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12 avr. 2025

Un roman, une pause

 

Je sais, c’est assez risible et pathétique de prendre une “pause pascale”-potager-famille avec un roman qui s’intitule ”Les cloches jumelles” !


Et pour une fois, pas de poésie, mais de la prose.

Les Cloches jumelles - 1

C’est sur le blog de Claude qui avait énormément apprécié ce roman norvégien écrit par Lars Mytting, et traduit par Françoise Heide, que j’ai décidé de le lire et de le présenter à la réunion bisannuelle “Un livre que j’ai beaucoup aimé”.

C’est le premier d’une trilogie dont le second “L’étoffe du temps” est paru...on attend le troisième !

Un village perdu et miséreux, une vieille église en rondins, des familles et famines, des cloches particulières, une tapisserie, des sœurs siamoises, une jeune fille, un jeune prêtre, un étudiant allemand en architecture et...et...nous sommes fin XVIIº- début XVIIIº.

Si vous voulez en savoir un peu plus, lisez le billet de Claude qui parle si bien de ce très beau et intéressant roman.


Si vous fêtez Pâques, et/ou avez de la famille avec vous, passez du bon temps.

On se retrouve début mai.


24 déc. 2020

Fêter

 

Quand une amie de blog publie un livre.

 

 


Quand il arrive au 100º exemplaire vendu, il faut fêter ça, vous ne pensez pas?


Alors pour toi, Marie. 

 

Ode à l’âge, Pablo Neruda (extraits)



Je ne crois pas à l’âge

Tous les vieux

portent

dans les yeux

un enfant,

et les enfants

parfois

nous observent

comme des vieillards profonds.


(…)


Maintenant,

temps, je t’enroule,

je te dépose dans ma

boîte sylvestre

et je m’en vais pêcher

avec ta longue ligne

les poissons de l’aurore.



Et pour la fête, ces quelques fleurs,




Et un gâteau maison à l’orange




C'est la fête aussi chez:


Tania : http://textespretextes.blogspirit.com/

Dominique : http://asautsetagambades.hautetfort.com/

Emma : https://www.emmacollages.com/

Quichottine : https://quichottine.fr/

Plumes d’Anges : https://www.plumesdanges.com/

Anne Le Maître: http://lesmomentsbleus.blogspot.com/

Denise: https://lesrevesdeugenie.com/ 

Claudie : http://www.lapetiteverriere.com/

 

Photo fleurs : https://www.bergamotte.fr/le-journal-vegetal/fleurs-et-fleurs-sechees/astuces-entretien-fleurs/quelles-fleurs-offrir-pour-un-anniversaire-3-idees-originales

19 août 2020

Entre réel et imaginaire / Entre realidad e imaginario

 

Tous les romans de Juan Marsé, décédé il y a peu, sont situés dans l’après-guerre civile mais en période franquiste.

Pour qui aime la fantaisie, l’imaginaire mêlé de réel Des lézards dans le ravin est un bijou. 


 

Une famille pauvre aux alentours de Barcelone, le père qui s’est enfui par le ravin situé derrière la maison à l’arrivée de la police, un inspecteur qui le recherche et s’amourache de la femme enceinte du fugitif, - “la rousse” -, le fils de 14 ans qui a une imagination débordante et adore sa mère, le petit chien en très mauvais état, et l’embryon qui raconte l’histoire!

Un rythme soutenu, une construction impeccable, des personnages solides et originaux.

Je vous propose deux extraits, le premier illustre l’imagination débordante du gamin.

Le second la pauvreté dans ce qu’elle a de plus réel.

1) Dialogue entre l'inspecteur et le gamin affabulateur

"- Ne me fais pas perdre mon temps, garçon. Tu m’as arrêté pour me dire quelque chose d’important au sujet de Mme Bartra. Allez, je t’écoute.

Je ne sais pas si c’est important. Mais je sais que vous, ça vous intéresse…

De quoi s’agit-il ? Allons.

Ne me harcelez pas, hein, j’ai tout un bois de chardonnerets dans l’oreille… Mais bon, je vais vous dire. Figurez-vous que ma mère a appris que mon père a remonté le Nil en compagnie du lieutenant Harry Faversham, c’était la semaine dernière, ils étaient tous les deux déguisés en indigènes de la tribu Shangali. Comme vous devez le savoir, tous les flics de la terre le savent, les Shangali ne peuvent pas parler, ils sont muets parce qu’on leur a coupé la langue par ordre du Calife, et c’est pour ça qu’ils portent une marque de feu sur le front. Bon, alors avec leurs plumes blanches dans leur sacoche et morts de soif, à l’heure qu’il est mon père et le lieutenant Faversham doivent traverser le désert pour rejoindre l’armée anglo-égyptienne du général Kitchener, qui progresse irrésistiblement vers Khartoum…

Ça va comme ça, garçon. Tu vas finir par me les gonfler."

