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13 sept. 2024

Enfin ! / ¡Por fin !

 Après un mois d'août torride, voici ce matin nuages et fraîcheur, peut-être même 

quelques gouttes de pluie, on ne peut rêver mieux.

Voici une photo du sommet du Galatzo, la montagne derrière chez nous.


Después de un mes de agosto abrasador, he aquí esta mañana nubes y frescor, tal vez 

unas gotas de lluvia, no se puede soñar nada mejor.

Aquí una foto de la cima del Galatzo, la montaña detrás de nuestra casa.




La femme et le paysage    Stefan Zweig

Jusqu'au plus loin qu'atteignait ma vue je trouvais la même attente qu'il y avait en moi, des fissures s'étaient ouvertes dans la terre qui maintenant s'élargissaient comme de petites bouches assoiffées; pore à pore elles s'ouvraient et répandaient, cherchant de la fraîcheur, le plaisir froid, bouleversant de la pluie, et moi je sentais quelque chose de pareil dans mon propre corps. 
Sans que j'en sois consciente, mes doigts se crispèrent comme si je pouvais saisir les nuages et les entraîner d'un coup vers un monde évanoui...” (Trad.Colo)

La mujer y el paisaje    Stefan Zweig

«Hasta donde alcanzaba la vista encontraba la misma expectación que había en mí, se habían abierto grietas en la tierra que ahora se ensanchaban como si fueran pequeñas bocas sedientas; poro a poro se abrían y se expandían buscando frescor, el placer frío, estremecedor de la lluvia, y yo experimentaba algo semejante en mi propio cuerpo. 
Sin que fuera consciente de ello, mis dedos se crisparon como si pudieran agarrar las nubes y arrastrarlas de una vez hasta este mundo desfallecido...»

7 févr. 2023

Contente / Contenta

        Des millions de femmes réalisent des travaux ménagers, s'occupent des

 enfants, certaines avec aigreur ou frustration, d'autres avec plaisir. Voici un poème

très simple,  dédié à ces dernières.                            


À cette femme


Circé Maia ( Uruguay)



Un pleur éveille cette femme:

elle se lève, moitié endormie.

Elle prépare un lait dans un silence

entrecoupé de petits bruits de cuisine.



Regarde comment son temps l’enrobe

et en lui elle est vivante.

Ses heures

solidement tramées

sont faites de fibres résistantes

comme des réalités: pain, avoine,

linge lavé, laine tissée.



De chaque heure germent d’autres heures

et toutes sont des marches

qu’elle monte et qui retentissent.

Elle sort et entre et bouge

et son labeur l’illumine. 

(Trad: Colo)

 

Jorge Jorge Blanco (Argentina)

Mujer en la cocina

 

A esta mujer
poema de Circe Maia

A esta mujer la despierta un llanto:
se levanta medio dormida.
Prepara una leche en silencio
cortado por pequeños ruidos de cocina.

 

Mira cómo envuelve su tiempo
y en el está vida.
Sus horas
fuertemente tramadas
están hechas de fibras resistentes
como cosas reales: pan, avena,
ropa lavada, lana tejida.

Cada hora germina otras horas
y todos son peldaños
que ella sube y resuenan.
Sale y entra y se mueve
y su hacer la
ilumina.



 

15 avr. 2012

Voix féminines / Voces femeninas


Une voix poétique marocaine, une voix musicale espagnole.
Una voz poética marroquí, una voz musical española.
Trois billets pour six voix, c'est ce que je vous propose en vous avouant que je me fais réellement plaisir ; j'espère que vous le partagerez.
Des voix de femmes, jeunes, pleines de talent, émouvantes.
Tres entradas para seis voces, es lo que os propongo, confesando que es para mi mayor placer, y esperando que lo compartáis.
Voces de mujeres, jóvenes, llenas de talento, conmovedoras.

La première, Fatiha Morchid, pédiatre, romancière, poétesse, écrit en arabe et a été traduite en plusieurs langues, dont le français et l'espagnol, mais aussi le chinois, le néerlandais, l'allemand...ce qui est amusant sur son site, c'est que les poèmes traduits diffèrent selon les langues.
Allez-y faire un tour, c'est beau et intéressant, ici.
Les poèmes que j'ai choisis sont sur son site, la traduction en français a été réalisée par Touria IKBAL.

La primera, Fatiha Morchid, pediatra, novelista, poeta escribe en árabe y ha sido traducida en varios idiomas, entre otros el chino, el holandés, alemán...lo interesante, lo podéis ver en su website, es que los poemas traducidos son distintos según los idiomas .
Los poemas elegidos están en su página web y yo los he traducido al español.


