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9 mai 2026

La main pense à voix haute / La mano piensa en vox alta

  

Certains d’entre vous le connaissaient, d’autres l'ont découvert la semaine dernière, voici un autre poème de ce poète Mexicain que j’apprécie, Octavio Paz.



Intérieur      Octavio Paz

Pensées en guerre
veulent briser mon front

Par des chemins d’oiseaux
avance l’écriture

La main pense à voix haute
le mot en appelle un autre

Sur la feuille où j’écris
vont et viennent les êtres que je vois

Le livre et le cahier
replient les ailes et reposent

On a déjà allumé les lampes
tel un lit, l’heure s’ouvre et se ferme

Les bas rouges et le visage clair
vous entrez toi et la nuit

(Trad.Colo)

 


 

«Interior»

Pensamientos en guerra
quieren romper mi frente

Por caminos de pájaros
avanza la escritura

La mano piensa en voz alta
una palabra llama a otra

En la hoja en que escribo
van y vienen los seres que veo

El libro y el cuaderno
repliegan las alas y reposan

Ya encendieron las lámparas
la hora se abre y cierra como un lecho

Con medias rojas y cara pálida
entran tú y la noche

Octavio Paz

3 mai 2026

Tout est espace / Todo espacio

  

Hier et toujours c’est le Mexicain Octavio Paz et ses vers qui m’ont séduite, 

emmenée danser dans l’espace ; instants magiques.

Ayer y siempre el Mejicano Octavio Paz y sus versos me han seducido, llevado a 

bailar en el espacio; instantes mágicos.

 

Puig de Sa Tudossa https://pekesmallorca.com/2022/03/02/puig-de-sa-tudossa/



 

Vent

Octavio Paz

Chantent les feuilles,
dansent les poires sur le poirier ;
tourne la rose,
rose du vent, pas du rosier.

Nuages et nuages
flottent endormis, algues de l’air ;
tout l’espace
tourne avec eux, force de personne.

Tout est espace ;
vibre la tige du coquelicot
et l’un, nu,
vole dans le vent dos de la vague.

Rien je suis,
corps qui flotte, lumière, houle ;
tout est au vent,
et le vent est de l’air toujours en voyage.


(Trad. Colo)

 

Viento

Octavio Paz


Cantan las hojas,
bailan las peras en el peral;
gira la rosa,
rosa del viento, no del rosal.


Nubes y nubes
flotan dormidas, algas del aire;
todo el espacio
gira con ellas, fuerza de nadie.


Todo es espacio;
vibra la vara de la amapola
y una desnuda
vuela en el viento lomo de ola.


Nada soy yo,
cuerpo que flota, luz, oleaje;
todo es del viento
y el viento es aire siempre de viaje.

 

 

13 juin 2024

Air et lumière /Aire y luz

                                        Destin du poète

Octavio Paz 


Mots? Oui, d'air,
et dans l'air perdus.

Laisse-moi me perdre parmi les mots,
laisse-moi être l'air sur des lèvres,
un souffle vagabond sans contours
que l'air dissipe.

Même la lumière se perd en elle-même.
 
(trad: Colo)
L'autre côté du village / El otro lado del pueblo



Destino del Poeta
Octavio Paz

¿Palabras? Sí, de aire,
y en el aire perdidas.

Déjame que me pierda entre palabras,
déjame ser el aire en unos labios,
un soplo vagabundo sin contornos
que el aire desvanece.

También la luz en sí misma se pierde.

7 mai 2022

Un arbre à musique / Un árbol de música

J'aime relire des poèmes publiés il y a longtemps, pour certains il y a si longtemps 

que je les ai oubliés ou presque ! Celui-ci m'a ré-enchantée.


 

Visites Octavio Paz

 

 

A travers la nuit urbaine de pierre et sécheresse

la campagne entre dans ma chambre.

Elle allonge des bras verts couverts de bracelets d'oiseaux,

de bracelets de feuilles.

A la main une rivière.

Le ciel de la campagne entre aussi,

avec son panier de joyaux fraîchement coupés.

Et la mer s'assied à mes côtés,

elle étend sa traîne si blanche sur le sol.

Du silence jaillit un arbre à musique.

De l'arbre pendent tous les mots superbes

qui brillent, mûrissent, tombent.