 

2) La vie quotidienne:

Le vieux moulin à café. La graisse de porc qui fond dans la poêle, et tant d’autres choses avec leur étrange vocation du camouflage, leur penchant obstiné à se trouver là où elles ne doivent pas : les morceaux de sucre dans la saucière ébréchée, les lentilles dans une boîte à biscuits, les patates dans une cuvette en zinc, l’ail dans une boîte de cacao.

 La pauvreté, souviens-toi, mon frère, notre fidèle compagne de ces années-là, celle que la rouquine a assumée avec tant de courage et contre laquelle elle n’a jamais râlé, la pauvreté aux mille visages qui se manifeste de mille manières, cela signifie aussi, ne l’oublie pas, qu’en dépit de la propreté et de l’ordre qu’elle impose autour d’elle avec la plus grande prestesse et la plus grande énergie, les choses ne semblent jamais à leur place, elles sont toujours ici ou là, à occuper avec une insidieuse obstination la place qui jadis revenait à d’autres. 

Et pourtant, au milieu de leur apparent égarement, ainsi disposé dans ce monde aux apparences précaires, aucun de ces objets n’a été dépouillé de son identité, au contraire, ils semblent plus proches et plus nécessaires et leur fréquentation plus cordiale, tout comme l’image brûlée et floue du pilote, qui fut un jour là où il devait être avec les souvenirs les plus intimes peut-être et les mieux gardés de maman, et qui aujourd’hui, bien longtemps après avoir promené son impertinent sourire sur la couverture d’une revue allemande éditée en espagnol, se montre aimablement sur le mur de la chambre d’un adolescent rêveur, dans un coin perdu du Guinardó.

PS: Je vous recommande également “ Teresa l’après-midi” de Juan Marsé.

Como todas las novelas de Juan Marsé, “Rabos de lagartija” está situada en la posguerra.

A quien le gusta la fantasía, lo imaginario mezclado de realidad, esta novela es una joya.

Una familia pobre en los alrededores de Barcelona, el padre que ha escapado de la policía por el barranco detrás de la casas, un inspector que le busca y se enamora de la mujer embarazada del fugitivo, el hijo de 14 años que tiene una imaginación sin limites y adora a su madre, un perrito en muy mal estado y el embrión que cuenta la historia!

Un ritmo sostenido, una construcción impecable, personajes sólidos y originales.

Os propongo dos párrafos, el primero ilustra la fantasía del chico, el segundo la pobreza en lo que tiene de más real.

1) El inspector con el chico

No me hagas perder el tiempo, muchacho. Me has parado para contarme algo importante de la señora Bartra. Adelante, te escucho.

No sé si es importante. Pero sé que a usted le interesa...

A ver, de qué se trata. Venga.

No me atosigue, oiga, que tengo un bosque de jilgueros metido en el oído... Pero bueno, le cuento. Resulta que mi madre ha sabido que papá estuvo remontando el río Nilo en compañía del teniente Harry Faversham, fue la semana pasada, iban los dos disfrazados de nativos de la tribu Shangali. Como usted ya debe saber, lo saben los polis de todo el mundo, los Shangali no pueden hablar, son mudos porque les cortaron la lengua por orden del Califa, y por eso llevan una marca de fuego en la frente. Bueno, pues con sus plumas blancas en la cartera y muertos de sed ahora mismo mi padre y el teniente Faversham ya deben estar cruzando el desierto para unirse al ejército anglo-egipcio del general Kitchener, que avanza imparable hacia Jartum...

Ya vale, chico. Acabarás por hincharme las pelotas.

2) la vida cotidiana

 

El viejo molinillo de café. La grasa de cerdo fundiéndose en la sartén, y tantas otras cosas con su extraña vocación de camuflaje, su terca propensión a estar donde no deben: los terrones de azúcar en la salsera desportillada, las lentejas en una caja de galletas, los boniatos en un barreño de zinc, los ajos en un bote de cacao. 

La pobreza, acuérdate, hermano, nuestra fiel compañera de estos años, la que asumió con tanto coraje la pelirroja y contra la que nunca despotricó, la pobreza que tiene mil caras y se manifiesta de mil maneras, también significa eso, acuérdate: que a pesar de la limpieza y el orden que ella impone a su alrededor con la mayor presteza y energía, las cosas nunca parecen estar en su sitio, andan siempre por ahí ocupando con una porfía insidiosa el lugar que un día correspondió a otras. 

Y sin embargo, en medio de su aparente extravío, así dispuestos en su mundo de precarias apariencias, ninguno de esos objetos ha sido despojado de su identidad, al contrario, parecen más próximos y necesarios y su trato más cordial, lo mismo que la imagen chamuscada y borrosa del piloto, que un día estuvo donde le correspondía juntamente con los recuerdos acaso más íntimos y mejor guardados de mamá, y que hoy, mucho después de haber paseado su impertinente sonrisa por las portadas de una revista alemana editada en español, se asoma amigablemente al dormitorio de un adolescente soñador en un remoto paraje del Guinardó.




