Affichage des articles dont le libellé est Cuba. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cuba. Afficher tous les articles

21 févr. 2026

Jamais / Nunca

Ce poème a été écrit en 1953. 

Ou aujourd'hui. 

 Embargos successifs, dont le récent sur le pétrole; sans électricité, des habitants si pauvres, si courageux, si amoureux de leur île. 

 

                                              Unos cubanos en La Habana Vieja. (Foto: Marcel Villa)

 

Jamais je ne les abandonnerai

Virgilio Piñera  Cuba, 1912-1979


Quand mon père posa les yeux sur le monde,

il dit:

Allons faire un tour du village”.

Le village c’était les maisons,

les arbres, le linge étendu,

des hommes et des femmes chantant

et parfois se disputant.

Combien de fois ai-je regardé les étoiles.

Combien de fois, craignant son attraction inhumaine,

ai-je espéré flotter en solitaire dans l’espace

tandis qu’en bas Cuba perpétuait son bleu,

où la mort s’arrête.

 

Alors je sentais les roses,

ou, dans la soirée, la voix fausse

du chanteur qui me plongeait dans des délices célestes.

Jamais je ne les abandonnerai- disais-je à voix basse-;

même si on me clouait sur la croix,

jamais je ne les abandonnerai.

Même s’ils crachent sur moi,

je resterai parmi le peuple.

Et je crierai cet amour qui

peut crier son nom aux quatre vents,

ce que dit le peuple à chaque instant:

Ils sont en train de me tuer mais je prends du plaisir”.


Trad: Colo et merci à la correctrice. 

 

NUNCA LOS DEJARÉ

Virgilio Piñera  Cuba, 1912-1979


Cuando puso los ojos en el mundo,
dijo mi padre:
“Vamos a dar una vuelta por el pueblo”.
El pueblo eran las casas,
los árboles, la ropa tendida,
hombres y mujeres cantando
y a ratos peleándose entre sí.
Cuántas veces miré las estrellas.
Cuántas veces, temiendo su atracción inhumana,
esperé flotar solitario en los espacios
mientras abajo Cuba perpetuaba su azul,
donde la muerte se detiene.

Entonces olía las rosas,
o en la retreta, la voz desafinada
del cantante me sumía en delicias celestiales.
Nunca los dejaré —decía en voz baja—;
aunque me claven en la cruz,
nunca los dejaré.
Aunque me escupan,
me quedaré entre el pueblo.
Y gritaré con ese amor que puede
gritar su nombre hacia los cuatro vientos,
lo que el pueblo dice en cada instante:
“Me están matando pero estoy gozando”.

 

  

Virgilio Piñera fue un escritor, poeta, narrador y dramaturgo cubano. Nació el 4 de agosto de 1912 en la ciudad de Cárdenas, provincia de Matanzas (Cuba) y falleció de un infarto cardíaco el 18 de octubre de 1979 en La Habana (Cuba).

 

13 févr. 2026

Quelques notes / Unas notas

  

Jeune poète cubain, un texte insolite...sans majuscules.
Joven poeta cubana, un texto insólito...sin mayúsculas.


La mère

    ma mère s'attendrit en écoutant le xylophone. selon le dictionnaire: instrument musical de percussion, fait de planchettes de bois. le xylophone, pas ma mère. mais si ma mère le veut elle devient un instrument, elle devient musicale, elle devient percussion, elle arrache une planchette et me donne une raclée qui m'attendrit. il suffit de se le proposer comme le père de Beethoven, qui ne devait pas être si mauvais vu que son fils était si bon. le dada de Beethoven était le piano; celui de son père, l'éducation musicale. un xylophone ressemble à un piano. le xylophone, pas ma mère. mais si ma mère le veut elle devient entièrement piano et elle me laisse tomber sur les doigts le couvercle du clavier pour que je file doux, pour que je ne me remette jamais de l’attendrissement, comme le ferait le père de Beethoven: comme le fait la mère du poète.


