25 nov. 2010

Pur désir / Puro deseo

Le poème est l’amour réalisé du désir demeuré désir.

René Char (Fureur et mystère)

El poema es el amor realizado del deseo que permanece deseo.

Qu’ajouter? Mon billet de cette semaine est le résultat de plusieurs jours d’immersion, délicieuse, dans la poésie de René Char et de Pablo Neruda. Et de traductions. Oh, même si j’y ai beaucoup travaillé, elles ne sont pas parfaites et j’accepte volontiers toute suggestion de votre part.

¿Qué podría añadir? Mi nota de esta semana es el resultado de varios días de deliciosa inmersión en la poesía de René Char y de Pablo Neruda. Y de traducciones. ¡Oh!, aunque trabajé mucho, no son perfectas y acepto con mucho gusto cualquier sugerencia.

Le noeud noir René Char (Chant de la Balandrane 1977)

Je me redis, Beauté,
ce que je sais déjà,
Beauté mâchurée d’excréments, de brisures.
Tu es mon amoureuse,
je suis ton désirant.
Le pain que nous cuisons
dans les nuits avenantes,
tel un vieux roi s’avance
en ouvrant ses deux bras.

Allons de toutes parts,
le rire dans nos mains,
jamais isolément.
Corbeille aux coins tortus,
nous offrons tes ressources.
Nous avons du marteau
la langue aventureuse.
Nous sommes des croyants
pour chemins muletiers.

Moins la clarté se courbe
plus le roseau se troue
sous les doigts pressentis.
(illustration: Le noeud noir, Seurat)

El nudo negro René Char (Chant de la Balandrane 1977)

Me repito, Belleza,
lo que ya sé,
Belleza tiznada
de excrementos, hecha trizas.
Eres mi enamorada,
soy tu suspirante.
El pan que cocemos
en las acogedoras noches,
cual rey anciano se adelanta
abiertos los dos brazos.

Vámonos por todas partes,
con la risa en las manos,
nunca separados.
Cesta con picos tuertos,
ofrecemos tus recursos.
Tenemos del martillo
la lengua aventurera.
Somos creyentes
para caminos muleros.

Cuanto menos se dobla la claridad,
más se ahueca la caña
bajo los dedos presentidos. (trad. Colo)

(ilustración: el enigma del deseo, Salvador Dali)

Déjame sueltas las manos Pablo Neruda

Déjame sueltas las manos
y el corazón, déjame libre!
Deja que mis dedos corran
por los caminos de tu cuerpo.
La pasión – sangre, fuego, besos
- me incendia a llamaradas trémulas.
Ay, tú no sabes lo que es esto!

Es la tempestad de mis sentidos
doblegando la selva sensible de mis nervios.
Es la carne que grita con sus ardientes lenguas!
Es el incendio!
Y estás aquí, mujer, como un madero intacto
ahora que vuela toda mi vida hecha cenizas
hacia tu cuerpo lleno, como la noche, de astros!


Déjame libre las manos
y el corazón, déjame libre!
Yo sólo te deseo, yo sólo te deseo!
No es amor, es deseo que se agosta y se extingue,
es precipitación de furias,
acercamiento de lo imposible,
pero estás tú,
estás para dármelo todo,
y a darme lo que tienes a la tierra viniste-
como yo para contenerte,
y desearte,y recibirte!



Laisse mes mains dénouées Pablo Neruda


Laisse mes mains dénouées
et le cœur, laisse-moi libre!
Laisse courir mes doigts
sur les chemins de ton corps.
La passion – sang, feu, baisers –
m’incendie de flammes tremblantes.
Aïe, tu ignores ce que c’est!

C’est la tempête de mes sens
gagnant la jungle sensible de mes nerfs.
C’est la chair qui crie de ses langues ardentes!
C’est l’incendie!
Tu es ici, femme, comme une bûche intacte
maintenant que toute ma vie faite cendres vole
vers ton corps plein d’astres, comme la nuit!

Laisse mes mains dénouées
et le cœur , laisse-moi libre!
Je ne fais que te désirer,
je ne fais que te désirer!
Ce n’est pas de l’amour, c’est du désir qui se flétrit et s’éteint,
pagaille de furies,
approche de l’impossible,
mais tu es là,
là pour tout me donner
et pour tout me donner tu es venue sur terre–
comme moi pour te contenir,
et te désirer,
et te recevoir!