12 août 2020

Les yeux de ma mère / Los ojos de mi madre



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Los ojos de mi madre lloraban hacia adentro”

"Les yeux de ma mère pleuraient vers l'intérieur"

 

Les premières pages de ce roman effraient un peu le lecteur. Le protagoniste est odieux et ses sentiments, cette attitude défiante d’un adolescent envers sa mère semblent exagérés. Il nous manque énormément d’informations au début ; en de courts chapitres superbement écrits, l’auteure nous mène peu à peu vers un renversement émouvant. Un récit dur et terriblement attachant.

Las primeras páginas de esta novela asustan un poco al lector. El protagonista es odioso y sus sentimientos parecen una parodia de una actitud desafiante y exagerada de un adolescente hacia su madre. Nos falta muchísima información al principio; en capítulos cortos, magníficamente escritos, la autora nos lleva poco a poco hacia un vuelco conmovedor. Un relato duro y profundamente entrañable.


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« Ce matin-là, alors que je la haïssais plus que jamais, maman venait d’avoir trente-neuf ans. Elle était petite et grosse, bête et laide. C’était la maman la plus inutile de toutes celles qui ont jamais existé. Je la regardais par la fenêtre, plantée comme une mendiante à la porte de l’école. Je l’aurais tuée rien que d’y penser. »

Aquella mañana en que la odiaba más que nunca, mi madre cumplió treinta y nueve años. Era bajita y gorda, tonta y fea. Era la madre más inútil que haya existido jamás. Yo la miraba desde la ventana mientras ella esperaba junto a la puerta de la escuela como una pordiosera. La habría matado con medio pensamiento.”

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À ce moment je sentis-de façon douloureuse et fulminante- que grâce à ce blanc je ne la haïssais plus autant. Que la robe qu’elle portait ce matin l’avait sauvée, (…) Quand je sortis de la salle de bains, humide et effrayé, j’avais perdu la guerre. Ma haine envers ma mère, quoique pas totalement disparue, avait séché et une croûte la couvrait, comme la croûte qui couvre en trois jours toutes les blessures des personnes et en un seul jour celles des chiens”.

En aquel momento sentí-de forma dolorosa y fulminante- que gracias a ese blanco no la odiaba ya tanto. Que el vestido que llevaba esa mañana le había salvado, (…) Cuando salí del baño, húmedo y asustado, había perdido la guerra. Mi odio hacia mi madre, aunque no había desaparecido del todo, se había secado y lo cubría una costra, como la costra que cubre en tres días todas las heridas de las personas y en un solo día las de los perros.”


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Il ne restait rien de mon ancienne mère, mais je ne savais pas non plus qui j’étais moi, qui j’avais été ni ce qui nous arrivait. Dans mon for intérieur j’étais sûr que, d’une manière ou d’une autre, la fin était proche, car tant de bonheur n’est concédé qu’aux enfants ou aux mourants.

Entre-temps.

Je pris une libellule et passai toute la journée avec elle.

Je comptai les grains de maïs d’une rangée de maïs.

Je bus de l’eau de pluie.

J’aidai un papillon à naître.”

(Trad:Colo)

 

No quedaba nada de mi antigua madre, pero tampoco sabía quien era yo, quién había sido ni qué pasaba con nosotros. En mi fuero interno estaba seguro de que, de una manera u otra, el final estaba cerca, porque tanta felicidad solo se les concede a los niños o a los moribundos.

Entretanto.

Cogí una libélula y pasé todo el día junto a ella.

Conté los granos de maíz de una hilera de maíz.

Bebí agua de lluvia.

Ayudé a una mariposa a nacer”


 

 

Ref: en español   Tatiana Tibuleac

       en français:   Tatiana Tibuleac

7 août 2020

La musique n'est pas indiscrète / La música no es indiscreta

 Durant ce mois d'août je publierai des extraits de romans que j'ai aimés. 

Durante este mes de agosto, publicaré extractos de novelas que me han gustado.

 


...tout silence n’est fait que de paroles qu’on n’a pas dites. C’est pour cela peut-être que je devins un musicien. Il fallait quelqu’un pour exprimer ce silence, lui faire rendre tout ce qu’il contenait de tristesse, pour ainsi dire le faire chanter. Il fallait qu’il ne se servît pas des mots, toujours trop précis pour n’être pas cruels, mais simplement de la musique, car la musique n’est pas indiscrète, et, lorsqu’elle se lamente, elle ne dit pas pourquoi. Il fallait une musique d’une espèce particulière, lente, pleine de longues réticences et cependant véridique, adhérant au silence et finissant par s’y laisser glisser. Cette musique, ç'a été la mienne. Vous voyez bien que je ne suis qu’un exécutant, je me borne à traduire. Mais on ne traduit que son trouble : c’est toujours de soi-même qu’on parle.”

