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24 sept. 2023

P(l)ages , poésie de la mer, du sable....

 

Tout est original, joliment présenté dans ce recueil de poésie.

D’abord son format agréable à manier, à lire car il y a des “respirations”, des blancs, quelques photos. Ensuite il a été réalisé par 4 poètes : Brigitte Bardou,Viviane Fournier, Marion Le Braz et Alcyon. mais on ne sait pas qui a écrit quoi: les poèmes ne sont pas signés quoique quelques pistes...

Voici la couverture de P(l)ages


Sur la page de garde on lit ceci:

"À celles et ceux qui nous ont fait découvrir nos premières plages.

À celles et ceux à qui nous avons eu la joie de les faire découvrir à notre tour".


Tous les poèmes, parfois très courts ou d’autres racontant une histoire, ont trait à la plage, la mer, l’eau. Aux couleurs, aux mouvements des vagues, au sable...Aux personnes, beaucoup d’enfants, mais aussi aux migrants, aux amours, aux souvenirs. 





Parfois, en bas du poème, en bas de page, un mot qui fait écho.

 



Pour que vous vous en fassiez une idée, j’ai préféré photographier quelques pages plutôt que de recopier les mots.

 


Publié par Lisières, un joli cadeau à vous faire, à offrir aussi.

8 oct. 2022

Cumulus et cumulonimbus

Qu'elles sont infinies les nuances de couleurs des nuages.....



Je vends des nuages de couleur...
Rafael Alberti

Vendo nubes de colores...

http://cuartoenmarcha.blogspot.com.es/2011_01_01_archive.html

 

Poème pour enfants.

 

AVIS au public

 

Je vends des nuages de couleur:

les ronds, rouges,

pour sucrer les chaleurs!

 

Je vends les cirrus mauves

et roses, les aubes,

les crépuscules dorés!

 

L'étoile jaune du berger,

accrochée à la verte branche

du céleste abricotier!

 

Je vends la neige, la flamme

et le chant du crieur!

 

(Trad: Colo)

 

Pregón

 

¡Vendo nubes de colores:

las redondas, coloradas,

para endulzar los calores!

*

¡Vendo los cirros morados

y rosas, las alboradas,

los crepúsculos dorados!

*

¡El amarillo lucero,

cogido a la verde rama

del celeste duraznero!

*

¡Vendo la nieve, la llama

y el canto del pregonero!

 

http://www.quinoawakame.com/2013/09/welcome-back.html
 


 

3 mars 2021

Gabriela (1)

 Autant vous le dire tout de suite: la poésie de Gabriela Mistral ne m’enthousiasme pas vraiment. Peut-être y a-t-il des clés pour y entrer que je n’ai pas perçues. Pourtant la nature, omniprésente, devrait m’enchanter. 


Mais la femme est digne de toute mon admiration .
Comme elle est une des toutes grandes poétesses sud-américaines, qu’elle a eu un prix Nobel, qu’elle a toujours lutté contre la pauvreté, la démocratie, pour les enfants...je vous raconte un peu sa vie. Pas facile car il y a la version officielle du gouvernement chilien (dictature) et l’autre. Je me contenterai donc des faits.

Née en en 1889 au nord du Chili, son vrai nom est Lucila de María del Perpetuo Socorro Godoy Alcayaga, et Gabriela Mistral un nom qu’elle a choisi à cause de ses deux poètes préférés: Gabriele D’Annunzio et Frédéric Mistral.
Elle avait 3 ans quand son poère quitta la maison, laissant la famille dans des conditions fort difficiles. Elle arrive pourtant à poursuivre son éducation et à 14 ans devient “aide-institutrice”. Déjà elle écrit des poèmes, a un amoureux, un mauvais garçon qu’elle quitte puis qui se suicide. L’histoire dit qu’elle gardera cette blessure sa vie durant.


Ensuite elle s’installe à Santiago, poursuit des études supérieures et elle va travailler  comme institutrice dans différentes parties du Chili, C’est là qu’elle rencontre le jeune Neftali Reyes Basoalto. Vous devinez qui c’est ? C’est Pablo Neruda ! Elle l’initie à l’écriture.