(Trad. Colo)


18 nov. 2010

Ennuyeux le gris? ¿Aburrido el gris?

Il n’est pas facile d’avouer son attirance pour le gris, il a mauvaise réputation : ennui, manque de caractère, mauvaise mine...Mais il me plaît depuis ma jeunesse ; je me souviens que toujours je voulais que les pulls que me tricotait ma mère soient de cette couleur.

No resulta fácil confesar su gusto por el gris, tiene mala fama: aburrimiento, falta de carácter, mala cara…Pero me agrada desde mi juventud; me acuerdo que siempre quería que los jerséis que mi madre tejía fueran de ese color.

Le gris, s’il n’est pas une couleur, est une « valeur d’intensité lumineuse dont la perception par l’oeil humain se situe entre le blanc et le noir » (Wikipedia) qui possède une variété infinie de nuances. Voilà bien tout son intérêt !

El gris, si bien no es un color, es un “valor de intensidad luminosa cuya percepción por el ojo humano se sitúa entre el blanco y el negro” (Wikipedia) que tiene una variedad infinita de facetas. ¡De ahí todo su interés!

« Quelle est la couleur de la France? Non pas la couleur politique - je la connais - mais sa vraie couleur? le gris… C’est beau le gris. Mais il existe une multitude de gris. Gris des toits de Paris, le gris historique de la guerre, le gris lavande de la Provence. Les gens qui n’aiment pas le gris sont des imbéciles…” F. Mitterrand (Le promeneur du Champ de Mars-film)

“¿Cuál es el color de Francia? No hablo del color político – lo conozco – sino de su verdadero color. El gris… El gris es bonito. Pero existen multitudes de grises. Gris de los tejados de París, el gris histórico de las guerras, el gris lavanda de la Provenza. No son muy listos los que no aprecian el gris”. F. Mitterrand. (película- Le promeneur du Champ de Mars )

Tristes ou monotones la femme-fleur de Picasso ou ce ciel gris?

Mirad la mujer-flor de Picasso, esta foto de un cielo gris. ¿Son acaso tristes? ¿Monótonos?

On remarque souvent en peinture que le gris sert de fond, il donne du relief aux autres couleurs. La couleur que Cézanne choisit pour les murs de son atelier est un gris qu'il a conçu à base de noir, de blanc, d'ocres et de bleus. Il disait : « On n'est pas un peintre tant qu'on n'a pas fait un gris ». Et ce gris, il l'avait observé en plein air, lorsqu'il allait peindre ses paysages. Il avait constaté que pour qu'une séance de peinture soit bonne, il fallait que le ciel soit gris clair.

Con frecuencia vemos en pintura que el gris sirve de trasfondo, pone de relieve los otros colores. El color que Cézanne escoge para las paredes de su taller es un gris elaborado a partir del negro, el blanco, ocre y azul. Cézanne decía:”No se es pintor mientras no se ha hecho un gris”. Y este gris, lo había observado al aire libre, pintando paisajes. Había constatado que hacía falta que el cielo sea gris claro para que una sesión de pintura fuera buena.

Enfin, en navigant entre le noir et le blanc, le gris permet à la pensée d’éviter le manichéisme et laisse place au doute, à la subtilité. Comme dit Michel Pastoureau dans « Le petit livre des couleurs » (un beau cadeau à faire), « Pour nous, il (le gris, sa couleur préférée) évoque la tristesse, la mélancolie, l'ennui, la vieillesse; mais, à une époque où la vieillesse n'était pas si dévalorisée, il renvoyait au contraire à la sagesse, à la plénitude, à la connaissance. Il en a gardé l'idée d'intelligence (la matière grise) ».

Para terminar, navegando entre el negro y el blanco, el gris permite al pensamiento evitar el maniqueísmo y deja espacio para la duda, la sutilidad. Como dice Michel Pastoureau en “El pequeño libro de los colores” (un bonito regalo para ofrecer), “Para nosotros, el gris (su color preferido) evoca la tristeza, la melancolía, el aburrimiento, la vejez; pero, en una época en que la vejez no estaba tan desvalorizada, significaba sabiduría, plenitud, conocimiento. Ese color ha guardado la idea de inteligencia (la materia gris)”

Oh, ce billet est un peu décousu... comme les nuages aux nuances gris-tourterelle et fumée qui se poursuivent derrière ma vitre.

