar de la limpieza y el orden que ella impone a su alrededor con la mayor presteza y energía, las cosas nunca parecen estar en su sitio, andan siempre por ahí ocupando con una porfía insidiosa el lugar que un día correspondió a otras. 

Y sin embargo, en medio de su aparente extravío, así dispuestos en su mundo de precarias apariencias, ninguno de esos objetos ha sido despojado de su identidad, al contrario, parecen más próximos y necesarios y su trato más cordial, lo mismo que la imagen chamuscada y borrosa del piloto, que un día estuvo donde le correspondía juntamente con los recuerdos acaso más íntimos y mejor guardados de mamá, y que hoy, mucho después de haber paseado su impertinente sonrisa por las portadas de una revista alemana editada en español, se asoma amigablemente al dormitorio de un adolescente soñador en un remoto paraje del Guinardó.




21 mars 2020

Musique sans mots / Música sin palabras


Trop de mots, on entend trop de mots en ce moment. Des chiffres surtout.

Alors pour ce dimanche, un peu de musique. Le compositeur est espagnol, Mauricio Sotelo ( Madrid 1961), le guitariste Juan Manuel Cañizares et la pièce s'appelle " Comment l'eau pleure" -Como llora el agua.

Passez une paisible journée.

 Si vous ne pouvez pas écouter:
https://www.youtube.com/watch?v=5pycM63yCHQ

11 sept. 2019

Reste l'important / Queda lo importante



La première passion de Rafael Alberti, grand poète espagnol né en Andalousie en 1902, fut la peinture. Dans le prochain billet je vous raconterai sa vie, son œuvre, mais aujourd’hui c’est un poème où il évoque l’œuvre picturale de Gogh qui m’a attirée, amusée et fait frémir aussi.
Alors j’ai décidé de ne mettre aucune illustration, et si vous êtes comme moi, vous “verrez” les tableaux dont il parle.(à part les hirondelles qui ne me disent rien).

La primera pasión de Rafël Alberti, nacido en 1902, fue la pintura. En la próxima entrada os contaré su vida, su obra, pero hoy es un poema donde evoca la obra pictórica de Van Gogh que me atrajo, me divirtió.
Decidí pues no poner ninguna ilustración y, si sois como yo, “veréis” los cuadros de los cuales habla.

Van Gogh

Coup de pinceau
brûlé.
Source
de courant
apparent
désordonné.
Matinale
hirondelle
source.

Tourbillonne,
paysanne,
ondule.
Nuit en cercle roue,
bleuit
le bois.

Crépite,
petit chêne infini,
tison,
le paysage:
braise mouvante,
mer,
houle.

Nucléaire
démence en jaune,
pinceau couteau,
tournesol,
sanglant
jaune soleil,
violent
anneau.

Jaune des blés,
verte hallucination,
orange, vermillon,
métal,
crie,
cauchemar
mortel,
humble chaise.
Fleur,
chandelle
jaune.

Se coupe,
se recoupe
ta couleur,
s’exalte,
vole,
peintre.

Mais reste ce qui importe:
haute,
la trace.

(Trad: Colo)                                  Dans "À la peinture" 1948




Rafael Alberti Van Gogh

Pincelada
quemada.
Fuente
de aparente
corriente
desordenada.
Matutina,
golondrina
fuente.

Se arremolina,
campesina,
ondula.
Noche en círculo rueda,
azula
la arboleda.

Crepita,
carrasca infinita,
tizo,
el paisaje:
rescoldo movedizo,
mar,
oleaje.

Nuclear
demencia en amarillo,
pincel cuchillo,
girasol,
cruento
amarillo sol,
violento
anillo.

Gualda trigal,
verde alucinación,
naranja, bermellón,
metal,,
chilla,
pesadilla
mortal,
humilde silla.
Flor,
candela
amarilla.

Se corta,
se recorta
tu color,
se exalta,
vuela,
pintor.

Mas permanece lo que importa:
alta,
la estela.
en A la pintura, 1948





24 juin 2018

Si j'étais.../ Si fuera...


Latitude

Juan Ramón Jiménez



Si j'étais comme un lieu de la mer ou du ciel;
le même et un autre toujours, avec les vagues,
le même et un autre toujours, avec les nuages;
ferme et errant,
hésitant et sûr de lui,
attendant et solitaire,
rencontré et inconnu,
aimé et oublié, et libre et prisonnier,
- un autre et le même toujours, avec mes nuages,
avec mes vagues -!




Sud de l'île de Mallorca


Latitud J.R. Jimenéz

¡Si fuera yo como un lugar del mar o el cielo;
el mismo y otro siempre son las olas,
el mismo y otro siempre con las nubes;
firme y errante,
dudoso y cierto,
aguardador y solitario,
encontrado y desconocido,
amado y olvidado, y libre y preso,
-otro y el mismo siempre, con mis nubes,
con mis olas-!


Traduction trouvée sur le site Emmila Gitana sans nom de traducteur. 

16 mai 2018

Passion / Pasión


Fable de Samaniego (1745-1801)
Les fourmis


Ce qu'aujourd'hui sont les fourmis,
Étaient les hommes d'antan:
De leurs biens propres et de ceux d'autrui
Ils faisaient leur provision.
Jupiter, qui depuis des siècles
Observait cette passion,
N'en pouvant plus,
En fourmis les transforma:
Ils changèrent de forme;
Et d'habitudes? Jamais.
(Trad: Colo)


En quoi Jupiter nous transformerait-il aujourd'hui?
Photo Kwarkito, merci! "Eurogroupe fourmis"


Las hormigas 
Fábulas, Samaniego 
 Lo que hoy las hormigas son,
 Eran los hombres antaño:
 De lo propio y de lo extraño
 Hacían su provisión.
 Júpiter, que tal pasión
 Notó de siglos atrás,
 No pudiendo aguantar más,
 En hormigas los trasforma:
 Ellos mudaron de forma;
 ¿Y de costumbres? Jamás.