Pour que je vive

De la libido
du temps
fugace
je chaparde
un frisson

pour ne pas mourir
de sérénité

Para que yo viva
De la libido
del tiempo
fugaz
robo
un estremecimiento
Para no morir
de serenidad
(trad. Colo)

Je désire violemment
L’arrogance des doigts
Qui ramasseraient mes fragments
Du bric-à-brac du temps
Coloreraient mes paupières
De la mémoire des cendres
Et planteraient des clous
Grains de beauté
Sur l’immaculé

Deseo violentamente
La arrogancia de unos dedos
Que recogerían mis fragmentos
Del aquí y allá del tiempo
Colorearían mis párpados
De la memoria des las cenizas
Y plantarían clavos
Pecas
En lo inmaculado
(Trad: Colo)

Te voici
Chahutant l’espace
Par ton absence
Bruyante

Aquí estás
Alborotando el espacio
Por tu ausencia
Ruidosa

Et la voix? Celle de la jeune soprano Nuria Rial.
Dans Teatro d'Amore de Monteverdi, en duo avec Philippe Jaroussky, elle est sublime ! J'ai choisi la partie 2 d'un total de 6, vous trouverez les autres sur Youtube si, comme moi, vous tombez sous le charme.

¿Y la voz ? La de la joven soprano Nuria Rial.

En Teatro d'Amore de Monteverdi, a dúo con Philippe Jaroussky, es sublime ! Elegí la parte 2 de un total de 6, encontrareis las otras en Youtube si, como yo, como a mi, os atrapa el encanto.

Hélder (merci à vous) m'envoie ce lien sur un site Nuria Rial: http://www.videbis-hosting.de/Nuria/

28 juil. 2010

Naissances poétiques / Nacimientos poéticos

Sur le thème “naître” voici deux poèmes, totalement différents.
Sobre el tema « nacer » he aquí dos poemas, totalmente distintos.
Le premier est de la Paraguayenne et contemporaine Lourdes Espínola.
Peu de mots, un message clair et fort.
El primero es de la Paraguaya y contemporánea Lourdes Espínola
Pocas palabras, un mensaje claro y fuerte.

Nacer Mujer

La alternativa:
Saltar del balcón; despedazarlo.
Faldas, abanico, hilo, aguja:
me desnudo y rebelo.
¡Basta de mirar la vida
desde este balcón!
Cárcel semicircular
tímpano sordo, sorda boca
grito y digo
del solitario oficio de escribir.
Manuscrito de internas visiones
espejos de mujer abriéndose.
Nazco
rompiendo venenosos manantiales
(L. Espínola)

Naître femme

L’alternative:
Sauter du balcon; le déchiqueter.
Jupes, éventail, fil, aiguille :
je me dénude et rebelle.
Fini de regarder la vie
du balcon !
Prison semi-circulaire
tympan sourd, sourde bouche
je crie et dis
du solitaire travail d’écrire.
Manuscrit de visions internes
miroirs de femme s’ouvrant.
Je nais
brisant de venimeuses sources. (trad. Colo)
Peinture:Goya

Le second est nostalgique ; retrouver l’enfance perdue et ses douceurs est le sujet de ce poème, pas fort connu, d’Antonio Machado (1875-1939). Si vous connaissez peu et/ou mal l’homme, sa vie, ses mots, prenez le temps de lire ceci.
El segundo es nostálgico; volver a encontrar la infancia perdida y sus dulzuras es el tema de ese poema, poco conocido, de Antonio Machado.

Renacimiento

Galerías del alma... ¡El alma niña!
Su clara luz risueña;
y la pequeña historia,y la alegría de la vida nueva...
¡Ah, volver a nacer, y andar camino,
ya recobrada la perdida senda!
Y volver a sentir en nuestra mano
aquel latido de la mano buena
de nuestra madre... Y caminar en sueños
por amor de la mano que nos lleva.

En nuestras almas todo
por misteriosa mano se gobierna.
Incomprensibles, mudas,
nada sabemos de las almas nuestras.
Las más hondas palabras
del sabio nos enseñan
lo que el silbar del viento cuando sopla
o el sonar de las aguas cuando ruedan. (A. Machado)


Renaissance

Galeries de l’âme…L’âme, ma fille!
Sa claire lumière souriante;
et la petite histoire
et la joie de la vie nouvelle…
Ah, renaître et faire du chemin
le sentier perdu enfin retrouvé !
Et à nouveau sentir dans notre main
le battement de la bonne main
de notre mère…Et marcher en rêve
par amour de la main qui nous mène.

Tout dans nos âmes
par une main mystérieuse est gouverné.
Incompréhensibles, muettes,
nous ne savons rien de nos âmes.
Les plus profondes paroles
du sage nous enseignent
ce que dit le sifflement du vent quand il souffle
ou le murmure de l’eau quand elle roule.
(Trad. Colo)