Oh, esta nota es un poco descosida….como las nubes de matices gris-tórtola y humo que se persiguen tras mi cristal.

Merci Sable du temps, ton océan est grisant!



(Clic pour agrandir les photos)

11 nov. 2010

Une berceuse de Lorca /Una canción de cuna de Lorca

Joan Cardona Llados 1877-1957 (soliloquiosflamencos.blogspot.com)

García Lorca avait observé que, contrairement aux berceuses européennes qui sont douces et tendres, les « chansons de berceau » espagnoles, du nord au sud (excepté au Pays Basque) étaient tristes :
Gracía Lorca había observado que al contrario que las nanas europeas, que son dulces y tiernas, las canciones de cuna españolas, del norte al sur (excepto en el País Vasco), eran tristes:
“Il y a quelques années, me promenant dans les alentours de Granada, j’entendis chanter une femme du village qui endormait son enfant. J’avais toujours remarqué la tristesse aiguë des berceuses de notre pays ; mais jamais je n’avais ressenti cette vérité si concrète comme ce jour-là. En m’approchant de la chanteuse pour noter la chanson j’ai observé que c’était une belle andalouse, gaie et sans le moindre tic de mélancolie ; mais une tradition vive travaillait en elle et elle exécutait fidèlement l’ordre, comme si elle écoutait les vieilles voix impérieuses qui glissaient dans son sang. Depuis lors j’ai essayé de recueillir des berceuses de partout en Espagne ; j’ai voulu savoir comment les femmes de mon pays endormaient leurs enfants, et après un temps j’ai eu l’impression que l’Espagne emploie ses mélodies pour imprégner le premier sommeil de ses enfants. »

"Hace unos años, paseando por las inmediaciones de Granada, oí cantar a una mujer del pueblo mientras dormía a su niño. Siempre había notado la aguda tristeza de las canciones de cuna de nuestro país; pero nunca como entonces sentí esta verdad tan concreta. Al acercarme a la cantora para anotar la canción observé que era una andaluza guapa, alegre sin el menor tic de melancolía; pero una tradición viva obraba en ella y ejecutaba el mandado fielmente, como si escuchara las viejas voces imperiosas que patinaban por su sangre. Desde entonces he procurado recoger canciones de cuna de todos los sitios de España; quise saber de qué modo dormían a sus hijos las mujeres de mi país, y al cabo de un tiempo recibí la impresión de que España usa sus melodías para teñir el primer sueño de sus niños"
Federico García Lorca -Conferencias
Las nanas infantiles Año 1930.


Avec Lorca au piano! En voici les paroles. "Galapaguito" que j'ai traduit par "petite tortue" est
ici, un terme affectueux.

Berceuse de Séville (F.G. Lorca)
Cette petite tortue
n’a pas de mère ;
l’a enfanté une gitane,
l’a jeté à la rue.
N’a pas de mère, oui,
n’a pas de mère, non ;
n’a pas de mère,
l’a jeté à la rue.

Ce petit enfant
n’a pas de berceau ;
son père est menuisier
et lui en fera un.


Nana de Sevilla (F.G. Lorca)
Este galapaguito
no tiene mare;

lo parió una gitana,

lo echó a la calle.

No tiene mare, sí,

no tiene mare, no;

no tiene mare,
lo echó a la calle.


Este niño chiquito

no tiene cuna;

su padre es carpintero
y le hará una.

5 nov. 2010

Souvenirs / Recuerdos

Court le billet de cette semaine car, et pour la première fois depuis les 35 ans que je vis en Espagne, mes deux sœurs sont venues me voir, ensemble et sans leur famille.

Le soleil brille, la nature est superbe, les émotions fusent ; on se voit si peu.

Nos souvenirs sont bien souvent contradictoires : « mais non, ce n’était pas Tante Yoyo, c´était tante Minou ou tante Poucette qui était tombée dans une poubelle ! »… (Oui, nos tantes avaient des surnoms évocateurs).