Marguerite Yourcenar, Alexis ou le traité du vain combat  (cliquez et vous pourrez en lire la préface et le début)

 

 

...todo silencio está hecho de palabras que no se han dicho. Quizás por eso me hice músico. Era necesario que alguien expresara aquel silencio, que le arrebatara toda la tristeza que contenía para hacerlo cantar. Era preciso servirse para ello, no de palabras, siempre demasiado precisas para no ser crueles, sino simplemente de la música, porque la música no es indiscreta y cuando se lamenta no dice por qué. Se necesitaba una música especial, lenta, llena de largas reticencias y sin embargo verídica, adherida al silencio para acabar por meterse dentro de él. Esa música ha sido la mía. Ya ves que no soy más que un intérprete, me limito a traducir. Pero sólo traducimos nuestras emociones: siempre hablamos de nosotros mismos.”

M. Yourcenar, Alexis o el tratado del inútil combate

 

30 mars 2020

Comment ça, quand? / ¿Cómo que cuándo?


Ébène, de Ryszard Kapuscinski, journaliste polonais, a été publié en l’an 2000 mais couvre les années ‘60-80 en Afrique. Ces années d’indépendance coloniales, de soulèvements...L’auteur y a vécu longtemps , non pas dans des hôtels ou zones pour européens, mais, au risque de sa santé, de sa vie souvent, parmi la population locale.

 En début de livre il fait une longue réflexion sur le temps - le temps africain (qui a peut-être un peu varié depuis, selon les endroits) qui lui paraît si différent de l’européen - qui, en ces moments où il est comme arrêté, figé, m’a semblé très intéressante. 

Il raconte qu'à son arrivée au Ghana, il monte dans un autobus et s’y assied. Un Anglais le suit, s’installe. À ce moment, dit l’auteur, peut se produire une collision entre deux cultures, un choc, voire un conflit qui arrivera si l’étranger (s’il ne connaît pas l’Afrique) commence à s’énerver et à demander quand part l’autobus. “Quand part l’autobus? Comment ça, quand? -dit le conducteur -Quand il y aura assez de gens pour le remplir”.

Kapuscinski, poursuit en expliquant que l’Européen et l’Africain ont une conception différente du temps .
Pour les Européens “le temps vit en dehors de l’homme”, il est comme indépendant, a une existence objective qu’on peut mesurer. Et il s'en sent esclave, il doit respecter des délais, des dates, jours et heures. Comment exister sans eux?
Entre l’homme et le temps existe un conflit insoluble qui se termine toujours par la défaite de l’homme: le temps détruit l’homme.”


Les Africains perçoivent le temps différemment. C’est une catégorie beaucoup plus ouverte, élastique, subjective. Pour eux c’est l’homme qui influe sur la formation du temps, son rythme.
L’homme décide si un événement aura lieu ou non, “Le temps est le résultat de notre action, et il disparaît quand nous n’entreprenons rien ou abandonnons une action.  Une énergie circule qui, quand elle s'approche de nous et nous emplit,  nous donne la force de nous mettre en mouvement: il se passera quelque chose.
Sinon il faut attendre."

Ceci, vous voyez, est tout à fait l’inverse de la pensée européenne.

Et pour beaucoup d'entre nous en ce moment, le temps élastique que nous vivons nous rapproche, je crois, de la conception africaine.

Ébano, de Ryszard Kapuscinski, Fue publicado en el año 2000 pero cubre los año 60-80 en África. Son años de independencia colonial, de revueltas, de sublevaciones… El autor ha vivido mucho tiempo pero no en hoteles o zonas para europeos sino, con riesgo para su salud y con frecuencia para su vida, entre la población local.
Al principio del libro hace una larga reflexión sobre el tiempo. El tiempo africano (que quizás haya cambiado algo desde entonces, en algunos sitios) que le parece tan diferente del europeo y que, en estos momentos en que da la impresión de haberse parado, fijado, me ha resultado muy interesante.

Cuenta como a su llegada a Ghana sube a un autobús y se sienta. Le sigue un Inglés y se instala. En ese momento, dice el autor, puede producirse una colisión entre dos culturas, un choque, un conflicto.” Esto sucederá si el pasajero es un forastero que no conoce África. Alguien así empezara a removerse en el asiento, a mirar en todas direcciones y a preguntar: ¿Cuando arrancará el autobús? ¿Cómo que cuándo?, le contestará, asombrado, el conductor, cuando se reúna tanta gente que lo llene del todo”

Kapuscinski continúa y explica que los europeos y los africanos tienen una concepción diferente del tiempo.