Trad: Colo

Sergio García Zamora, nació en Cuba en 1986. Né à Cuba.Poeta de la llamada Generación Cero. Poète de la génération appelée Cero

 

 



LA MADRE


    mi madre se enternece oyendo un xilófono. según el diccionario: instrumento musical de percusión, hecho de tablillas de madera. el xilófono, no mi madre. pero si mi madre quiere se vuelve un instrumento, se vuelve musical, se vuelve de percusión, se arranca una tablilla y me da una zurra que me enternece. todo está en proponérselo como el padre de Beethoven, que no debió ser tan malo cuando el hijo fue tan bueno. lo de Beethoven era el piano; lo de su padre, la educación musical. un xilófono parece un piano. el xilófono, no mi madre. pero si mi madre quiere se vuelve toda piano y me deja caer sobre los dedos la tapa del teclado para que ande piano, para que nunca me recupere del enternecimiento, como lo haría el padre de Beethoven. o acaso mejor: como lo hace la madre del poeta.

6 oct. 2025

Accueillir, une richesse / Acoger, una riqueza


En sortant d’une première balade-visite au grand cimetière de Palma, un mot m’est venu à l’esprit: accueillir.

 


Pas seulement à cause des tombes, des statues et mausolées qui donnent la bienvenue aux morts, mais par la découverte d’un emplacement pour les tombes des musulmans (les juifs ont un cimetière à eux dans un village de l’île). 

 

Foto Ultima Hora




Ensuite la vue de ce ficus géant, qui a accueilli un palmier entre ses racines.

 



Accueillir: une personne, un animal, une plante, une idée, un goût nouveau…tout ce qui fait notre richesse, personnelle et collective. 


Enfin ce poème. Cubain. 

Hospitalité

Joaquín Lorenzo Luaces (La Havane 1826, 1867)



Ne poursuis pas, bon ami;

arrête là ton cheval,

qu’à des lieues on voit

que tu arrives épuisé.

Ils ne sont pas sûrs maintenant

les chemins, et ils sont mauvais;

et les ruisseaux sont rivières,

et les sentiers des marais.



Vous prendrez un café avec moi,

on fumera du tabac,

et ensuite je ferai mettre

votre lit dans ma chambre.



Descendez donc, je souffre

de vous voir en si piteux état,

et l’homme et la bête demandent

une nuit de repos…

Si vous êtes un étranger,

comme je le soupçonne,

ami, il se peut que vous ignoriez

les coutumes de notre terre.

Celui qui voyage sur les terres

des chasseurs cubains

n’a pas besoin d’auberge

pour à l’abri dormir.

(Trad: Colo)


 

HOSPITALIDAD

JOAQUÍN LORENZO LUACES La Habana 1826-1887

No prosiga, buen amigo;
detenga al punto el caballo,
que a la legua se conoce
que viene más que cansado.
No están seguros ahora
los caminos, y están malos;
y los arroyos son ríos,
y las veredas pantanos.


Tomará café conmigo,
fumaremos un tabaco,
y  haré que le pongan luego
el catre en mi propio cuarto.


Bájese, pues, que me duele
mirarle en tan cruel estado,
y hombre y bestia están pidiendo
una noche de descanso…
Si es usted un forastero
como sospecho hace rato,
amigo, puede que ignore
los usos de nuestros campos.
El que viaja por las tierras
de los monteros cubanos,
no necesita posada
para dormir abrigado.



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HOSPITALIDAD.* POEMA DE JOAQUÍN LORENZO LUACES

 

13 avr. 2021

L'éternel signe de la danse / El eterno signo de la danza

 

Nancy Morejón (Cuba 1944- )

Biograpie : https://www.marche-poesie.com/morejon/

Biografía: https://www.isliada.org/poetas/nancy-morejon/



Peut-être, mais peut-être pas, avez-vous lu ou entendu son poème le plus connu : Femme Noire. Fort attachée aux origines africaines des siens, elle est la voix des ancêtres qui souffrirent l’esclavage et atterrirent à Cuba ou ailleurs. Ce poème, si vous le lisez, visualise des images très fortes. Le ton y est intense et courageux.

Tal vez, o tal vez no, habéis leído o oído su poema más conocido: Mujer Negra. Muy ligada a los orígenes africanos, es la voz de sus ancestros quienes sufrieron por esclavitud. El poema visualiza imágenes muy fuertes y tiene un tono intenso y valiente. 

 

Billet modifié le 15-4-2021.

 

Femme Noire

Je continue de respirer l'écume de la mer qu'on me fit traverser.

La nuit a disparu de ma mémoire

mais l'océan lui-même ne pourrait s'en souvenir.

Pourtant je n'oublie pas le premier pélican que j'aperçus.

Les nuages, hauts, comme d'innocents témoins oculaires.

Je n'ai pas oublié, je crois, mon rivage perdu ni la langue de mes ancêtres.