Sur mon front, grotte qu'habite un éclair...

Mais tout s'est peuplé d'ailes.

(Trad: Colo)

 

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiFd-P8hwZ7raT-iawF5R75FcbNDgS5M2vHPlwB79aFzQozB0fgakeyf0I_W0NwWoshKl5pKeio7Oke8lvnB8hIw_-EtnEJfg5ZcNUeXGF32yeYRXpNzdey1At4fqAuDD5023vRC89Rv8Y6/s1600/visitas.JPG

 

                                Photo Colo, prise par ma fenêtre

Visitas Octavio Paz

 


A través de la noche urbana de piedra y sequía
entra el campo a mi cuarto.
Alarga brazos verdes con pulseras de pájaros,
con pulseras de hojas.
Lleva un río de la mano.
El cielo del campo también entra,
con su cesta de joyas acabadas de cortar.
Y el mar se sienta junto a mí,
extendiendo su cola blanquísima en el suelo.
Del silencio brota un árbol de música.
Del árbol cuelgan todas las palabras hermosas
que brillan, maduran, caen.
En mi frente, cueva que habita un relámpago...
Pero todo se ha poblado de alas.



12 avr. 2017

Fauves dorés / Doradas fieras



Sans doute, oui sans doute un billet sur nos 17 lapins nouveaux-nés accompagné d’adorables photos aurait-il été plus approprié en ces jours de Pâques.
Mais non, c’est un poème surréaliste d’Octavio Paz qui m’a étonnée, m'a fait sourire et me demander où il avait été chercher tant de choses à dire sur...deux yeux.

Tal vez, sí tal vez una entrada sobre nuestros 17 conejitos recién nacidos , acompañada de fotos muy monas hubiera sido más apropiado en estos días de Pascua.
Pero no, es un poema surrealista de Octavio Paz que me ha sorprendido, hecho sonreír y preguntarme de dónde había sacado tantas cosas que decir sobre...dos ojos.

Octavio Paz ( Mexique 1914-1998)
 
Tes yeux 
 
Tes yeux sont la patrie
de l'éclair et de la larme,
silence disert,
tempêtes sans vent, mer sans vagues,
oiseaux prisonniers, fauves dorés endormis,
topazes impies comme la vérité,
automne dans une clairière
où la lumière chante sur l’épaule
d'un arbre, et où toutes les feuilles sont oiseaux,
plage que le matin trouve constellé d'yeux,
panier de fruits de feu,
mensonge nourricier,
miroirs de ce monde, porte de l'au delà,
pulsation tranquille de la mer à midi
absolu qui scintille,
désert.

traduction Colo (inspirée par celle d’ E. Dupas )

Silvana Canetti (Uruguay)
" Los ojos de Ariadna"


Tus ojos O. Paz
Tus ojos son la patria
del relámpago y de la lágrima,
silencio que habla,
tempestades sin viento,
mar sin olas, pájaros presos,
doradas fieras adormecidas,
topacios impíos como la verdad,
otoño en un claro del bosque
en donde la luz canta en el hombro
de un árbol y son pájaros todas las hojas,
playa que la mañana
encuentra constelada de ojos,
cesta de frutos de fuego,
mentira que alimenta,
espejos de este mundo,
puertas del más allá,
pulsación tranquila del mar a mediodía,
absoluto que parpadea, páramo.

12 oct. 2014

D'air et de lumière / De luz y de aire



Destin du poète
Octavio Paz

Mots? Oui, d'air,
et dans l'air perdus.

Laisse-moi me perdre parmi les mots,
laisse-moi être l'air sur des lèvres,
un souffle vagabond sans contours
que l'air dissipe.

Même la lumière se perd en elle-même.
(trad: Colo)
(clic pour plus de lumière, d'air...)



Destino del Poeta
Octavio Paz

¿Palabras? Sí, de aire,
y en el aire perdidas.

Déjame que me pierda entre palabras,
déjame ser el aire en unos labios,
un soplo vagabundo sin contornos
que el aire desvanece.

También la luz en sí misma se pierde.

5 oct. 2014

Des bracelets de feuilles / Pulseras de hojas




Tout comme la semaine dernière, cette semaine sera placée sous le signe “visite”. La campagne qui attend nos amis m'a fait traduire ce poème, si imagé, d'Octavio Paz.