Los europeos están convencidos de que el tiempo funciona independientemente del hombre, de que su existencia es objetiva, en cierto modo exterior, que se halle fuera de nosotros y que sus parámetros son medibles y lineales”...”El europeo se siente como su siervo, depende de él, es su súbdito.”… “Tiene que respetar plazos, fechas, días y horas. Se mueve dentro de los engranajes del tiempo; no puede existir fuera de ellos”… “Entre el hombre y el tiempo se produce un conflicto insalvable, conflicto que siempre acaba con la derrota del hombre: el tiempo lo aniquila.”

Los Africanos perciben el tiempo de manera bien diferente. Para ellos, el tiempo es una categoría mucho más holgada, abierta, elástica y subjetiva. Es el hombre el que influye sobre la horma del tiempo, sobre su ritmo...”
El hombre decide si un acontecimiento tendrá lugar o no. “El tiempo aparece como consecuencia de nuestros actos y desaparece si lo ignoramos o dejamos de importunarlo.” “ En alguna parte del mundo fluye y circula una energía misteriosa, la cual, si viene a buscarnos, si nos llena, nos dará la fuerza para poner en marcha el tiempo: entonces algo empezará a ocurrir.” Sino hay que esperar.

Todo esto es lo contrario del pensamiento europeo.
Y para muchos de nosotros en este momento, el tiempo elástico que vivimos nos acerca, creo yo, de la noción africana.

Sources/ Fuentes : Ébène, aventures africaines, Ryszard Kapuscinski. Coll. Poche
Ébano, Ryszard Kapuscinski, ed Anagramma

Photo 2 https://www.t13.cl/noticia/nacional/asi-quedo-reloj-flores-vina-del-mar-caida-arbol1

5 févr. 2019

Frugalité / Frugalidad


D’Andreï Makine je ne connaissais que sa belle figure, sa voix, son parler lent au fort accent. Une amie m’a offert pour Noël deux romans de lui. Le premier que j’ai lu est « L’Archipel d’une autre vie » où la taïga, traitée comme un personnage dur, aride mais plein de douceur parfois aussi m’a comme envoûtée.

Voici ce qu’en dit le romancier et éditeur Bertrand Visage. 

 


Je vous en livre un extrait, situé vers la fin du livre, et qui ne dévoile rien de l’intrigue.

Dans ma jeunesse, je revenais souvent, en pensée, vers les ermites de Chantars. À un moment, leur exil m’a paru incompréhensible, effrayant même. Se couper de la société, s’enfermer au milieu des glaces, sur un îlot entouré d’un océan en furie! Refusant l’excitant spectacle de la vie, son pathos, ses rivalités! J’avais, alors, l’âge où la multiplicité éblouit et la variété des postures intoxique. Où changer de rôle donne l’illusion de la liberté. Où dupliquer sa personne en mille relations est perçu comme une richesse d’existence.
J’avais l’impression de vivre tout ce que Gartsev et Elkan ne connaîtraient jamais.
Et puis, sans se soucier de mon amour-propre, l’équation s’est retournée: chaque jour m’enlevait un peu plus la chance de vivre et de comprendre ce qu’ils avaient vécu et compris.
Non, il ne s’agissait pas du nombre d’ »expériences », valeur si prisée par la modernité. Ni d’une sagesse fumeuse, fruit de l’une de ces expériences exotiques. Leur quotidien, rude et simple, ne visait aucun but édifiant. (…)
Quand les cartouches manquaient, ils chassaient à l’arc et Gartsev finit par préférer ce tir insonore. À marée basse, les poissons piégés au milieu des rochers étaient faciles à prendre et la forêt, à l’automne, débordait de baies. Elkan préparait ce qui leur servait de pain : pâtés composés de graminées, de champignons séchés, de plantules de conifères…
Je me souviens qu’en parlant de cette vie Gartsev me confia, avec un étonnement souriant : »Je n’aurais jamais cru que l’homme avait besoin de si peu » .

Vous pouvez aussi lire le beau billet de Dominique, mais surtout lisez ce magnifique roman!