 

On m'a laissée ici et c'est ici que j'ai vécu.

C'est pour avoir travaillé dur

que je suis née ici une seconde fois.

Grande fut l'épopée mandingue qu'alors je tentai d'évoquer.

 

Je me suis révoltée.

 

J'ai brodé la casaque de Mon Maître et je lui ai donné un fils,

mon fils, qui n'a jamais porté de nom.

Et Mon Maître a péri aux mains d'un respectable lord anglais.

 

Je suis partie.

 

Dans ce pays on m'a frappée, nez contre terre, à coups de fouet.

Mes rames ont fendu les eaux de toutes ses rivières.

Sous son soleil j'ai semé et j'ai récolté ce qu'on refusait à ma bouche.

Je n'avais pour maison que la bâtisse des esclaves

construite avec les pierres apportées par mes mains

sans que je cesse de chanter au rythme naturel des oiseaux.

 

Je me suis rebellée.

 

Sur cette terre j'ai palpé le sang humide

et les os pourris de tant d'autres

amenés ici, ou ailleurs, comme moi.

Je n'ai plus jamais rêvé de la route de Guinée.

Était-ce la Guinée ? Ou le Bénin ? Madagascar ? Ou le Cap-Vert ?

 

J'ai travaillé plus dur encore.

J'érigeais avec plus de foi mon chant millénaire et mon espoir.

Je préparais mon propre monde.

 

Je me suis enfuie dans les bois.

 

J'eus pour liberté le camp retranché

avant de chevaucher avec l'armée de Maceo.

Il me fallut attendre un siècle

pour qu'après de mes descendants,

du haut d'une montagne bleue

 

nommée la Sierra Maestra

 

je descende en finir avec l'argent, les usuriers,

les généraux et les bourgeois.

 

J'existe désormais : aujourd'hui pour la première fois nous possédons et nous créons.

 

Il n'est plus rien qui ne soit nôtre.

Nôtre est la terre.

Nôtre la mer, nôtre le ciel.

Nôtres, la magie, les chimères.

Mes frères, mes égaux, je vous vois danser

autour de l'arbre que nous avons planté pour le communisme.

Et dont le bois prodigue maintenant retentit.

 

 

traduction de Claude Couffon issue de son anthologie bilingue Poésie cubaine du XXe siècle (1997)


              -------------------------------------



Éloge de la danse

Nancy Morejón.


Le vent souffle

Comme un enfant

Et les airs halètent

Dans la jungle, dans la mer.

Avec le vent,

Tu souffles sur la flamme froide:

Voiles de lune, tu souffles toi

Et les fleurs et la mousse

Battent dans le vent.

Et le corps

Au fil de l’eau

Au fil du vent

Dans l’éternel signe de la danse.


(Trad: Colo)


 

                                Santiago Ríos (Costa cercana a La Habana, acuarela)

                                                   http://www.santirios.com/Espannol/ViajeCuba.html

 

Elogio de la Danza

A Leo Brouwer

El viento sopla
Como un niño
Y los aires jadean
En la selva, en el mar.
Entras y sales
Con el viento,
Soplas la llama fría:
Velos de luna soplas tú
Y las flores y el musgo
Van latiendo en el viento.
Y el cuerpo
Al filo del agua
Al filo del viento
En el eterno signo de la danza.






7 avr. 2021

Deux poèmes cubains / Dos poemas de Cuba

 

Après Lagrimas Negras, nous restons à Cuba (pour un bon moment je crois) . Aujourd’hui deux courts poèmes.

 

Roberto Branly (La Havane 1930-1980)

Réponse

(14 mars 1970)


À un jeune écrivain,

exclusivement agnostique ?


La mémoire, simplement,

dans l’obscurité,

peut être le fil d’une épée,

le nœud dans une corde, le chaos,

la propre voix comme un marteau

dans le silence;

ou, au contraire,

une étoile jeune

brillant, étonnamment,

sur le fond de la nuit.

(Trad: Colo)

 

ROBERTO BRANLY (La Havane 1930-1980)

RESPUESTA
(14 de marzo de 1970)

A un joven escritor,
¿exclusivamente agnóstico?

La memoria, simplemente,
dentro de la oscuridad,
puede ser el filo de una espada,
el nudo en una cuerda, el caos,
la propia voz como un martillo
en el silencio;
o, por el contrario,
una estrella joven
brillando, inesperadamente,
sobre el fondo de la noche.

