Maruja
Mallo a vécu à Buenos Aires pendant pratiquement tout son exil, qui
a duré vingt-cinq ans. (Je vous rappelle que la dictature a duré 40
ans)
Installée
en Argentine, Mallo s’est rapidement intégrée aux milieux
intellectuels d’Amérique latine : elle a donné des conférences,
organisé des expositions et collaboré à la revue d’avant-garde
Sur, pour laquelle écrivait également Jorge Luis Borges.
Au
cours de ces années, elle a voyagé à travers l’Argentine,
le Chili et l’Uruguay, et a réalisé plusieurs expositions au
Brésil, à Paris et à New York. Elle a exploré les plages du
Chili, et été émerveillée par la nature exubérante des plages de
Punta del Este et Punta Ballena.
En
mars 1947, elle a voyagé à New York, où elle a rencontré et s’est
liée d’amitié avec Andy Warhol, et en 1948, son œuvre Cabeza
de Negra a remporté
le premier prix pictural de la IIe Exposition new-yorkaise.
Je
vous ai déjà raconté dans le billet précédent qu’à son retour
en Espagne, on l’avait oubliée…
Voici
un choix d’œuvres d’elle qui me plaisent.
1948
Instalada
en Argentina, Mallo se integró rápidamente en los círculos
intelectuales de América Latina: dio conferencias, organizó
exposiciones y colaboró con la revista de vanguardia Sur,
en la que también escribía Jorge Luis Borges.
Durante
esos años, viajó por Argentina, Chile y Uruguay, y realizó varias
exposiciones en Brasil, París y Nueva York. Exploró las playas de
Chile y quedó maravillada por la naturaleza exuberante de las playas
de Punta del Este y Punta Ballena.
En
marzo de 1947, viajó a Nueva York, donde conoció y entabló amistad
con Andy Warhol, y en 1948 su obra Cabeza
de Negra
obtuvo el primer premio de pintura en la II Exposición neoyorquina.
Ya les
conté en la entrada anterior que, a su regreso a España, había
sido olvidada…
Aquí
tienen una selección de sus obras que me gustan
Celle-ci m'enchante, harmonie dans le mouvement, musique !
Ida Vitale* (poète, traductrice, essayiste, professeur et critique
littéraire Uruguayenne), 93 ans, est
née à Montevideo. Fuyant la dictature, elle partitau
Mexique (1974) puis plus tard aux États Unis où elle réside
encore.
“L’exil
peut être une expérience dramatique et terrible ou une chose
merveilleuse. En ce qui me concerne j’ai beaucoup souffert
de éloignement de mes proches, j’en ai bavé, mais au
bout d’un petit moment je me suis sentie vraiment enrichie. Le Mexique
m’a donné non seulement le confort d’un monde agréable, mais
aussi l’occasion de me sentir utile par des traductions, des
cours...et quelque chose pour
laquelleje
n’arrêterai jamais de remercier
ce pays, qui est son énorme ouverture à celui qui venait
du dehors.”(Trad: Colo)
Ida
Vitale (poeta, traductora, ensayista, profesora y crítica
literaria uruguaya)
tiene 93 años y nació en Montevideo. Huyendo de la dictadura, se
fue a México (1974) y más tarde a los Estados Unidos donde
reside actualmente.
“El
exilio puede ser una experiencia dramática y terrible o una cosa
maravillosa. En mi caso me dolió mucho alejarme de mi gente, lo pasé
muy mal, pero al poco tiempo me sentí mucho más enriquecida. México
me dio no solo la comodidad de un mundo agradable, sino la
oportunidad de sentirme útil con traducciones, con clases… y eso
es algo que jamás dejaré de agradecerle a ese país, su enorme
apertura hacia el que venía de fuera”.
(Ne possédant pas ce livre, la traduction est de moi. Je suis sûre que Silvia Baron Supervielle a fait mieux!)
*Note: Ida Vitale a reçu en 2015 le prix Reina Sofía, la plus haute
distinction de la poésie ibéro-américaine qui consacre la poète
uruguayenne comme une des voix les plus importantes de la poésie de langue espagnole.
Mural de Diego Rivera "La marcha de la humanidad"
Sumas
caballo
y caballero son ya dos animales
Uno
más uno, decimos. Y pensamos:
una manzana más una manzana,
un
vaso más un vaso,
siempre cosas iguales.
Qué cambio
cuando
uno mas uno sea un puritano
más un gamelán,
un
jazmín más un árabe,
una monja y un acantilado,
un canto
y una máscara,
otra vez una guarnición y una doncella,
la
esperanza de alguien
más el sueño de otro.
