Affichage des articles dont le libellé est Juana de Ibarbourou. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Juana de Ibarbourou. Afficher tous les articles

17 déc. 2023

Un tableau, un poème II / Un cuadro, un poema II

 

                           

                              La cuna (1969), de Carmen Laffón* (Le berceau)

 

Le berceau Juana de Ibarbourou 1892 - 1979, Uruguay

 

Si je savais de quelle forêt vint

L’arbre vigoureux qui donna le cèdre

Pour façonner le berceau de mon fils…

Je voudrais bénir son nom exotique.

Je voudrais deviner sous quel ciel,

Sous quelle brise il grandit lentement

L’arbre qui naquit avec pour destin

D’être un lit si minuscule et pur.

(...)

 

Parfois pendant que dort le tout petit

Je me mets à forger de belles histoires:

Qui sait si sous sa cime cuivrée

Mère venait allaiter son enfant

Tous les soirs, à l’heure

Où ce cèdre, buffet de nids,

S’emplissait d’oiseaux ensommeillés,

De musique de gazouillements et de berceuses.

 
(...)

Arbre immense, tu t’es fait humble

Pour bercer un enfant entre tes planches.

Tu abriteras les enfants de mes enfants

Toute ma race dormira dans tes bras.

                                                  Trad: Colo


* Carmen Laffón,  1934 -,  Espagne, Séville, peintre et sculptrice, elle a vécu de la vente de portraits mais peignait de superbes paysages, surtout dans le parc naturel de Doñana. Elle a, entre autres, peint une série de tableaux, Las Salinas...allez voir!



LA CUNA Juana de Ibarbourou 1892, 1979, Uruguay

Si yo supiera de qué selva vino
El árbol vigoroso que dio el cedro
Para tornear la cuna de mi hijo…
Quisiera bendecir su nombre exótico.
Quisiera adivinar bajo qué cielo,
Bajo qué brisa fue creciendo lento
El árbol que nació con el destino
De ser tan puro y diminuto lecho.

(...)



A veces mientras duerme el pequeñuelo
Yo me doy a forjar bellas historias:
Tal vez bajo su copa cobriza
Madre venía a amamantar su niño
Todas las tardecitas, a la hora
En que este cedro aparador de nidos
Se llenaba de pájaros con sueño,
De música de arrullos y de píos.

 (...)


Árbol inmenso, que te hiciste humilde
Para acunar a un niño entre tus gajos:
¡Has de mecer los hijos de mis hijos!
¡Toda mi raza dormirá en tus brazos.


 


11 mars 2014

Des dahlias frais / Dalias frescas



Juana de Ibarbourou (1889-1979). Uruguay

Une des voix les plus personnelles de la lyrique hispanoaméricaine du début de XXº siècle; la poétesse sans doute la plus connue dans cette partie du monde. 
Una de las voces más personales de la lírica hispanoamericana de principios del siglo XX; la poetisa tal vez más conocida en esta parte del mundo.
J'ai choisi deux poèmes, sensuels, entre rires et larmes.
Elegí dos poemas, sensuales, entre lágrimas y risas. 
 

















L'heure

Prends-moi maintenant qu'il est encore tôt
Et que je porte des dahlias frais à la main.
Prends-moi maintenant qu'est encore sombre
Cette taciturne chevelure qui est mienne.
Maintenant, que j'ai la chair odorante.
Et les yeux clairs et la peau rose.
Maintenant que mon pied léger chausse
La sandale vive du printemps.
Maintenant, que sur mes lèvres carillonne le rire
Comme une cloche à toute volée secouée.
Après....ah, je sais
Que rien de cela après je n'aurai! 
(Trad: Colo) 

Julio Alpuy Uruguay


La hora.
Tómame ahora que aún es temprano
Y que llevo dalias nuevas en la mano.
Tómame ahora que aún es sombría
Esta taciturna cabellera mía.
Ahora, que tengo la carne olorosa.
Y los ojos limpios y la piel de rosa.
Ahora que calza mi planta ligera
La sandalia viva de la primavera.
Ahora, que en mis labios repica la risa
Como una campana sacudida a prisa.
Después...¡ah, yo sé
Que ya nada de eso más tarde tendré!


 
Dépit



Ah, que je suis fatiguée! J'ai tant ri,

tant, que des larmes ont jailli de mes yeux;

tant, que ce rictus qui fige ma bouche

est une étrange trace de mon fou rire.



Tant, que mon intense pâleur

(comme dans les portraits de haute lignée)

est dûe à la fatigue du fou rire

qui en moi infiltre sa somnolence.



Ah, que je suis fatiguée! Laisse-moi dormir;

car, tout comme l'angoisse, la joie blesse.

Quand m'as-tu vue plus gaie que maintenant?



Mensonge! Je n'ai ni doutes, ni envies,

Ni inquiétudes, ni angoisses, ni peines, ni souhaits,

Si brille dans mes yeux l'humidité des pleurs,

c'est l'effort de tant rire ...


(trad: Colo)

Julio Alpuy (Uruguay) Adan y Eva

DESPECHO

¡Ah, qué estoy cansada! Me he reído tanto,
tanto, que a mis ojos ha asomado el llanto;
tanto, que este rictus que contrae mi boca
es un rastro extraño de mi risa loca.

Tanto, que esta intensa palidez que tengo
(como en los retratos de viejo abolengo)
es por la fatiga de la loca risa
que en todo mi cuerpo su sopor desliza.

¡Ah, qué estoy cansada! Déjame que duerma;
pues, como la angustia, la alegría enferma.
¡Qué rara ocurrencia decir que estoy triste!
¿Cuándo más alegre que ahora me viste?

¡Mentira! No tengo ni dudas, ni celos,
Ni inquietud, ni angustias, ni penas, ni anhelos,
Si brilla en mis ojos la humedad del llanto,
es por el esfuerzo de reírme tanto..
.