Nous tombons pourtant d’accord sur certains sujets comme les repas dominicaux de notre jeunesse : poulet rôti-frites-salades, gâteau, souvent un quatre-quart.À l’époque, un passé pas si, si lointain quand même, le poulet était un met de fête chez nous ; quant aux frites, ah ces frites belges, uniques, les meilleures ! (ici une recette possible pour les non belges avides de connaître leur secret ! )

Corta la nota de esta semana ya que por primera vez en los 35 años que llevo viviendo en España, han venido a verme, juntas y sin su familia, mis dos hermanas.

Brilla el sol, la naturaleza es magnífica, las emociones estallan; nos vemos tan poco.

Nuestros recuerdos son por supuesto contradictorios:” no, no era la tía Yoyo, era la tía Minou o la tía Poucette que se había caído en una basura”… (sí, nuestras tías tenían apodos evocadores).

Nos ponemos de acuerdo sobre algunos temas como el de las comidas dominicales de nuestra juventud: pollo asado-patatas fritas-ensalada, pastel, a menudo bizcocho.

En aquellos tiempos (no tan, tan lejanos) el pollo era un plato de fiesta en casa, en cuanto a las patatas fritas, ¡ah, esas patatas fritas belgas, únicas, las mejores! (para los no-belgas ávidos de conocer nuestro secreto, se fríen dos veces)

La patate vient bien sûr d’Amérique du Sud et au Chili il en existe 200 variétés, ils les appellent papas ; leur préparation a inspiré Pablo Neruda, voici des « papas » poétiques.

Ode à la papa frite Pablo Neruda

Elle grésille
dans l’huile
bouillante
la joie
du monde :
les papas
frites
entrent
dans la poêle
telles d’enneigées
plumes
de cygne
matinal
et en sortent
semi dorées par le crépitant
ambre des olives.

L’ail
leur ajoute
sa fragrance terrienne,
le poivre,
pollen qui traversa les récifs,
et
vêtues
à nouveau
d’un costume d’ivoire, elles emplissent l’assiette
de leur abondante répétition
et de leur savoureuse simplicité de terre. (Trad. Colo)

Oda a la papa frita Pablo Neruda

Chisporrea
en el aceite
hirviendo
la alegría
del mundo:
las papas
fritas
entran
en la sartén
como nevadas
plumas
de cisne
matutino
y salen
semidoradas por el crepitante
ámbar de las olivas.

El ajo
les añade
su terrenal fragancia,
la pimienta,
polen que atravesó los arrecifes,
y
vestidas
de nuevo
con traje de marfil, llenan el plato
con la repetición de su abundancia
y su sabrosa sencillez de tierra.

(Photos de ma terrasse et des variétés de papas chiliennes)

29 oct. 2010

Matisse à Granada


Tiens, quelle relation y a-t-il entre Matisse et l’Alhambra me suis-je dit voyant l’annonce d’une exposition « Matisse y la Alhambra 1910-2010 » dans la Palais de Carlos V à Granada. Je n’aurai pas l’occasion de la voir mais ma curiosité m’a fait lire quelques articles dans divers journaux (ABC, El País, La Opinión de Granada). Voici ce qu’ils en disent.

Anda, qué relación existe entre Matisse y la Alhambra me pregunté al ver el anuncio de una exposición titulada “Matisse y la Alhambra 1910-2010” en el Palacio de Carlos V en Granada. No tendré ocasión de verla, pero mi curiosidad me llevo a leer algunos artículos en varios periódicos (ABC, El País, La Opinión de Granada). He aquí lo que dicen.

C’est en 1991 que la directrice de la Fondation de l’Alhambra, María del Mar Villafranca, alors qu’elle feuilletait un des livres de visite du Palais, découvrit la signature d’Henri Matisse datée du 11 décembre 1910. Ignorant tout de son passage à Granada, elle entreprit aussitôt des recherches avec l’historien Francisco Jarauta.

Fue sólo en diciembre 1991 cuando la directora de la Fundación de la Alhambra, María del Mar Villafranca, al revisar uno de los libros de visita del Palacio descubrió la firma de Henri Matisse. Ella ignoraba todo de su paso por Granada así que empezó enseguida a investigar con la ayuda del historiador Francisco Jarauta.


