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7 nov. 2024

S'aimer en silence / Quererse en silencio

Parfois, et de plus en plus souvent, on aimerait un monde moins bruyant, voire. tonitruant. Ou l'a-t-il toujours été mais on le savait moins ? Ou encore, avec l'âge, le silence devient-il plus essentiel ?

 

                                       
                                                      Jaume Plensa  / Poesía del silencio



Silence 

A.Eloy Blanco (Venezuela 1896)


Quand tu seras muette,
quand je serai aveugle,
il nous restera les mains.

Quand tu deviendras vieille,
et quand je deviendrai vieux,
il nous restera les lèvres
et le silence.

Quand toi tu seras morte,
et moi je serai mort,
ils devront nous enterrer ensemble
et en silence;

et quand tu ressusciteras,
quand je revivrai,
nous nous aimerons à nouveau
en silence;

et quand tout finira
pour toujours dans l’univers,
ce sera un silence d’amour
le silence. 

(Trad: Colo)

 

D'autres, par contre, semblent avoir des difficultés de communication...(ajouté le 9 novembre)



                                            
David Hockney. My Parents, 1977.


 

 

Silencio Andrés Eloy Blanco


 

Cuando tú te quedes muda,
cuando yo me quede ciego
nos quedarán las manos.

Cuando tú te pongas vieja
cuando yo me ponga viejo,
nos quedarán los labios
y el silencio.

Cuando tú te quedes muerta,
cuando yo me quede muerto,
tendrán que enterrarnos juntos
y en silencio;

y cuando tú resucites,
cuando yo viva de nuevo,
nos volveremos a amar
en silencio;

y cuando todo se acabe
por siempre en el universo,
será un silencio de amor
el silencio.

 

12 avr. 2014

C'est d'ici que je t'écris / Es desde aquí que te escribo


Voici le second poème d'Estrella Gomes dont je vous ai parlé dans mon précédent billet.
Aquí el segundo poema de Etrella Gomes, os hablé de ella en mi nota anterior.

De ce coin
je traverse les mots
                            et les grillons se multiplient
à mesure que mes pas
se suicident dans l'escalier

D'ici
je découvre
que l'aube arrive lilas
à mes mains
et la montagne nous dévore
nous multipliant en son ventre

Dans ce morceau de géographie
divorcé de l'humanité
mes mains encore sentent la terre
et c'est d'ici
que je t'écris.
 (Trad: Colo)
@Marcos Molina, Mallorca




 Marcos Molina est un excellent jeune photographe Majorquin, n'hésitez pas à visiter son site, ses photos et vidéos des îles sont superbes:


Desde esta esquina
atravieso palabras
              y los grillos se multiplican
a medida que mis pasos
se suicidan en las escaleras
desde aquí
descubro
que el amanecer llega lila
a mis manos
y la montaña nos devora
multiplicándonos en su vientre
En este pedazo de geografía
divorciado de la humanidad
todavía mis manos huelen a tierra
y es
desde aquí
que te escribo.

8 avr. 2014

Je m'accroche à tes pas / Me aferro a tu pisada



C'est au Vénézuela que j'ai découvert Estrella Gomes, jeune poétesse née en 1990.
Pas un mot de trop, un beau rythme. Sa poésie m'a touchée.
Deux poèmes trouvés sur la toile, ils n'avaient pas de titre; voici le premier.


Es en Venezuela que encontré a Estrella Gomes, joven poetisa nacida en 1990.
No sobra ni una palabra, el ritmo es bonito. Su poesía me ha conmovido.
Dos poemas encontrados en la red, no tenían título; aquí va el primero.

 
Azalea Quiñones  / Venezuela




Née d'un V inversé
déchirée par le vertige en ton ventre
j'ai su connaître
le silence de chaque libellule
posée sur tes doigts
ceux-là même qui
me dessinèrent tant de visages
en saison de pluie

Parfois je m'arrête
et murmure à mon ombre,
ainsi les aubes
ne dansent pas à mon balcon

Aujourd'hui je me penche à la fenêtre
la même
où chaque jour
je me vois renaître
en un verbe jamais compris
je colore ma descente
de la nuance de tes yeux

Peut-être sèmerai-je des prières
dans le jardin
afin qu'en foulant la terre
tu te souviennes
que je m'accroche à tes pas
avec chaque cri
que tu caches en tes pieds.

(Trad: COLO)
 
Azalea Quiñones
Nacida de una V invertida
rasgada por el vértigo en tu vientre
he sabido conocer
el silencio de cada libélula
posada en tus dedos
esos mismos
me dibujaron tantos rostros
en estación de lluvia


A veces suelo detenerme
y susurrarle a mi sombra,
así los amaneceres
no bailan en mi balcón


Hoy me asomo a la ventana
por la misma
donde cada día
me veo renacida
en un verbo nunca entendido
coloreo mi descenso
en el matiz de tus ojos


Quizá siembre oraciones
en el jardín
para que al pisar la tierra
recuerdes
que me aferro a tu pisada
con cada grito
que escondes en tus pies.