Al igual que la semana pasada, esta semana será una de ·visitas. El campo que espera a nuestros amigos me hizo pensar en este poema tan lleno de bonitas imágenes de Octavio Paz.



Visites Octavio Paz


A travers la nuit urbaine de pierre et sécheresse
la campagne entre dans ma chambre.
Elle allonge des bras verts couverts de bracelets d'oiseaux,
de bracelets de feuilles.
A la main une rivière.
Le ciel de la campagne entre aussi,
avec son panier de joyaux fraîchement coupés.
Et la mer s'assied à mes côtés,
elle étend sa traîne si blanche sur le sol.
Du silence jaillit un arbre à musique.
De l'arbre pendent tous les mots superbes
qui brillent, mûrissent, tombent.
Sur mon front, grotte qu'habite un éclair...
Mais tout s'est peuplé d'ailes.
(Trad: Colo)

                                Photo Colo

Visitas Octavio Paz



A través de la noche urbana de piedra y sequía
entra el campo a mi cuarto.
Alarga brazos verdes con pulseras de pájaros,
con pulseras de hojas.
Lleva un río de la mano.
El cielo del campo también entra,
con su cesta de joyas acabadas de cortar.
Y el mar se sienta junto a mí,
extendiendo su cola blanquísima en el suelo.
Del silencio brota un árbol de música.
Del árbol cuelgan todas las palabras hermosas
que brillan, maduran, caen.
En mi frente, cueva que habita un relámpago...
Pero todo se ha poblado de alas.



23 févr. 2012

Le fleuve de la musique/ O.Paz III / El río de la música

Deux semaines qu'on ne se quitte plus ; jours et nuits ses vers, ses mots occupent mon esprit, mes yeux s'attachent au rythme de ses poèmes. Je l'ai laissé m'envahir pour mieux le traduire.

Puis il faut choisir, ne pas vous submerger sous trop de couches, souvent transparentes il est vrai, mais tout lasse...

Voici donc le troisième et dernier billet (pour le moment!) : des mots d'Octavio Paz (1914-1998), Prix Nobel en 1990

Hace dos semanas que convivimos ; días y noches sus versos, sus palabras ocupan mi mente, mis ojos se fijan en el ritmo de sus poemas. Le dejé invadirme para traducirle mejor.

Ahora se trata de elegir, no sumergiros bajo demasiadas capas, a menudo transparentes es cierto, pero todo cansa....

Aquí va el tercer y último post (¡por el momento!): palabras de Octavio Paz (1914-1998). Premio Nobel 1990.


Concert dans le jardin

Il a plu.
L'heure est un œil immense.
En elle nous marchons comme des reflets.
Le fleuve de la musique
entre dans mon sang.
Si je dis: corps, il répond: vent.
Si je dis: terre, il répond: où?

Fleur double, le monde s'ouvre:
tristesse d'être venu,
joie d'être ici.

Je suis perdu en mon propre centre.

(Trad:Colo)

Fatima el Hajj "Les jardins de l'âme"

CONCIERTO EN EL JARDIN

Octavio Paz

Llovió.

La hora es un ojo inmenso.

En ella andamos como reflejos.

El río de la música

entra en mi sangre.

Si digo: cuerpo, contesta: viento.

Si digo: tierra, contesta: ¿dónde?


Se abre, flor doble, el mundo:

tristeza de haber venido,

alegría de estar aquí


Ando perdido en mi propio centro.

Merci à Autourdupuits qui m'a envoyé le lien suivant, écoutez c'est fort beau: d'Octavio Paz.

21 févr. 2012

Heure sensuelle, Octavio Paz II / Hora sensual

Dans un style fort différent, ce poème court et peu connu d'Octavio Paz.

En un estilo muy diferente, ese poema corto y poco conocido de Octavio Paz.


L'heure est transparente

L’heure est transparente :

voyons, si est invisible l'oiseau,

la couleur de son chant.


Mes yeux te découvrent

nue

et te couvrent

d'une chaude pluie

de regards.


Descend

nue


la lune

par le puits


la femme

par mes yeux.

(Trad. Colo)

La hora es transparente


La hora es transparente:
vemos, si es invisible el pájaro,

el color de su canto.