Ce dernier explique que Matisse voyagea, sans but précis, entre novembre 1910 et janvier 1911 à travers l’Espagne. Il traversait un moment de crise personnelle et artistique, peut-être était-il en quête de nouvelles inspirations. L’exposition essaye de démontrer par le détail quelle a été la relation entre « le vu et le peint » : jusqu’à présent on croyait que la décoration des palais nasrides qui occupent le premier plan dans les odalisques (Matissse en a peint une bonne centaine, sept sont exposées), était d’inspiration nord-africaine mais il semble que l’Alhambra y ait une grande part.

« C’est sans doute dans les odalisques que l’on peut le mieux percevoir l’influence grenadine. Il (Matisse) peint la première en 1921 dans un moment où il s’intéresse à l’étude du corps féminin » (El País 15-10-2010).

L’historien Jaraute soutient que la beauté des bains sophistiqués de l’Alhambra est présente dans les fonds décoratifs sur lesquels il peint les sensuelles odalisques. Lors de son séjour à Granada Matisse écrivit des lettres à sa femme et à ses amis où il parlait de sa fascination pour la ville, pour l’Alhambra et ses fontaines, pour les formes géométriques des patios, les couleurs, la lumière filtrant par les moucharabieh (jalousies), les décorations étoilées des stèles…tous ces éléments que l’on retrouve dans ses peintures.

Este explica que Matisse viajó por toda España, sin rumbo preciso, entre noviembre 1910 y enero 1911. Se encontraba en un momento de crisis personal y artística, y tal vez estuviera en busca de nuevas inspiraciones. La exposición intenta demostrar, por el detalle, cual fue la relación entre “lo visto y lo pintado”: hasta ahora se creía que la decoración de los palacios nazaríes que ocupan el primer plano en las odaliscas (Matisse pintó un buen centenar de ellas, siete están expuestas), eran de inspiración norteafricana pero parece ser que La Alhambra ocupa una buena parte.

“Es en las odaliscas donde más se pueda percibir la influencia granadina. Pinta (Matisse) la primera en 1921 en un momento en el que lo que le interesa es investigar el desnudo femenino” (El País, 15-10.2010)

El historiador Jarauta mantiene que” la belleza de los baños sofisticados de la Alhambra está presente en los fondos decorativos sobre los que retrata a sus sensuales odaliscas”.

Durante su estancia en Granada Matisse escribió cartas a su mujer y a sus amigos donde hablaba de su fascinación por la ciudad, por la Alhambra y sus fuentes, por las formas geométricas de los patios, el color, la luz que filtra por las celosías, las decoraciones estrelladas de las estelas….todos elementos que se encuentran en sus pinturas.

Quoi qu’il en soit, les 50 œuvres du maître dont des peintures à l’huile, évidemment, mais aussi des dessins, lithographies, céramiques, tissus…valent sûrement le déplacement dans une Granada magique, une Alhambra majestueuse et chargée de tant d’histoire.

Détail bienvenu : l’entrée à l’exposition est gratuite.

Jusqu’au 28 février 2011.

Sea lo que fuere, las 50 obras del maestro, oleos, por supuesto, pero también dibujos, litografías, cerámicas, tejidos…seguro que valen el desplazamiento a una Granada mágica, una Alhambra majestuosa y cargada de tanta historia.

Detalle bienvenido: la entrada a la exposición es gratuita.

Hasta el 28 de febrero 2011.

21 oct. 2010

Les dieux de l'argent /Los dioses del dinero

(Illustration: The Bull of Wall Street)

Quittons aujourd’hui la poésie, l’humeur des nuages, et allons faire un tour dans les hautes sphères économico-politiques.

Juan José Millás (Valencia, 1952), écrivain, publie tous les vendredis une colonne dans le journal El País ; une colonne subtile, originale, attendue par des tas de lecteurs, dont moi. Il y traite des thèmes d’actualité et celle de vendredi dernier est particulièrement réussie.

Dejemos hoy la poesía, el humor de las nubes, y demos una vuelta por las altas esferas ecomomico-políticas.

Juan José Millás (Valencia, 1952), escritor, publica cada viernes una columna en el periódico El País: una columna sutil, original, que numerosos lectores, entre las cuales yo, espera. Trata temas de actualidad y la del viernes pasado es particularmente brillante.

Nouvelle armée

« Cette photo où Zapatero expliquait humblement aux messieurs de Wall Street les mesures que nous avions prises pour calmer leur colère est terrible. Le bruit des sabres a été remplacé par celui d’un repaire de voleurs, mais les coups d’Etat sont toujours des coups d’Etat, qu’ils soient effectués par un général ou un financier.