 

Memoria Carlos Alonso (Argentina)

 

Manuel Diaz Rodriguez (Cuba 1936-)

 

Mauvais temps


Dehors il pleut trop, mais

par moments la tempête se calme,

et alors continue de ruisseler, partout

une mélancolie obstinée.


On pronostique pour les prochaines heures

des silences torrentiels

et en fin de journée

un mutisme en forme de neige.


Les précautions seraient inutiles

pour éviter les ravages du mauvais temps

nous communique le météorologue E.M. Cioran.

(Trad: Colo)

 

                                       Lluvia /Pluie , Elio Fidel Villate Lam (Cuba)

Mal tiempo


Afuera llueve demasiado, pero

por momentos amaina el temporal,

y entonces queda goteando sobre todo

una pertinaz melancolía.


Pronostican para las próximas horas

silencios torrenciales

y al final de la jornada

una mudez en forma de nieve.


Serán inútiles las precauciones

para evitar los estragos del mal tiempo,

nos comunica el meteorólogo E. M. Cioran.


 

 

31 mars 2021

Quand des larmes font une chanson / Cuando lágrimas hacen una canción

 

Nous sommes en 1929 et le musicien-compositeur et chanteur cubain Miguel Matamoros (Santiago de Cuba 1894-1971) se trouve en déplacement à Saint Domingue.

L’histoire raconte qu’un soir, dans la chambre de la pension où il séjournait, il entend des pleurs de femme dans la chambre voisine. Il pense à un deuil, puis il apprend que le mari de la dame l’a quitté la veille pour une autre.

Ceci lui aurait inspiré les paroles de la chanson “Lágrimas negras”

La liste des interprètes est très longue, mais nous allons nous centrer sur la version de Bebo y  El Cigala, extraordinaire réunion d’artistes variés.



D’abord Bebo Valdés, le connaissez-vous ?  Pianiste de jazz et compositeur cubain, lié au latin-jazz et au jazz afro-cubain.

El Cigala, né à Madrid, célèbre cantaor de flamenco, gitan, espagnol donc mais de nationalité Dominicaine depuis 2014.

Il reste le saxophoniste, magnifique, mais pas de nom fixe ai-je vu, il semble être différent à chaque concert ou enregistrement.

L’album Produit par les Espagnols Javier Limón et Fernando Trueba et la chanson d’aujourd’hui ont le même titre “Lágrimas (larmes ) negras”.


Allez, écoutez, laissez-vous emporter, regardez leur plaisir. (les paroles, qui diffèrent d’un chanteur/chanteuse à l’autre) sont plus bas. 

 


Bien que tu m'aies jeté dans l’abandon
Bien que tu aies tué mes illusions
Au lieu de te maudire d'une juste rancœur
dans mes rêves, je te couvre
dans mes rêves, je te couvre de bénédictions


Ton égarement me fait souffrir d'une peine immense
je sens la douleur profonde de ton départ
Je pleure, sans que tu saches que mes pleurs
sont des larmes noires
sont des larmes noires comme ma vie

Aïe, dans le Guadalquivir

Les gitanes lavent

les enfants sur les berges

en regardant passer les bateaux,



Eau du citronnier

Eau du citronnier

Si je te caresse la figure

Tu dois me donner un baiser


Tu veux me quitter, je ne veux pas souffrir
je pars avec toi, ma sainte même si je dois en mourir


30 juin 2018

Quitter l'enfance / Dejar la infancia


Hier sur la place du village, ils étaient partout, couraient derrière un ballon ou juste pour le plaisir, le besoin de courir.
Les enfants sont en vacances.
S’il existe multitude de poèmes sur l’enfance, voici le premier que je lis sur sa fin.

Ayer en la plaza del pueblo, estaban por todas partes, corrían tras una pelota o por el placer, la necesidad de correr.
 Los niños están de vacaciones.
Si existen multitud de poemas sobre la infancia, he aquí el primero que leo sobre su fin.


ÁNGEL RUIZ DEL ÁRBOL (La Habana, Cuba. 1956).

Toboggans

 

Je parcours les rues qui
jadis étaient des rues.
Je suis sur les places qui
avant étaient l'enfance.
Je descends, degré par degré,
par des escaliers qui avant
étaient des toboggans.