Mis ojos te descubren
desnuda
y te cubren
con una lluvia cálida
de miradas

Baja

desnuda

la luna
por el pozo

la mujer
por mis ojos


Illutration: William Degouve de Nuncques, The Angels of the Night, 1894

17 févr. 2012

Quand les mots s'ouvrent / Cuando las palabras se abren

Quel lien existait-il entre le poète mexicain Octavio Paz et le linguiste Roman Jakobson? J'ignore s'ils se connaissaient personnellement, mais ce qui est sûr c'est qu'à la mort du russe, le poète écrivit ce poème-hommage.

Un poème sur la poésie qui « sème des yeux sur les pages ».

¿Qué lazo existía entre el poeta mejicano Octavio Paz y el linguista Roman Jakobson ? Ignoro si se conocían personalmente, pero lo seguro es que, a la muerte del ruso, el poeta escribió ese poema-homenaje.

Un poema sobre la poesía que « siembra ojos en las páginas ».

Dire Faire Octavio Paz


Entre ce que je vois et dis,

Entre ce que je dis et tais,

Entre ce que je tais et rêve,

Entre ce que je rêve et oublie

La poésie.

Se glisse entre le oui et le non :

elle dit

ce que je tais,

elle rêve

ce que j'oublie.

Ce n'est pas un dire :

c'est un faire.

C'est un faire

qui est un dire.

La poésie se dit et s'entend :

elle est réelle.

Et à peine je dis

elle est réelle

qu'elle se dissipe.

Plus réelle ainsi ?

Idée palpable,

mot

impalpable :

la poésie

va et vient

entre ce qui est

et ce qui n'est pas.

Elle tisse des reflets

et les détisse.

La poésie

sème des yeux sur les pages.

Les yeux parlent

les mots regardent

les regards pensent.

Entendre

les pensées

voir ce que nous disons

toucher

le corps

de l'idée.

Les yeux

se ferment

Les mots s'ouvrent.

(Trad: Colo)

Decir, Hacer de Octavio Paz


A Roman Jakobson

Entre lo que veo y digo,
Entre lo que digo y callo,
Entre lo que callo y sueño,
Entre lo que sueño y olvido
La poesía.
Se desliza entre el sí y el no:
dice
lo que callo,
calla
lo que digo,
sueña
lo que olvido.

No es un decir:
es un hacer.
Es un hacer
que es un decir.
La poesía
se dice y se oye:
es real.

Y apenas digo
es real,
se disipa.
¿Así es más real?
Idea palpable,
palabra
impalpable:
la poesía
va y viene
entre lo que es
y lo que no es.

Teje reflejos
y los desteje.
La poesía
siembra ojos en las páginas
siembra palabras en los ojos.
Los ojos hablan
las palabras miran,
las miradas piensan.

Oír
los pensamientos,
ver
lo que decimos
tocar
el cuerpo
de la idea.
Los ojos
se cierran
Las palabras se abren.

Pour en savoir plus sur Octavio Paz et ses publications en français : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2005/02/almanach_potiqu_6.html

Image batik : http://tierradegenistas.blog.com.es/






8 nov. 2011

Je suis une pause / Soy una pausa

Entre partir et rester

Entre partir et rester doute le jour,
amoureux de sa transparence.
...

Tout est visible et tout est évasif,
tout est près et tout est intouchable.

Les papiers, le livre, le verre, le crayon
reposent à l'ombre de leurs noms.
...

L’instant se dissipe. Sans bouger,
je reste et je pars: je suis une pause.
(Trad. Colo)

Octavio Paz.

(Clic pour agrandir)

Entre irse y quedarse

Entre irse y quedarese duda el día,
enamorado de su transparencia.
...

Todo es visible y todo es elusivo,

todo está cerca y todo es intocable.


Los papeles, el libro, el vaso, el lápiz

reposan a la sombra de sus nombres.
...

Se disipa el instante. Sin moverme,
yo me quedo y me voy: soy una pausa.

Octavio Paz.