"Quand la dictature a
commencé j'étais très jeune. Pour quelqu'un qui est en train de se
former, l'exil est différent que pour ceux qui doivent l'affronter à un
âge mûr. Je suis parti par voie de terre en un voyage qui dura 7
mois pour arriver au Mexique. Ce voyage m'a beaucoup appris. A mesure
que je parcourais le continent j'apprenais non seulement sa poésie,
mais son histoire, ses gens. Les odeurs, la musique, la vie des gens
m'atteignaient également." Trad:Colo
“Cuando
comenzó la dictadura yo era muy joven. Para alguien que está en
formación, el exilio es diferente al de aquellos que deben
afrontarlo en una edad de madurez. Me fui por tierra en un viaje que
duró siete meses hasta llegar a México. Ese viaje me enseñó
mucho. A medida que recorría el continente iba aprendiendo no sólo
su poesía, sino su historia, su gente. Me llegaban también los
olores, la música, la vida de la gente.” Extracto de una entrevista
del 2009 http://www.confinesdigital.com/conf22/jorge-boccanera.html
Carlos Correa, Naturaleza en silencio, Colombia
1941 Óleo
sobre lienzo1,90 x 1,90 cms-Fuente: Museo de Arte de Medellín Fco. Antonio Zea -Editor o Impresor: Banco Popular -Gestor: Jorge Cárdenas - Tulia Ramírez
Dictature, silence.
Effilochure
Le
silence est-il le gant d'une voix?
Pourrait-on
le toucher?
Nous
souviendrions-nous le silence d'un jour quelconque
étant
enfants?
Peut-être
vole-t-il à ras du sol?
Le
poète réduit au silence, accepte-t-il
volontairement
ou est-ce
le silence qui l'appelle?
Qui
ne dit mot, consent-il?
Ce
sont des réponses que je ne peux poser.*
Je
n'ai pas peur du silence,
même
quand il écrase ses ailes de poudre sur
ma
fenêtre.
L'écouter
ne fait pas peur.
J'ai
peur de le voir.
Trad:
Colo
*
Ici jeu de mots entre poser(demander) une question et la réponse.
Hilachas
Es
el silencio el guante de una voz? ¿Se podría
tocar? Recordaríamos el silencio de un día
cualquiera
cuando niños? ¿Acaso vuela al ras del suelo? El poeta que se
llama a silencio, ¿va
voluntariamente o el silencio lo llama? El que calla,
¿otorga?
Son respuestas que yo no puedo preguntar. No le
temo al silencio, aun cuando se estrelle con sus alas de polvo
en
mi ventana. No da miedo escucharlo. Tengo miedo de verlo.
À
la recherche d'un dernier poème canarien, je lis celui-ci.
Chants
de beaucoup de ports
Hier
j'ai quitté ma patrie, et rien ne fit trembler mes paupières.
Et
l'âme resta tranquille, apaisée,
attendant,
sereine, un horizon moins peuplé d'ombres...
Je
considère mon puissant effort
comme
celui de l'aigle royal qui fuirait
l'endroit
où le chasseur le poursuivait
et
va terminer son vol au loin sur un abrupt rocher
inconnu.
Et
celui-là sera son nid, et c'est là qu'elle aura ses enfants,
et
sur ce rocher hospitalier
elle
créera ses amours et sa patrie...!
La
patrie est une voix absurde des temps médiévaux.
C'est
l'état d'âme des êtres qui dicte la patrie.
La
patrie est celle qui tend la main au marcheur;
la
patrie est ce sol où l'on trouve rédemption et courage;
la
patrie est une terre, proche ou lointaine,
où
l'on sèche des larmes brûlantes
et
où elles se transforment en baisers ardents...!
“La
patrie”.
(Trad: Colo)
Mercedes
Pinto (Tenerife 1883-1976 Mexico)
Buscando un último poema Canario, leo este:
“Cantos
de muchos puertos”
“Salí ayer de mi patria, y ni un
temblor estremeció mi párpados. Y el alma permaneció
tranquila sosegada, esperando, serena, un horizonte con
menos sombras...
Yo
considero mi potente esfuerzo como el del águila caudal, que
huyese de donde el cazador le persiguiera y va a parar su
vuelo, en una roca abrupta en lejanía que nunca conociera.