Et à la chute, je me découvre
seul au milieu de rien.
Rien qui pour les autres est tout.
Rien ne reste déjà de cela…
Et cela, qui était tout,
Maintenant c’est le rien.
Et les doutes.
(Trad: Colo)

Escaleras La Habana-Cuba


 

ÁNGEL RUIZ DEL ÁRBOL (La Habana, Cuba. 1956).



Toboganes
Transcurro en calles que
Antes eran calles.
Sucedo en plazas que
Antes eran infancia.
Desciendo, peldaño a peldaño,
Por escaleras que antes
Eran toboganes.

Y al caer me descubro
Solo en medio de la nada.
Nada que para otros es todo.
Nada queda ya de aquello…
Y aquello, que era todo,
Ahora es la nada.
Y las dudas.

3 mars 2016

Le xylophone / El xilófono


Jeune poète cubain, un texte insolite...sans majuscules.
Joven poeta cubana, un texto insólito...sin mayúsculas.


La mère

    ma mère s'attendrit en écoutant le xylophone. selon le dictionnaire: instrument musical de percussion, fait de planchettes de bois. le xylophone, pas ma mère. mais si ma mère le veut elle devient un instrument, elle devient musicale, elle devient percussion, elle arrache une planchette et me donne une raclée qui m'attendrit. il suffit de se le proposer comme le père de Beethoven, qui ne devait pas être si mauvais vu que son fils était si bon. le dada de Beethoven était le piano; celui de son père, l'éducation musicale. un xylophone ressemble à un piano. le xylophone, pas ma mère. mais si ma mère le veut elle devient entièrement piano et elle me laisse tomber sur les doigts le couvercle du clavier pour que je file doux, pour que je ne me remette jamais de l’attendrissement, comme le ferait le père de Beethoven: comme le fait la mère du poète.

Trad: Colo









Sergio García Zamora, nació en Cuba en 1986. Né à Cuba.Poeta de la llamada Generación Cero. Poète de la génération appellée Cero






LA MADRE

    mi madre se enternece oyendo un xilófono. según el diccionario: instrumento musical de percusión, hecho de tablillas de madera. el xilófono, no mi madre. pero si mi madre quiere se vuelve un instrumento, se vuelve musical, se vuelve de percusión, se arranca una tablilla y me da una zurra que me enternece. todo está en proponérselo como el padre de Beethoven, que no debió ser tan malo cuando el hijo fue tan bueno. lo de Beethoven era el piano; lo de su padre, la educación musical. un xilófono parece un piano. el xilófono, no mi madre. pero si mi madre quiere se vuelve toda piano y me deja caer sobre los dedos la tapa del teclado para que ande piano, para que nunca me recupere del enternecimiento, como lo haría el padre de Beethoven. o acaso mejor: como lo hace la madre del poeta.

31 mars 2015

Un rêve qui finit si mal / Un sueño que termina tan mal


Leonardo Padura n'a visiblement peur de rien et se lance avec brio dans des styles, des genres si différents, qu'on se demande parfois au fil de la lecture de “L'homme qui aimait les chiens” s'il est bien l'auteur des différents chapitres de ce roman!
LeonardoPadura parece no temer nada y, valiente, se lanza con talento en estilos y géneros tan diferentes que a leer “El hombre que amaba a los perros” uno se pregunta a veces si se trata del mismo autor a lo largo de los diferentes capítulos de la novela!

 

















L'immense documentation qu'il a réunie ici, le lien qu'il réussit à tisser entre la vie / l'exil de Trotski, l'évolution de son jeune meurtrier Ramón Mercader à Barcelone, la montée de Hitler et la situation à Cuba, font de ce roman une œuvre majeure.

...le roman est comme une extraordinaire fresque qui parcourt les idéologies de gauche dans ces années-là*, depuis L’union Soviétique à la guerre civile espagnole et la II Guerre Mondiale, dans une rêve dont il en resta rien, lobotomisé par une gigantesque machinerie de destruction massive et par ses propres querelles internes, combats et désirs de pouvoir. Trotskistes, communistes, marxistes, menchévistes, anarchistes...apparaissent se disputant la terre de l'utopie, incapables de mener à bon port nulle part dans le monde le rêve le plus puissant qu'un homme ait jamais pu imaginer, un rêve qui finit par être un cauchemar terrifiant.”
*période 1930-1940
source: http://revistadeletras.net/el-hombre-que-amaba-a-los-perros-de-leonardo-padura/ (trad: Colo)

La inmensa documentación aquí reunida, el lazo que consigue hilar entre la vida / el exilio de Trotski, la evolución de su joven asesino Ramón Mercader en Barcelona, el ascenso de Hitler, la situación en Cuba, hacen de esta novela una obra mayor.