Faire une pause, m'envoler pour quelques jours;
quand on vit sur une île, tout déplacement est un voyage.
Je vous retrouverai vers la fin du mois et " vous souhaite le meilleur", comme on dit en espagnol.
Tomar una pausa, coger el vuelo por unos días;
cuando se vive en una isla, cada desplazamiento es un viaje.
Nos volveremos a encontrar a final de mes, os deseo lo mejor.


Photo: OM, merci!

6 avr. 2011

Rencontre de vents / Encuentro de vientos


“Toda cultura nace de la mezcla, del encuentro, de los choques. Por el contrario, a raíz del aislamiento mueren las civilizaciones” Octavio Paz

"Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. À l'inverse, c'est de l'isolement que meurent les civilisations" Octavio Paz


(Photo Colo et illuminée par JEA, mille mercis! Cliquez pour agrandir)


Hier et toujours c’est le Mexicain Octavio Paz et ses vers qui m’ont séduite, emmenée danser dans l’espace ; instants magiques.

Ayer y siempre el Mejicano Octavio Paz y sus versos me han seducido, llevado a bailar en el espacio; instantes mágicos.

Viento Octavio Paz

Cantan las hojas,
bailan las peras en el peral;
gira la rosa,
rosa del viento, no del rosal.

Nubes y nubes
flotan dormidas, algas del aire;
todo el espacio
gira con ellas, fuerza de nadie.

Todo es espacio;
vibra la vara de la amapola
y una desnuda
vuela en el viento lomo de ola.

Nada soy yo,
cuerpo que flota, luz, oleaje;
todo es del viento
y el viento es aire siempre de viaje.

Vent

Chantent les feuilles,
dansent les poires sur le poirier ;
tourne la rose,
rose du vent, pas du rosier.

Nuages et nuages
flottent endormis, algues de l’air ;
tout l’espace
tourne avec eux, force de personne.

Tout est espace ;
vibre la tige du coquelicot
et l’un, nu,
vole dans le vent dos de la vague.

Rien je suis,
corps qui flotte, lumière, houle ;
tout est au vent,
et le vent est de l’air toujours en voyage.
(Trad. Colo)

Extrait d’une interview d’Octavio Paz datant du 2 septembre 1992 dans le journal belge Le Soir.

- De quelle époque datent vos premiers poèmes?


- J'inventais des poèmes quand j'étais enfant mais je ne les écrivais pas de manière délibérée: des imitations, c'est normal! Aristote dit que l'homme est surtout l'animal capable d'imiter. C'est ce qui nous permet d'apprendre, et la création commence comme un pastiche: il faut l'accepter ainsi, même chez Mozart.
Après vient la transgression.
Et l'amour de la transgression. Ce «passage à travers» n'a pas la même importance pour tout le monde, peut-être pas pour moi, alors qu'elle en a eu tant pour les surréalistes. J'aimais beaucoup la transgression sur le plan moral, philosophique, politique, ce qu'on appelle la subversion, mais, au point de vue littéraire, je suis plus attaché à une idée de perfection, au sens de rendre perfectible.

Les amis de Breton aimaient la poésie dans une sorte de spontanéité alors que, moi, je crois que la poésie doit pouvoir résister à l'érosion du temps, qu'elle doit se couler dans la forme d'un poème.

José Cuneo (pintor paraguayo) Suburbios.


Extracto de una entrevista a Octavio Paz del 2 de septiembre 1992 en el periódico belga Le Soir.

¿De qué época datan sus primeros poemas?

Inventaba poemas cuando era niño, pero no los escribía de forma deliberada: imitaciones, ¡es normal! Aristóteles dice que el hombre es sobre todo capaz de imitar. Es lo que nos permite aprender, y la creación empieza como un plagio, hay que aceptarlo así, incluso con Mozart.

Luego viene la trasgresión.

Y el amor de la trasgresión. Ese “tránsito” no tiene la misma importancia para todo el mundo, tal vez no para mí, y sin embargo tanta para los surrealistas. Me gustaba mucho la trasgresión en el plano moral, filosófico, político, lo que se llama la subversión, pero, desde el punto de vista literario, estoy más ligado a una idea de perfección, en el sentido de volverse perfectible.

A los amigos de André Breton les gustaba la poesía como un tipo de espontaneidad mientras que, yo, creo que la poesía debe poder resistir a la erosión del tiempo, que debe moldearse en la forma de un poema. (Trad. Colo)