¡Y
aquél será su nido, y allí tendrá sus hijos, y sobre aquella
roca hospitalaria creará sus amores y su patria...! La
patria es voz absurda de tiempos medievales. El estado del alma
de los seres dice cuál es la patria. ¡La patria es la que
tiende la mano al caminante; la patria es aquel suelo donde se
encuentra redención y aliento; la patria es una tierra, cerca o
lejana, donde se enjugan lágrimas candentes y se convierten
en ardientes besos...!” «La patria»
Mercedes
Pinto (Tenerife 1883-1976 Méjico)
Cristino de Vera (Tenerife 1931- )
Si
ce poème n'est pas trop intéressant du point de vue littéraire, le
sujet, lui, l'est.
En
tout cas le démon de la curiosité me presse : que lui est-il
arrivé? qui l'a exilée? qui était le chasseur...?
Une
enquête s'impose.
Née
à Tenerife dans une famille aisée, elle publie dès ses 14 ans des poèmes dans
des journaux et revues locaux et est appelée “la poétesse
canarienne”.
Une
étape noire de sa vie commence en 1909: elle se marie et a trois
enfants avec un homme atteint de paranoïa et qui a des comportements
violents. Ceci amènera cela.
Elle
réussit à le faire interner à Madrid où elle va habiter avec ses
enfants. Après un temps il réussit à s'en échapper mais elle
refuse de suivre à Tenerife cet “irresponsable”.
Mercedes
s'introduit dans les cercles littéraires et intellectuels. C'est une
républicaine à l'esprit progressiste qui a une conscience
féministe: un jour elle fait une conférence intitulée “ Le
divorce comme mesure hygiénique” un texte très osé dans le
contexte d'alors.
Pensez
que l'Espagne, très catholique, vit sous la dictature de Primo de
Rivera. Inutile de vous dire que ce dernier n'a pas apprécié ses
idées et il décide de l'exiler.
Prévenue
par ses amis elle prend les devants et part d'elle même en Uruguay
en 1924 . Elle y est bien accueillie et une nouvelle vie, très
active, commence pour elle et sa famille.
Voilà
donc l'explication du poème.
Mais
je découvre autre chose.
En
1926 elle publie EL, histoire de Francisco, un psychotique paranoïaque
que la jalousie obsessive pousse à harceler une femme.
Impossible
de ne pas y deviner une partie de son vécu. Ce texte a fasciné
Luís Buñuel qui en a fait un film du même nom. Il n'a pas eu de
succès à l'époque mais est un de ses chefs-d’œuvre, le film que
lui-même préférait aussi paraît-il.
J'arrête
ici mais prenez le temps de regarder le film en entier...terrible.
Parfait.
Este
poema parece poco interesante desde un punto de vista literario, otra
cosa es el asunto.
En
cualquier caso el demonio de la curiosidad me empuja: ¿qué le ha
pasado? ¿quién le ha exiliado? ¿quién era el cazador...?
Una
pesquisa se hace necesaria.
Nacida en Tenerife
en una familia acomodada, a partir de los 14 años publica poemas en
periódicos y revistas locales y la llaman la “poetisa canaria”
Una
etapa negra de su vida comienza en 1909: se casa y tiene tres hijos
con un hombre que padece de paranoia y que tiene comportamientos
violentos. Eso explica aquello.
Acaba
por hacerlo internar en Madrid donde va a vivir con sus hijos. Al
cabo de un tiempo su marido se escapa pero ella se niega a seguir a
Tenerife a ese “irresponsable”.
Mercedes
se introduce en los círculos literarios e intelectuales. Es una
republicana con un espíritu progresista que tiene una conciencia
feminista: un día da una conferencia titulada “El divorcio como
medida higiénica” un texto muy atrevido en el contexto de la
época. Hay que pensar que España, muy católica, vive bajo la
dictadura de Primo de Rivera. No hace falta decir que este ultimo no
apreció sus ideas y decide exilarla. Avisada por sus amigos toma la
delantera y se marcha a Uruguay en 1924. Fue bien acogida y una nueva
vida, muy activa, empieza para ella y su familia.
Esa
es la explicación del poema.
Pero
descubro otra cosa.
En
1926 publica EL, la historia de Francisco, un psicótico paranoico
cuyos celos obsesivos le llevan a acosar a una mujer.
Imposible
no adivinar una parte de sus vivencias. Ese texto fascinó a Luis
Buñuel a partir del cual realizo una película con ese mismo nombre.
No tuvo éxito en su tiempo pero es una de sus obras maestras y según
parece, la película que él mismo prefería.
Aquí
me paro pero tomad el tiempo de mirar la película entera...terrible.
Perfecta.
Notes: Le texte "EL" suivi de "Le divorce comme mesure hygiénique" est traduit en français. Foto: http://anuncios.ebay.es/otros-libros-revistas/vida-y-obra-de-cristino-de-vera-11840572.htm?vipv=fotos&vipn=5