¿En qué nos trasformaría Jupiter hoy en día?

18 oct. 2017

En haute mer / En alta mar

Aujourd'hui un poème de Lorca, qu'ajouter?

Hoy un poema de García Lorca, ¿qué puedo añadir?




Gazelle de la mort obscure
F. García Lorca


Je veux dormir du sommeil des pommes,
et m’éloigner du tumulte des cimetières.
Je veux dormir le sommeil de cet enfant
qui voulait s’arracher le cœur en haute
mer. 

Je ne veux pas que l’on me répète
que les morts ne perdent pas de sang ;
que la bouche pourrie
demande encore de l’eau.
Je ne veux rien savoir des martyres que donne l’herbe,
ni de la lune à la bouche de serpent
qui travaille avant l’aube.

Je veux dormir un instant,
un instant, une minute, un siècle ;
mais que tous sachent bien que je ne suis pas mort;
qu’il y a sur mes lèvres une étable d’or ;
que je suis le petit ami du vent d’Ouest ;
que je suis l’ombre immense de mes larmes.


Couvre-moi d’un voile à l’aurore
car elle me lancera des poignées de fourmis,
et mouille d’eau dure mes souliers
afin que glisse la pince de son scorpion.


Car je veux dormir du sommeil des pommes
pour apprendre un pleur
qui me nettoie de la terre;
car je veux vivre avec cet enfant sombre
qui voulait s’arracher le cœur en haute
mer. 
(Traduction inspirée par celle de N.Ny, mise à son goût par Colo)

http://toutmontreal.tripod.com/pommes.htm

Gacela de la muerte oscura

Quiero dormir el sueño de las manzanas,
alejarme del tumulto de los cementerios.
Quiero dormir el sueño de aquel niño
que quería cortarse el corazón en alta mar.


No quiero que me repitan
que los muertos no pierden la sangre;
que la boca podrida sigue pidiendo agua.


No quiero enterarme
de los martirios que da la hierba,
ni de la luna con boca de serpiente
que trabaja antes del amanecer.


Quiero dormir un rato,
un rato, un minuto, un siglo;
pero que todos sepan que no he muerto;
que hay un establo de oro en mis labios;
que soy el pequeño amigo del viento Oeste;
que soy la sombra inmensa de mis lágrimas.


Cúbreme por la aurora con un velo,
porque me arrojará puñados de hormigas,
y moja con agua dura mis zapatos
para que resbale la pinza de su alacrán.


Porque quiero dormir el sueño de las manzanas
para aprender un llanto que me limpie de tierra;
porque quiero vivir con aquel niño oscuro
que quería cortarse el corazón en alta mar.
Federico García Lorca
De: “Diván del Tamarit” – 1936


8 août 2017

Au plus haut de nous-mêmes / En lo más alto de nosotros mismos


Sans aucun doute les épreuves d’athlétisme du moment ont-elles un rôle dans le choix de ce poème, mais surtout les encouragements reçus et donnés au long de ma vie .
Sin ninguna duda las pruebas de atletismo del momento tienen algo que ver con la elección de este poema, pero sobre todo los ánimos recibidos y dados a lo largo de mi vida.

DULCE CHACÓN (Madrid 1954-2003)


La construction d’un rêve

On a toujours le temps pour un rêve.

Il est toujours temps de se laisser emporter
par une passion qui nous entraîne vers le désir.

Il est toujours possible de trouver la force
nécessaire pour prendre son envol et se diriger vers
le haut.

Et c’est là, là seulement sur les hauteurs ,que
nous pouvons déployer nos ailes de toute leur
extension.

Là seulement, au plus haut de nous-mêmes,
au plus profond de nos inquiétudes,
que nous pourrons écarter les bras, et voler.

(Trad: Colo)



Nafissatou Thiam saut en longueur


LA CONSTRUCCIÓN DE UN SUEÑO



Siempre hay tiempo para un sueño.
  Siempre es tiempo de dejarse llevar
por una pasión que nos arrastre hacia el deseo.


Siempre es posible encontrar la fuerza
necesaria para alzar el vuelo y dirigirse hacia
lo alto.


Y es allí, y solo allí, en la altura, donde
podemos desplegar nuestras alas en toda su
extensión.


Solo allí, en lo más alto de nosotros mismos,
en lo más profundo de nuestras inquietudes,
podremos separar los brazos, y volar.



 

9 Août , Aifelle nous envoie ce texte de Roger-Louis Pillet noté sur la vitre d'un restaurant à Chartres.

"Rêvons aux erreurs qui nous plaisent
rêvons, c'est si bon de rêver !
Narguons la vie et la mort ;
Avec du savon noir faisons des bulles d'or,
et quand les bulles vont crever,
Vite dans les chalumeaux des mots,
Vite gonflons d'autres bulles.

Créons avec du rêve un futur magnifique,
Un présent merveilleux ;
le rêve magique est vitorieux.

Nageons sans boussole. Vaguons,
divaguons
extravagons,

Faisons la nique
à la réalité

Et mettons dans l'hiver le soleil de l'été.