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7 avr. 2021

Deux poèmes cubains / Dos poemas de Cuba

 

Après Lagrimas Negras, nous restons à Cuba (pour un bon moment je crois) . Aujourd’hui deux courts poèmes.

 

Roberto Branly (La Havane 1930-1980)

Réponse

(14 mars 1970)


À un jeune écrivain,

exclusivement agnostique ?


La mémoire, simplement,

dans l’obscurité,

peut être le fil d’une épée,

le nœud dans une corde, le chaos,

la propre voix comme un marteau

dans le silence;

ou, au contraire,

une étoile jeune

brillant, étonnamment,

sur le fond de la nuit.

(Trad: Colo)

 

ROBERTO BRANLY (La Havane 1930-1980)

RESPUESTA
(14 de marzo de 1970)

A un joven escritor,
¿exclusivamente agnóstico?

La memoria, simplemente,
dentro de la oscuridad,
puede ser el filo de una espada,
el nudo en una cuerda, el caos,
la propia voz como un martillo
en el silencio;
o, por el contrario,
una estrella joven
brillando, inesperadamente,
sobre el fondo de la noche.

 

Memoria Carlos Alonso (Argentina)

 

Manuel Diaz Rodriguez (Cuba 1936-)

 

Mauvais temps


Dehors il pleut trop, mais

par moments la tempête se calme,

et alors continue de ruisseler, partout

une mélancolie obstinée.


On pronostique pour les prochaines heures

des silences torrentiels

et en fin de journée

un mutisme en forme de neige.


Les précautions seraient inutiles

pour éviter les ravages du mauvais temps

nous communique le météorologue E.M. Cioran.

(Trad: Colo)

 

                                       Lluvia /Pluie , Elio Fidel Villate Lam (Cuba)

Mal tiempo


Afuera llueve demasiado, pero

por momentos amaina el temporal,

y entonces queda goteando sobre todo

una pertinaz melancolía.


Pronostican para las próximas horas

silencios torrenciales

y al final de la jornada

una mudez en forma de nieve.


Serán inútiles las precauciones

para evitar los estragos del mal tiempo,

nos comunica el meteorólogo E. M. Cioran.


 

 

17 mars 2021

Mémoire / Memoria

Restons au Chili.

Michaela Paredes Barraza est une jeune poète Chilienne, née à Santiago de Chile, en 1993

 

                                Álvaro Bindis, Chili,

 

Cérémonies d’intérieur

Il y a quelque chose de permanent dans la distance

entre objet et souvenir, ici ou là,

hier, aujourd’hui et demain.

Répété et différent dans la mémoire

tout reste circonscrit à ce lieu

où un jour il nous fut donné d’aimer le monde.

Perdurent ses images : l’angoisse

du rite des dimanches, les miettes du pain

et du désamour

que nous nions une fois derrière la fenêtre.


Nous changeons de ville, d’endroits,

mais là, et seulement là, nous fûmes et sommes

condamnés pour toujours à l’étreinte

au secret de la lumière qui, les nuits, nous rappelle

notre ruine originaire.

(Trad: Colo)

 

Alvaro Bindis, peintre Chilien 

 

Ceremonias de interior



Micaela Paredes Barraza (Santiago de Chile 1993)



 

Hay algo permanente en la distancia

entre objeto y recuerdo, aquí o allá,

ayer, hoy y mañana.

Repetido y diferente en la memoria

todo queda circunscrito a ese lugar

en que un día nos fue dado amar al mundo.

Perduran sus imágenes: la angustia

del rito los domingos, las migajas del pan

y el desamor

que negamos una vez tras la ventana.

 

Cambiamos de ciudad, contamos sitios,

pero allí y solo allí fuimos y somos

para siempre condenados al abrazo,

al secreto de la luz que nos recuerda por las noches

nuestra ruina originaria.