L’institution militaire enfin soumise au pouvoir civil, les politiciens s’humilient maintenant face aux colonels de la Bourse. Si nous avions vu notre président dans une telle attitude face aux généraux du Haut Etat Major, nous nous serions pris la tête entre les mains. Cela veut dire que les pistolets ont été remplacés par des cravates en soie et les uniformes verts par des costumes Armani. Le résultat final est qu’à vous et à moi, on nous serre la vis (si nous avons la chance qu’il reste encore un espace pour nous la serrer). »

(Il va sans dire que Zapatero pourrait être remplacé par…ou par…, choisissez !)

« Pendant ce temps nous parlons de la globalisation comme d’un tropisme, comme si aucune décision politique n’était intervenue dans sa croissance. Nous acceptons comme inévitable l’existence des marchés globaux tout en affirmant leur « ingouvernabilité ». En d’autres mots nous ne sommes pas responsables de son apparition et nous n’avons aucune marge de manœuvre pour corriger ses abus.

Voici le grand piège intellectuel du phénomène. Vu, donc, que ce dont nous souffrons est un phénomène naturel et non une attaque à main armée, les politiciens font une pèlerinage vers les nouvelles casernes où ils sont reçus par les dieux de l’argent à qui ils promettent le sacrifice de X demoiselles et d’autant de jeunes pour apaiser leurs humeurs. Mais, plus nous leur offrons de sacrifices s, plus ils se fâchent. Nous n’avions pas fini de les sauver de leur banqueroute avec l’argent du contribuable, (le vôtre, le mien), qu’ils demandaient déjà plus de vierges, plus de jeunes, moins de déficit. Comment soumet-on une armée de cette nature ? » (Juan José Millas, El País 15/10/2010) Trad, Colo.

Nuevo ejército

JUAN JOSÉ MILLÁS El País 15/10/2010

Esa fotografía en la que Zapatero explicaba humildemente a los señores de Wall Street las medidas que habíamos tomado para calmar su ira, es terrible. El ruido de sables ha sido sustituido por el de la ladronera, pero los golpes de Estado siguen siendo golpes de Estado, los dé un general o un financiero. Sometida al fin la institución castrense al poder civil, los políticos se humillan ahora ante los coroneles de la Bolsa. Si hubiéramos visto a nuestro presidente en semejante actitud frente a los generales del Alto Estado Mayor, nos habríamos echado las manos a la cabeza. Quiere decirse que las pistolas han sido sustituidas por corbatas de seda y los uniformes verdes por trajes de Armani. El resultado final es que a usted y a mí nos aprietan las tuercas (si tenemos la fortuna de que todavía haya margen para apretárnoslas).

A todo esto, hablamos de la globalización como de un tropismo en cuyo crecimiento no hubieran intervenido decisiones políticas de ninguna clase. Aceptamos como inevitable la existencia de los mercados globales al tiempo de afirmar su ingobernabilidad. En otras palabras, ni somos responsables de su aparición ni tenemos margen de maniobra alguno para corregir sus atropellos. He aquí la gran trampa intelectual del fenómeno. Dado, pues, que lo que sufrimos es un desastre natural y no un atraco pistola en mano, los políticos peregrinan hasta los nuevos cuarteles, donde son recibidos por los dioses del dinero, a quienes prometen el sacrificio de equis doncellas y de tantos jóvenes para apaciguar sus ánimos. Pero cuantos más sacrificios les ofrecemos, más se enfadan. No habíamos terminado de rescatarlos de su bancarrota con el dinero del contribuyente (el de usted y el mío) y ya estaban solicitando más vírgenes, más jóvenes, menos déficit. ¿Cómo se somete a un ejército de esta naturaleza?

14 oct. 2010

Peindre le couchant / Pintar el ocaso

A force de scruter le ciel, de palper l’air humide, d’écouter le vent des îles, tout comme le paysan ou le marin, je savais samedi dernier que ce serait le dernier jour de chaleur.

Courte excursion à la côte à l’heure du coucher du soleil avec mon appareil photo.

Il y régnait une étrange lumière mais ce n’est qu’en regardant les photos sur mon écran, tard le soir, que j’ai pensé : pourquoi ne suis-je pas peintre ?