La novela resulta ser un extraordinario fresco que recorre las ideologías de izquierda en aquellos años, desde la Unión Soviética  a la Guerra Civil española y la II Guerra Mundial, en un sueño que se quedó en nada, lobotomizado por una gigantesca maquinaria de destrucción masiva y por sus propias e internas inquinas, combates y deseos de poder. Trotskistas, comunistas, marxistas, menchevistas, anarquistas… aparecen disputándose la tierra de la utopía, incapaces de llevar a buen puerto en ninguna parte del mundo el sueño más poderoso que hombre alguno hubiera jamás imaginado, un sueño que acabó siendo una aterradora pesadilla.”
fuente http://revistadeletras.net/el-hombre-que-amaba-a-los-perros-de-leonardo-padura/

îles Malgrats, crépuscule
Crépuscule îles Malgrats, Mallorca. foto Colo



Il y a également un personnage fort attachant, un écrivain cubain, Yván, qui tente de garder la tête froide, d'observer tranquillement la situation. Le “Je”.
Padura nous livre de belles pages poétiques comme celle-ci:



« La densité de l’air était une caresse sur la peau et de la mer étincelante s’élevait à peine un murmure apaisant. On pouvait sentir là combien le monde, certains jours, dans des moments magiques, nous offre la trompeuse impression d’être un lieu accueillant, fait à la mesure des rêves et des plus étranges désirs de l’homme. La mémoire, pénétrée de cette atmosphère détendue, parvenait à s’égarer et à faire oublier les rancœurs et les peines.
Assis sur le sable, le dos appuyé au tronc d’un casuarina, j’allumai une cigarette et fermai les yeux. Dans une heure le soleil se coucherait, mais comme cela devenait habituel dans ma vie, je n’éprouvais aucune impatience et n’avais aucune expectative. Ou plutôt je n’avais presque rien : et presque sans le presque ! Tout ce qui m’intéressait à ce moment-là, c’était le plaisir de voir arriver le crépuscule, ce cadeau de l’instant fabuleux où le soleil s’approche de la mer argentée du golfe et dessine un sillage de feu à sa surface. Au mois de mars, avec la plage déserte, la promesse de cette vision m’apportait une sorte de sérénité, un état proche de l’équilibre qui me réconfortait et me permettait de croire encore à l’existence palpable d’un petit bonheur, fait à la mesure de mes maigres ambitions.”
Leonardo PADURA, L’homme qui aimait les chiens, Cuba, 2009
Traduit de l’Espagnol (Cuba) par René SOLIS et Elena ZAYAS, avec le concours du Centre National du Livre, 671 pages.

Un roman, long, qui m'a passionnée.

En esta novela, un escritor cubano, Yván, el “Yo” intenta mantener la cabeza fría, de observar tranquilamente la situación.
Padura nos ofrece unas preciosas páginas poéticas como esta:

El aire tenía una densidad que acariciaba la piel, y el mar, refulgente, apenas producía un murmullo adormecedor. Allí se podía sentir como el mundo, en días y momentos mágicos, nos ofrece la engañosa impresión de ser un lugar afable, hecho a la medida de los sueños y los mas extraños anhelos humanos. La memoria, imbuida por aquella atmósfera reposada, conseguía extraviarse y que se olvidaran los rencores y las penas.
Sentado en la arena, con la espalda apoyada en el tronco de una casuarina, encendí un cigarro y cerré los ojos. Faltaba una hora para que cayera el sol, pero, como ya iba siendo habitual en mi vida, yo no tenia prisas ni expectativas. Mas bien casi no tenia nada: y casi sin el casi. Lo único que me interesaba en ese momento era disfrutar del regalo de la llegada del crepúsculo, el instante fabuloso en que el sol se acerca al mar plateado del golfo y le dibuja una estela de fuego sobre la superficie. En el mes de marzo, con la playa prácticamente desierta, la promesa de aquella visión me provocaba cierto sosiego, un estado de cercanía al equilibrio que me reconfortaba y todavía me permitía pensar en la existencia palpable de una pequeña felicidad, hecha a la medida de mis también disminuidas ambiciones.”

Una novela, larga, que me ha apasionado.