Une image de la taïga

Esta novela de Andreï Makine no está traducida en español...aún. Pero cuando salga, os la recomiendo. Aquí un largo parrafo :
Durante mi juventud pensaba, con frecuencia, en los ermitaños de Chantar. A un momento dado, su exilio me pareció incomprensible, incluso aterrador. Aislarse de la sociedad, encerrarse en medio de los hielos en un islote rodeado de un océano furioso! Negarse el excitante espectáculo de la vida, su pothos, sus rivalidades! Tenia, entonces, la edad en la que la multiplicidad deslumbra y la variedad de actitudes intoxica. Donde cambiar de papel da la ilusión de la libertad. Donde duplicar su persona en mil relaciones se percibe como una riqueza de existencia.
Tenia la impresión de vivir todo aquello que Gartsev y Elkan no conocerían nunca.
Y después, sin preocuparse de mi amor propio, la ecuación se ha jirado: cada día me quitaba, un poco más, la posibilidad de vivir y comprender aquello que ellos habían vivido y comprendido.
No, no se trataba del numero de “experiencias”, ese valor tan apreciado por la modernidad. Ni de una sabiduría confusa, fruto de una de esas experiencias exóticas. Su cotidiano, rudo y simple, no pretendía ningún objetivo edificante. (…)
Cuando faltaban cartuchos, cazaban con arco y Gartsev acabó por preferir ese tiro insonoro. A la marea baja, los peces atrapados en medio de las rocas eran fáciles de coger y el bosque, en otoño, desbordaba de bayas. Elkan preparaba lo que les servía de pan: pasta compuesta de gramíneas, de setas secas, de plántulas de coníferas…
Me acuerdo que al hablar de esta vida Gartsev me confió, con un asombro sonriente:”Nunca habría creído que el hombre necesitase tan poco”:
(Trad : MAH y Colo)

22 févr. 2018

Un soubresaut de gratitude / Un sobresalto de gratitud


Quand nous sommes arrivés elle était recroquevillée, minuscule, dans un coin de sa chaise roulante. 
Ensuite elle a souri.
Février, hiver. 
 
C’est l’isolement des vieilles gens accru par le froid qui m’a fait choisir cet extrait du roman « Pleine lune » d’Antonio Muñoz Molina, un grand roman. (si vous ne l'avez pas lu, cliquez sur le lien vous en saurez plus).


Es el aislamiento de los mayores, aumentado por el frío, que me ha hecho elegir ese pasaje de la novela “Plenilunio” de Antonio Muñoz Molina, una gran novela.

Resultado de imagen de plenilunio muñoz molina

« Il passait trop de temps seul, s’imprégnant lentement d’oubli et de vieillesse à laquelle il ne croyait pas et il n'y faisait au fond pas fort attention, de la même façon qu’il ne s'arrêtait pas à penser à la fadeur des aliments sans sel, au froid du carrelage de sa chambre, à la laideur et mauvaise odeur de la bonbonne de gaz qui le réchauffait, contemporaine du vase bleu électrique et des fauteuils et du canapé tapissés de plastique vert. Il laissait de côté ses tracas et ne se plaignait pas de sa solitude, mais quand il reconnut le visiteur qui se tenait face à lui, dans la maigre lumière du hall d’entrée, silencieux, malhabile, sans encore dire son nom, il eut une effusion impudique de jovialité, un soubresaut de gratitude qui lui humidifia les yeux et éveilla les émotions les plus cachées de son âme, tendresse antique et nostalgie sans motif, remords plus beau et plus ferme que les souvenirs déjà en partie effacés qui le provoquaient. »
(Trad. Colo, je ne possède pas la version en français) 

https://i2.wp.com/www.lechangeoirdecriture.fr/wp-content/uploads/2016/11/Pleine-Lune.png





Pasaba solo demasiado tiempo, contaminándose despacio de postergación y vejez a la que no daba crédito y a la que en el fondo no se fijaba mucho, igual que no se paraba a considerar el tedio de los alimentos sin sal, el frío de las baldosas de su cuarto, la fealdad y el mal olor de la bombona de butano con la que se calentaba, contemporánea del jarrón azul eléctrico y de los sillones y el sofá tapizados de plástico verde. No hacía caso de su pesadumbre ni se quejaba de su soledad, pero cuando reconoció al visitante que permanecía frente a él, en la luz escasa del recibidor, callado, inhábil, aún sin decir su nombre, tuvo una efusión impúdica de jovialidad, un sobresalto de gratitud que le humedeció los ojos y le despertó las emociones más escondidas de su alma, ternura antigua y nostalgia sin motivo, remordimiento más precioso y más firme que los recuerdos ya en parte borrados que lo provocaban.”




22 janv. 2017

Un enfant en août / Un niño en agosto


Le billet précédent terminait sur ces vers de José Carlos Llop:

Le temps est un
et il n'y a pas de paradis perdus,
seuls des regards
qui ont perdu leur éclat.”

Solstice se lit sans hâte, il n’y a aucune intrigue. Si les souvenirs d’enfance de l’auteur se situent à Majorque, sur la côte nord-est, il n’est pas besoin d’être d’ici pour se sentir bien dans ce récit. De fait il pourrait avoir été écrit dans n’importe quel pays ou île méditerranéens.