Porca miseria ! Il faudra me contenter d’être devineresse du temps : depuis dimanche le ciel nous bombarde.



A fuerza de escrutar el cielo, de palpar el aire húmedo, de escuchar el viento de las islas, tal como el campesino o el marinero, sabía el sábado pasado que sería el último día de calor.

Corta excursión a la costa a la hora de la puesta del sol con mi cámara de fotos.

Reinaba una luz extraña pero sólo fue al mirar las fotos en mi ordenador, tarde por la noche, que pensé: ¿por qué no seré pintora?

Porca miseria! Tendré que conformarme con ser adivina del tiempo: desde el domingo el cielo nos bombardea.


J’ai découvert un sonnet du Mexicain Manuel José Othon (1858-1906). J’en aime le rythme, les couleurs.

A un peintre

Voici, peintre, ton splendide paysage:
un lac obscur, des rafales marines
trempées de teintes cramoisies
et, dans le bleu profond des nuages,

un tronc qui balance son feuillage
au souffle des vents vespéraux,
et tachés de vert les coteaux
et de jaune le fond du bocage;

un rocher de lichens couvert;
une langue de terre illuminée
par le dernier rayon du soleil mort;

et dans la lueur de la soirée
une voile au loin, noyée
dans le calme délicieux du couchant. (Trad. Colo)

He descubierto un soneto del Mejicano Manuel José Othon (1858-1906). Me gustan los colores y el ritmo.

A un pintor

He aquí, pintor, tu espléndido paisaje:
un lago oscuro, ráfagas marinas
empapadas en tintas cremesinas
y en el azul profundo del celaje,

un tronco que columpia su ramaje
al soplo de las auras vespertinas,
y manchadas de verde las colinas
y de amarillo el fondo del boscaje;

un peñasco de líquenes cubierto;
una faja de tierra iluminada
por el último rayo del sol muerto;

y de la tarde al resplandor escaso,
una vela a lo lejos, anegada
en la divina calma del ocaso.

7 oct. 2010

La voix des portraits /La voz de los retratos

Pour faire plaisir à MA, je republie ce billet paru sur un blog antérieur il y a un peu plus de deux ans et basé sur un article très original écrit par Susana Fortes et intitulé « Les figures d’il y a 500 ans » (El País 25-05-2008).

Il débute ainsi : « Beaux, étranges, puissants. Les artistes de la Renaissance réussirent à capter l’âme dans un visage. (…) Derrière chaque visage il y a un secret, une histoire que nous ignorons et que nous avons un besoin urgent de connaître, quand nous le contemplons, seuls, dans un tableau. Il n’est pas aisé d’expliquer cette pulsion qui bat dans certains portraits, mais il existe également dans la vie des figures qui ont sur nous un puissant ascendant. (…) Ceci n’a rien à voir avec la beauté, mais avec le mystère. Parfois ce qui attire notre attention dans un visage c’est un détail aussi insignifiant que le lobe d’une oreille, ou un point blanc, minuscule et brillant dans les pupille ». C’est ainsi, explique-t-elle, que la première fois qu’elle a vu La Joconde, elle n’a pensé ni à son sourire ni à son regard, mais au son de sa voix .

Elle s’est imaginée une voix grave, un peu rauque, semblable à celle de Jeanne Moreau.

Peindre la voix. « Il suffit parfois d’un coup de pinceau estompé juste sur le bord supérieur de la lèvre, comme un souffle, pour que le tableau parle. La vie n’est qu’un souffle d’air, mais à travers lui émergent peu à peu le désir, la douleur, l’incertitude, le mépris, l’expérience…Tous les masques de l’âme ».

Ici elle nous raconte l’histoire d’une autre femme, Ginevra de Benci, à travers le mystérieux portrait réalisé par Leonardo. « Il y a quelque chose dans son visage qui inquiète. Peut-être son intrépidité statique, la sévérité de son expression, l’air fantomatique. » Cette jeune fille, intelligente, cultivée et riche venait d’une excellente famille florentine qui fréquentait le palais des Médicis. Pourtant ce n’est pas avec un poète, mais avec un marchand de chiffons, que ses parents la marièrent peu avant ses seize ans.

On a cru très longtemps que c’était un portrait de mariage commandé par son mari.

