Cette courte biographie d'Oscar Campos vous aidera à comprendre le poème, je crois.
Oscar Campos est né à Valparaíso en 1955 et est fils de pêcheur. Durant ses années universitaires, le pays a traversé des ruptures, des changements complexes et des traumatismes. Dans ce contexte, il a choisi de brûler sa bibliothèque naissante ainsi que ses premiers écrits. Il a étudié l’ingénierie commerciale et a exercé professionnellement en tant qu’auditeur-comptable. Il est titulaire d’un Master en administration. Son parcours ressemble à l’itinéraire d’un train : de temps à autre, il descend dans une gare, comme tout le monde, à ceci près qu’il écrit, respire et évite la claustrophobie…
Une feuille verte
Oscar Campos
Une feuille verte
tombe sur un livre,
la branche ne l’a pas lâchée,
mais l’habitant
a oublié d’écouter les saisons.
Le livre ouvert,
ne la reconnaît pas,
il ne parle que de formules.
Ce n’est pas l’automne, sa chute,
elle semble être l’erreur d’un code
qui ne comprenait pas les arbres.
La pensée cherche les codes exacts,
saute entre des formules.
Sa frénésie l’éloigne de la chair.
.Peut-être la feuille
était-elle plus proche de la réalité
que cette architecture parfaite.
(...)
Ainsi la pensée,
qui ne touche pas l’âme
se convertit en un piège,
et arrête simplement de fleurir.
Une feuille verte,
cherche la vie,
tombe sur un livre de poésie...
(Trad: Colo)
Oscar Campos nace en Valparaíso y es hijo de pescador. En su época de universitario el país experimenta quiebres, cambios complejos y traumas, y en este contexto, opta por quemar su incipiente biblioteca y escritos. Estudió ingeniería comercial y en su vida profesional se desempeña como contador auditor. Posee un Master en administración. Su camino se parece al itinerario de un tren, de vez en cuando desciende en alguna estación, como todos, solo que escribe, respira, y evita la claustrofobia....
Una Hoja verde
Oscar Campos
Una hoja verde
cae sobre un libro,
no porque la rama la soltara,
sino porque el habitante
olvidó escuchar las estaciones.
El libro abierto,
no la reconoce,
habla solo de fórmulas.
No es otoño, su caída,
parece un error de un código
que no entendía de árboles.
El pensamiento busca los códigos exactos,
salta entre formulas.
Su frenesí lo aleja de la carne.
Quizás, la hoja
estaba mas cerca de la realidad
que esa arquitectura perfecta.
(...)
Así el pensamiento,
que no toca el alma
se convierte en una trampa,
simplemente deja de florecer.
Una hoja verde,
busca la vida,
cae en un libro de poesía…

Lisons sous l'arbre, des formules, récits, romans ou de la poésie. Et laissons la feuille à l'arbre.
RépondreSupprimerFeuille de papier, fille de l'arbre...complicité ?
SupprimerJe découvre grâce à toi ce poète que je ne connaissais pas. La poésie semble être pour lui une parenthèse au milieu d'une vie plutôt bien réglée par son métier. L'image du train qui fait des arrêts en gare me plait. Ce que j'aime dans ce poème c'est ce qu'il dit sur les idées... "la pensée qui ne touche pas l'âme...arrête simplement de fleurir". C'est bien vrai, nous en avons des milliers qui tous les jours nous traversent l'esprit et qu'on laisse passer parce que ce n'est pas le bon moment pour nous, de nous y arrêter. Merci pour cette nouvelle traduction. Belle journée.
RépondreSupprimerIl aurait voulu n'être que poète, mais les circonstance politiques et autres...
SupprimerMerci à toi, Manou, bonne journée !
Coup de coeur pour cette "feuille verte" venue rejoindre la vraie vie, celle qui touche "l'âme" et ne se contente pas de sauter "entre des formules" de "la pensée", qui oublie "la chair"
RépondreSupprimerMerci pour la découverte, Colo, grâce à ta traduction, comme toujours !
Un petit souffle de fraîcheur en Alsace ! Ouf !
Bises
Les algorithmes, chiffres et statistiques dont on nous abreuve sont si éloignés de l'humain !
SupprimerJ'ai été contente de trouver et traduire ce poème !
Merci; Fifi, moins chaud ici aussi, un régal. Un beso
"Ainsi la pensée,
RépondreSupprimerqui ne touche pas l’âme
se convertit en un piège,
et arrête simplement de fleurir."
Que c'est juste et beau !
Ces vers me font penser à ce que disait Edgar Morin, revu à LGL hier, sur le calcul qui ne dit rien de l'humain.
C'est exactement ça, oui, E. Morin toujours si proche de ses semblables humains.
SupprimerUn beau et profond poème, contente que tu l'aies apprécié.
La sève poétique au plus haut ! Merci.
RépondreSupprimerJoli, la sève !
SupprimerC'est si bien dit tout cela, l'image est parfaite, continuer à fleurir est si beau et si important. Merci dame Colo, encore un cadeau. Bises dominicales. brigitte
RépondreSupprimerJe te souhaite des pensées fleurissantes, chère Brigitte, bonne journée, un beso.
SupprimerSi la feuille est tombée sur le livre, c'est que le livre était sous l'arbre. La rencontre de la feuille est du livre donne ce beau poème. Merci pour la découverte. Bonne journée, bises.
RépondreSupprimerAvec plaisir chère Élisabeth, ces rencontres de feuilles est si joliment exprimé, oui. Bonne journée, un beso
Supprimer"La pensée qui ne touche pas l'âme...arrête simplement de fleurir".... Elle devrait être comme cette feuille qui tombe sur le livre, le poète la regarde et la fait refleurir en poème...
RépondreSupprimerJoliment dit, Marie.
SupprimerMerci, bonne journée.