Vous ne trouverez aucune nostalgie ni réflexion sur la situation politique du moment (dernière époque de la dictature de Franco), car l’auteur a décidé, et c’est vraiment réussi, de ne nous raconter que ce que lui, très jeune garçon, voyait.
L’auteur rejette l’idée qu’il s’agisse d’une œuvre de stricte mémoire “car je ne suis même pas la piste d’une forme de littérature autobiographique: l’enfant n’est pas l’axe du récit, il est le regard sur le paysage du récit; ceci arrive car le narrateur n’a pas encore de voix littéraire, il ne fait que regarder”.
Il s’agit d’un regard inaugural, qui découvre les chose pour la première fois et, confesse-t-il, c’est le début “de quelques chose de très important dans la naissance d’un écrivain, apprendre à les nommer, qui est l’équivalent de les posséder.””*

Chaque mois d’août une Simca couleur cerise venait chercher la famille du lieutenant colonel Llop pour l’amener à Betlem (Bethléem en majorquin), à 85km de Palma: un vrai voyage! Et arriver à une zone militaire protégée où la famille s’installait dans une maison rustique au confort spartiate.
Le paysage aux alentours, sec, aride, était comme un désert africain dit-il. 
 
Ce mois d’août est pour le gamin comme un séjour au paradis. La vie y est ordonnée, rituelle; comme le bain de mer avant le déjeuner où, sur le chemin du retour, sa mère lui versait de l’eau fraîche sur la tête pour lui éviter l’insolation. Son père, homme autoritaire dont il fait un très beau portrait, a une façon particulière de marcher avec sa cane, en mouvements décomposés, qui le fascine.

Le plaisir de ce roman se trouve dans de simples histoires d’odeurs, d’arbustes, de lumières, d’un mulet fou, de poissons pêchés à l’aube avec son frère, d’oiseaux qu’il observe, de jeux de société, d’une mère délicate, d’un monde fait uniquement de sa famille, des quelques soldats qui y vivent...


La entrada anterior terminaba con estos versos de José Carlos Llop:

El tiempo es uno
y no hay paraísos perdidos,
sólo miradas
que han perdido el brillo.”

Solstice se lee sin prisa, no hay ninguna intriga. Si los recuerdos de infancia del autor se sitúan en Mallorca, en la costa noreste, no hace falta ser de aquí para encontrarse bien en este relato. De hecho podría haber sido escrito en cualquier país o isla del Mediterráneo.
No encontraréis ninguna nostalgia ni reflexión sobre la situación política del momento (última etapa dela dictadura de Franco), ya que el autor ha decidido, con gran acierto, contarnos solo lo que él, un jovencito, veía. 

 

Rechaza el autor que se trate de una obra estrictamente memorística, "pues ni siquiera voy de la mano de una forma de literatura autobiográfica: el niño no es el eje del relato, sino que es la mirada sobre el paisaje del relato, y eso sucede porque el narrador no tiene aún voz literaria, sólo mira".
Se trata de una mirada inaugural, que descubre las cosas por vez primera y, confiesa, es el inicio "de algo muy importante en el origen del escritor, que es aprender a nombrarlas, el equivalente a poseerlas".*

Cada mes de agosto un Simca color cereza venía a buscar la familia del teniente coronel Llop para llevarla a Betlem a unos 85 km de Palma, un verdadero viaje! Y llegar a una zona militar protegida donde la familia se instalaba en una casa rústica de confort espartano. El paisaje alrededor, árido y seco, era como el desierto africano, dice.
Ese mes de agosto es para el chico como una estancia en el paraíso. La vida es ordenada, ritual; como el baño de mar antes de comer donde, en el camino de vuelta, su madre le echaba agua fresca en la cabeza para evitarle una insolación. Su padre, un hombre autoritario del cual hace un bonito retrato, tiene una forma particular de mover su bastón al andar, en movimientos descompuestos, que le fascina.
El placer de esta novela se encuentra en simples historias de olores, de arbustos, de luces, de un burro loco, de peces pescados al alba con su hermano, de pájaros que observa, de juegos, de una madre atenta y delicada, de un mundo hecho de su sola familia, de unos pocos soldados y del calor.

28 janv. 2016

Mais l'espoir persistait / Pero persistía la esperanza


    C'est sur le blog Marque-Pages que Pascale avait recommandé la lecture du “Convoi de l'eau” d'Akira Yoshimura. Emballée, j'ai voulu lire un autre titre de lui, “Naufrages”.
    Ce roman (certains parlent de conte) m'a marquée, bien plus que le premier je crois; du moins j'y ai repensé, et y pense encore souvent. Peut-être est-ce dû au fait que je vis sur une île mais en pleine campagne (éléments omniprésents, mer et montagne), au rythme des saisons, du potager...
    Couleur du ciel, de la mer, des feuilles d'arbres.
    L'histoire en (très) bref. (vous trouverez un résumé plus détaillé sur le blog de Dominique, ici)
    Un village isolé, extrêmement pauvre, entre la mer et la montagne; Isaku âgé de 9 ans, devient pour trois ans chef de famille et il va découvrir l'explication de secrets, de rites, il apprendra à pêcher, à survivre.
    Roman dur, parfois cruel, loin des doux rites du thé...
















