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12 août 2015

Une âme douloureuse / Un alma dolorosa



Alimento - Aliment




Pilar Adón (Madrid 1971 -    )
(Son site officiel: pilaradon.co)



Yo… Lo sé. Tengo ese miserable aspecto
del que va demandando cariño por las puertas.
“Quiéreme un poco. Quiéreme un poco…”
Los ojos nostálgicos hacia el coche que se aleja
y la espalda estrecha que se detiene por última vez para decir adiós.

Moi... Je le sais. J'ai cet aspect misérable
de celui qui mendie de l'affection aux portes.
Aime-moi un peu. Aime-moi un peu...”
Les yeux nostalgiques vers la voiture qui s'éloigne
et le dos étroit qui s'arrête une dernière fois pour dire adieu.

Yo… Lo sé. Persigo la mirada comprensiva de todas las madres
y a veces las manos grandes de cada padre.
El susurro al teléfono que me diga: “todo está bien”
mientras la niña del pañuelo negro gira y gira
esperando la llegada del sosiego.
El apaciguamiento de la marea oscura que sube.
Y sube a la boca desde el alma que se creía ya aliviada
pero que no. Porque el alma, aunque se suponga el éxito sobre ella,
cuando es dolorosa y cuando tiene la tez de la angustia,
sobrevive.
Moi...Je le sais. Je poursuis le regard compréhensif de toutes les mères
et parfois les grandes mains de chaque père.
Le murmure au téléphone qui me dise: “tout va bien”
tandis que la fillette au foulard noir tourne et tourne
attendant l'arrivée du calme.
L'apaisement de la marée montante et sombre.
Et monte à la bouche depuis l'âme qui se croyait déjà soulagée
mais non. Parce que l'âme, même si on croit la ployer,
quand elle est douloureuse et quand elle a le teint de l'angoisse,
survit.
P.A Renoir, jeune fille sur un banc

Yo… Lo sé. Me estoy ahogando y no entiendo nada.
Dejé que tomara mi mano y me arrastrara hasta la orilla.
“Vas a ver un milagro”, me dijo.
Y la niña de los zapatos negros con lacito
me miraba a la cara y me mostraba sus dientes de conejito.
“Perdón. Perdón. Perdón.” Parecía suplicar. “Yo no fui. No fui yo…”
Yo… Ahora cuento las varillas azules que se insertan
en aquel jarrón transparente y me pregunto:
(uno, dos tres…)
¿Por qué lo haces?
(cuatro…)
Moi...je le sais. Je me noie et ne comprends rien.
J'ai permis qu'on me prenne la main et me traîne jusqu'au rivage.
Tu vas voir un miracle” m'a-t-il dit.
Et la fillette aux souliers noirs à bouffette
me regardait en face et me montrait ses dents de petit lapin.
Pardon. Pardon. Pardon.” Elle semblait supplier. “Ce n'était pas moi. Pas moi...”

Moi...Maintenant je compte les pailles bleues qu'on insère
dans ce vase transparent et je me demande:
(un, deux trois...)
Pourquoi le fais-tu?
(quatre...)

(Trad: Colo) 
source / fuente http://www.pilaradon.com/?p=163