À ce moment, 1922, le gouvernement mexicain lui demande de venir organiser les bibliothèques et les écoles. Elle publie « Desolación» qui a un succès international, et aussi « Lectures pour femmes » sur la maternité et l’éducation des enfants. Devenue professeure d’espagnol à l’Université du Chili, Gabriela part donner des conférences aux États-Unis et en Europe puis parcourt l’Amérique Latine.
Elle publie des comptines pour enfants.


Voici une ronde.

CEUX QUI NE DANSENT PAS

Une petite infirme

dit: comment danserai-je ?

Nous lui répondons

fais danser ton cœur.


Et l’estropiée

dit: comment chanterai-je ?

Nous lui répondons

fais chanter ton cœur.


Le pauvre chardon mort dit :

comment danserai-je ?

Nous lui disons: laisse le vent

emporter ton cœur.


Dieu dans la hauteur

dit: comment descendre de l’azur ?

Nous lui disons de descendre danser

pour nous dans la lumière.


Toute la vallée danse

en vaste ronde sous le soleil

et qui n’entre pas

son cœur de terre deviendra.



(suite la semaine prochaine, avec un autre poème).

Los que no danzan Gabriela Mistral



Una niña que es inválida
dijo: ?«¿Cómo danzo yo?»
Le dijimos que pusiera
a danzar su corazón...

Luego dijo la quebrada:
?«¿Cómo cantaría yo?»
Le dijimos que pusiera
a cantar su corazón...

Dijo el pobre cardo muerto:
?«¿Cómo danzaría yo?»
Le dijimos: ?«Pon al viento
a volar tu corazón...»

Dijo Dios desde la altura:
?«¿Cómo bajo del azul?»
Le dijimos que bajara
a danzarnos en la luz.

Todo el valle está danzando
en un corro bajo el sol,
y al que no entra se le hace
tierra, tierra el corazón.




23 mai 2017

Parfum d'un visage disparu / Perfume de un rostro desaparecido





Deux courts poèmes d’Alejandra Pizarnik, cette poétesse Argentine si vénérée là-bas, si peu connue de notre côté dont je vous avais longuement parlé ici

Dos poemas cortos de Alejandra Pizarnik, esa poetisa Argentina tan venerada en su país de la cual os había hablado aquí.


INFANCIA

Hora en que la yerba crece
en la memoria del caballo.
El viento pronuncia discursos ingenuos
en honor de las lilas,
y alguien entra en la muerte
con los ojos abiertos
como Alicia en el país de lo ya visto.

Enfance

Heure où pousse l’herbe
dans la mémoire du cheval.
Le vent prononce des discours ingénus
en honneur aux lilas,
et quelqu’un entre dans la mort
les yeux ouverts
comme Alice dans le pays du déjà vu.

(Trad:Colo)

  





Sens de son absence

si j’ose
regarder et dire
c’est pour son ombre
si doucement unie
à mon nom
là au loin
dans la pluie
dans ma mémoire.
Par son visage
qui brûlant dans mon poème
disperse joliment
un parfum
de visage aimé disparu

(Trad:Colo)

SENTIDO DE SU AUSENCIA

si yo me atrevo
a mirar y a decir
es por su sombra
unida tan suave
a mi nombre
allá lejos
en la lluvia
en mi memoria
por su rostro
que ardiendo en mi poema
dispersa hermosamente
un perfume
a amado rostro desaparecido

18 mai 2017

Idiote ma poule? / ¿Idiota mi gallina?


Dans un jardin où des orangers procurent de l'ombre, un beau poulailler; une vingtaine de poules et quelques coqs.
Depuis sa prime jeunesse une des poules, libertaire et têtue, ma préférée, a décidé que le terrain qui leur est alloué est ..monotone? Toujours est-il que ses excursions sont journalières. Dernièrement, (nous faisons des travaux de rénovation dans la maison), elle s'héberge pour pondre dans un endroit charmant...


Stupides les poules? F.García Lorca semble le penser,
Voici une partie d'un récit, un peu surréaliste, écrit par lui pour des enfants.

En un jardín donde unos naranjos proporcionan sombra, un bonito gallinero; unos veinte gallinas y unos gallos.
Desde su tierna juventud una gallina, libertaria y testaruda, mi preferida, ha decidido que el terreno que les está asignado es---¿monótono? El hecho es que sus excursiones son diarias. Últimamente (hacemos unas obras de renovación de la casa), se alberga para poner su huevo en un sitio encantador...


