Des millions de femmes réalisent des travaux ménagers, s'occupent des
enfants, certaines avec aigreur ou frustration, d'autres avec plaisir. Voici un poème
très simple, dédié à ces dernières.
À cette femme
Circé
Maia ( Uruguay)
Un
pleur éveille cette femme:
elle
se lève, moitié endormie.
Elle
prépare un lait dans un silence
entrecoupé
de petits bruits de cuisine.
Regarde
comment son temps l’enrobe
et
en lui elle est vivante.
Ses
heures
solidement
tramées
sont
faites de fibres résistantes
comme
des réalités: pain, avoine,
linge
lavé, laine tissée.
De
chaque heure germent d’autres heures
et
toutes sont des marches
qu’elle
monte et qui retentissent.
Elle
sort et entre et bouge
et
son labeur l’illumine.
(Trad: Colo)
Jorge Jorge Blanco (Argentina)
Mujer en la cocina
A esta
mujer
poema de Circe Maia
A
esta mujer la despierta un llanto:
se levanta medio
dormida.
Prepara una leche en silencio
cortado por pequeños
ruidos de cocina.
Mira
cómo envuelve su tiempo
y en el está vida.
Sus
horas
fuertemente tramadas
están hechas de fibras
resistentes
como cosas reales: pan, avena,
ropa lavada,
lana tejida.
Cada
hora germina otras horas
y todos son peldaños
que ella
sube y resuenan.
Sale y entra y se mueve
y su hacer la
ilumina.