Primero leí “Le convoi de l'eau”(todavía no traducido al español) de Akira Yoshimura. Me encantó y quise seguir con este autor. “Naufragios” me ha marcado más que el primero; al menos seguí y sigo pensando en esta novela que algunos llaman cuento. Vivir al ritmo de las estaciones, de lo que proveen el mar y la montaña....y a veces algo más.
Color del cielo, del mar, de la hojas de los árboles.
La historia, en muy breve: Un pueblo aislado, extremadamente pobre, entre el mar y la montaña; Isaku se ve, con 9 años, nombrado para 3 años jefe de familia. Descubrirá la explicación de secretos, ritos, aprenderá a pescar, a sobrevivir.
Novela dura, a veces cruel, lejos de los ritos del té...
Aquí un largo extracto que no desvela la historia pero la sugiere.

En voici un long extrait qui ne dévoile pas l'histoire mais la suggère fort bien.

"Les sommets brillaient dans les rayons du soleil, mais sur un pic plus haut que les autres, on apercevait un peu de rouge délavé. Il avait plu deux jours de suite, si bien que la brume dissimulait le feuillage automnal.
Isaku regardait le pic.
C'est à partir de ce sommet que les feuilles rouges, comme les autres années, faisaient leur apparition avant de s'étendre progressivement aux autres le long des crêtes et déferler soudain, avec la rapidité d'une avalanche, sur les pentes qui se coloraient de vermillon. Et la vague franchisait ensuite les profondes vallées pour recouvrir les collines et arriver enfin à la montagne derrière le village. À ce moment-là, d'habitude, les feuilles mortes avaient déjà fait leur apparition sur les sommets dans le lointain.


Miscanthus

Au village, l'automne était déjà bien avancé. Les épis des miscanthes étaient en fleur et on commençait à trouver les petits poulpes qui se rapprochaient de la côte à cette saison. Ils étaient délicieux et l'on pouvait les manger crus ou bouillis. Dans les maisons, les enfants les ouvraient en deux avant de les enfiler pour les suspendre entre deux poteaux afin de les faire sécher. 
 

Le rougeoiement des feuilles annonçait la saison de la pêche au poulpe et apportait l'espoir.

Dès que les feuilles perdaient leur couleur et commençaient à tomber, la mer s'agitait. Après une brève accalmie, les flots déchaînés venaient battre les rochers pendant quelques jours, propulsant des paquets d'écume jusque sur les maisons. La mer démontée faisait don, parfois, des richesses insoupçonnées qui n’avaient rien à voir avec les maigres récoltes ou la pêche habituelle.
Dans ce cas-là, et pour plusieurs années, les villageois n'étaient plus obligés de se vendre. Cela arrivait rarement, mais l'espoir persistait. Le rougeoiement des feuilles annonçait l'imminence de cette période."



    "Las crestas resplandecían iluminadas por el sol poniente. Una de ellas, que destacaba por su altura, había adquirido un tenue color rojizo, como si algo la hubiera descolorido. Durante los dos días de lluvia, que había cubierto las crestas de niebla, las hojas de los árboles habían empezado a mudar de color.
    Isaku contempló la cresta. Año tras año, los colores del otoño aparecía en primero en aquella cresta y se extendían progresivamente por todas las demás. Cada vez avanzaban más deprisa, como una avalancha que teñía de rojo las laderas de las montañas a medida que se precipitaba hacia abajo. Cruzaba los profundos valles y envolvía las colinas hasta alcanzar los bosques detrás de la aldea. Cuando llegaba ese momentos, las hojas de las crestas más lejanas ya no eran rojas sino amarillas.
    En la aldea se respiraba un ambiente otoñal. Cuando crecieran las espigas de chamiza, empezaría la temporada de pesca de los pulpitos que se acercaban a la costa rocosa. Tenían un sabor delicioso, y se podían comer directamente crudos o hervidos. Los niños los abrían y los colgaban de una cuerda tendida entre dos postes para secarlos.
    Después de la pesca del pulpo, las hojas se teñirían de rojo y los habitantes del pueblo presenciarían llenos de esperanza el cambio de color en las montañas.

    Cuando las hojas se secaran y empezaran a caer, el mar empezaría a estar más alterado. Habría un par de días de calma y luego rugiría embravecido unos días más, y las olas llegarían incluso a salpicar los tejados de las casas. De vez en cuando, el mar encrespado traía regalos inesperados al pueblo. Dejaba riquezas incomparables que no se podían cultivar en los campos ni encontrar en la playa. Cuando eso ocurría, nadie tenía que venderse como esclavo a lo largo de los próximos años. La aldea raras veces tenía esa suerte, pero sus habitantes vivían con la esperanza de que sucediera. Las hojas rojas indicaban que se acercaba la época en la que el mar podía regalarles sus tesoros."