¿Estúpidas las gallinas? F. García Lorca parece pensarlo.
Aquí una parte de un relato , algo surrealista, escrito por él para los niños.

La Gallina                      La Poule
Federico García Lorca  (Trad:Colo)
 
Había una gallina que era idiota. He dicho
idiota. Pero era más idiota todavía. Le
picaba un mosquito y salía corriendo. Le
picaba una avispa y salía corriendo.
Le picaba un murciélago y salía corriendo
.…
Il y avait une poule qui était idiote. J’ai dit
idiote. Mais elle était encore plus qu'idiote. Si la
piquait un moustique, elle partait en courant. Si la
piquait une abeille, elle partait en courant.
La piquait une chauve-souris, elle partait en courant.
------
La gallina idiota odiaba los huevos. Le
gustaban los gallos, es cierto, como les
gusta a las manos derechas de las personas
esas picaduras de las zarzas o la iniciación
del alfilerazo. Pero ella odiaba su propio
huevo. Y sin embargo no hay nada más
hermoso que un huevo.

La poule idiote détestait les œufs. Elle
aimait les coqs, c’est vrai, autant qu’aiment
les mains droites des gens ces
piqûres de ronces ou une
piqûre d’épingle. Mais elle détestait son propre
œuf. Pourtant il n’y a rien de plus
beau qu’un œuf.

Recién sacado de las espigas, todavía
caliente, es la perfección de la boca, el
párpado y el lóbulo de la oreja. La mejilla
caliente de la que acaba de morir. Es el
rostro. ¿No lo entendéis? Yo sí. Lo dicen los
cuentos japoneses, y algunas mujeres
ignorantes también lo saben.
  
À peine sorti des épis, encore
chaud, c’est la perfection de la bouche, de la
paupière et du lobe de l’oreille. C’est le
visage. Vous ne comprenez pas? Moi si. Les
contes japonais le disent, et certaines femmes
ignorantes le savent aussi.

No quiero defender la belleza enjuta del
huevo, pero ya que todo el mundo alaba la
pulcritud del espejo y la alegría de los que se
revuelcan en la hierba, bien está que yo
defienda un huevo contra una gallina idiota.
...
Je ne veux pas défendre la faible beauté de
l’œuf, mais comme tout le monde loue la
propreté du miroir et la joie de ceux qui se
roulent dans l’herbe, il est bon que je
défende un œuf contre une poule idiote.
...


27 juil. 2014

La plage / La playa



Manuel Altolaguirre (Málaga1905 - Burgos1959)

La poésie, comme toute manifestation amoureuse, est un désir et une création, et le poète, comme tout amoureux, doit regarder d'un oeil bienveillant la vie, qui est la meilleure muse et avec qui il réalisera son oeuvre.” Fin d'un amour 1949
"La poesía puede ser, como toda manifestación amorosa, un deseo y una creación, y el poeta, como todo enamorado tiene que mirar con buenos ojos a la vida, que es la mejor musa y con la que, al fin y al cabo, realizará su obra." 
 

A Federico García Lorca

PLAGE

Deux par deux les barques
comme sandales du vent
mises à sécher au soleil.

Moi et mon ombre, angle droit.
Moi et mon ombre, livre ouvert.

Couché sur le sable
comme une dépouille de la mer
un enfant endormi.

Moi et mon ombre, angle droit.
Moi et mon ombre, livre ouvert.

Et plus loin, des pêcheurs
tirant des amarres
jaunes et saumâtres.

Moi et mon ombre, angle droit.
Moi et mon ombre, livre ouvert.
(Trad: Colo)

Sorolla 1863-1923


A Federico García Lorca

PLAYA

Las barcas de dos en dos,
como sandalias del viento
puestas a secar al sol.

Yo y mi sombra, ángulo recto.
Yo y mi sombra, libro abierto.

Sobre la arena tendido
como despojo del mar
se encuentra un niño dormido.

Yo y mi sombra, ángulo recto.
Yo y mi sombra, libro abierto.


Y más allá, pescadores
tirando de las maromas
amarillas y salobres.

Yo y mi sombra, ángulo recto.
Yo y mi sombra, libro abierto.


PS: Le peintre Valencien Sorolla sera le sujet du prochain billet.