Quand
nous sommes arrivés elle était recroquevillée, minuscule, dans un coin de sa chaise
roulante.
Ensuite elle a souri.
Ensuite elle a souri.
Février, hiver.
C’est
l’isolement des vieilles gens accru par le froid qui m’a
fait choisir cet extrait du roman « Pleine
lune »
d’Antonio Muñoz Molina, un grand roman. (si vous ne l'avez pas lu, cliquez sur le lien vous en saurez plus).
Es
el aislamiento de los mayores, aumentado por el frío, que me ha
hecho elegir ese pasaje de la novela “Plenilunio” de Antonio
Muñoz Molina, una gran novela.
« Il
passait trop de temps seul, s’imprégnant lentement d’oubli et de
vieillesse à laquelle il ne croyait pas et il n'y faisait au fond
pas fort attention, de la même façon qu’il ne s'arrêtait pas à
penser à la fadeur des aliments sans sel, au froid du carrelage de
sa chambre, à la laideur et mauvaise odeur de la bonbonne
de gaz qui le réchauffait, contemporaine du vase bleu électrique et
des fauteuils et du canapé tapissés de plastique vert. Il laissait
de côté ses tracas et ne se plaignait pas de sa solitude, mais
quand il reconnut le visiteur qui se tenait face à lui, dans la
maigre lumière du hall d’entrée, silencieux, malhabile, sans
encore dire son nom, il eut une effusion impudique de jovialité, un
soubresaut de gratitude qui lui humidifia les yeux et éveilla les
émotions les plus cachées de son âme, tendresse antique et
nostalgie sans motif, remords plus beau et plus ferme que les
souvenirs déjà en partie effacés qui le provoquaient. »
(Trad. Colo, je ne possède pas la version en français)
(Trad. Colo, je ne possède pas la version en français)