Mais l’histoire est plus croustillante...plus banale aussi. Une vraie histoire d’amour et d’infidélité.

Il y a peu on a découvert que ledit portrait avait été commandité par un diplomate vénitien de 40 ans qui, arrivé à Florence en 1475 avec femme et enfants, était tombé follement amoureux de la jeune fille. Leur idylle passionnée durera cinq ans, moment où il fut envoyé ailleurs. Éplorée Ginevra se retira du monde et vécut à la campagne.

Les seules choses qui sont restées d’elle sont le tableau de Leonardo da Vinci et un unique vers, écrit de sa main :

J’implore la clémence ; je suis un tigre sauvage.

« Il faut contempler son portrait en tenant compte de ces mots, prononcés sans doute avec un timbre de voix plus sombre que mélancolique. La voix du tableau.»

Para agradar a MA, vuelvo a publicar ese texto basado en un artículo muy original escrito por Susana Fortes y titulado « Las caras de hace 500 años » (El País 25-05-2008).

Empieza así:” Bellos, extraños, poderosos. Los artistas del Renacimiento lograron captar el alma en un rostro (…). Detrás de cada cara hay un secreto, una historia que desconocemos y que necesitamos urgentemente conocer, cuando la contemplamos a solas en un cuadro. No es fácil explicar esa pulsión que late en algunos retratos, pero en la vida también hay rostros que ejercen sobre nosotros un poderoso influjo (…). No es algo que tenga que ver con la belleza, sino con el misterio. A veces lo que nos llama la atención de un rostro es un detalle tan insignificante como el lóbulo de una oreja, o un punto blanco diminuto y brillante en las pupilas”. Es así. Explica, que la primera vez que vio la Gioconda, no pensó ni en su sonrisa ni en su mirada, sino en el sonido de su voz. Se imaginó un tono grave, un poco ronco, parecido al de Jeanne Moreau.

Pintar la voz. “A veces basta una pincelada difuminada justo al borde superior del labio como un soplo para que el retrato hable. La vida no es más que un soplo de aire, pero a través de él empieza a asomarse el deseo, el dolor, la incertidumbre, el desprecio, la experiencia…Todas las máscaras del alma”.

Aquí nos cuenta la historia de otra mujer, Ginebra de Benci, a través del misterioso retrato realizado por Leonardo. “Hay algo en su rostro que inquieta. Tal vez su impavidez estática, la severidad de la expresión, el aire fantasmal”. Esa chica joven, bella, culta y rica pertenecía a una excelente familia florentina que frecuentaba el palacio de los Médicis. Sin embargo no fue con un poeta sino con un comerciante de paños que sus padres la casaron, poco antes de cumplir los 16 años.

Durante mucho tiempo se creyó que el retrato era un encargo de su marido.

Pero la historia es más crujiente…banal también. Una verdadera historia de amor e infidelidad.

Se descubrió, hace poco, que dicho retrato había sido encargado por un diplomático veneciano de 40 años quien, llegado a Florencia en 1475 con mujer e hijos, se había enamorado locamente de la joven. Su idilio duró cinco años y terminó cuando le mandaron lejos de Florencia. Desconsolada, Ginebra se retiró del mundo y vivió en el campo.

Las únicas cosas que quedaron de ella fueron el cuadro de Leonardo da Vinci y ese único verso, escrito de su mano:

Pido clemencia; soy un tigre salvaje.

“Hay que contemplar su retrato al amparo de estas palabras, pronunciadas tal vez con un timbre más oscuro que melancólico. La voz del retrato”.


30 sept. 2010

Le vent de P. Neruda /El viento de P. Neruda

Les îles Malgrats, îlettes au sud-ouest de mon île, semblent en plein jour de simples rochers. Au coucher du soleil, fouettées par le vent, les voilà.

Las islas Malgrats, unas minúsculas islitas al suroeste de mi isla, parecen de día simples rocas. Aquí las tienen, batidas por el viento, a la puesta del sol.



Le vent est un cheval:
écoute comme il court
à travers mer et ciel.

Il veut m’emmener : écoute
comme il parcourt le monde
pour m’emmener au loin.
---------
Laisse courir le vent
couronné d’écume,
qu’il m’appelle et me cherche
galopant dans l’ombre,
tandis que moi, submergé
dans tes grands yeux,
pour cette seule nuit
je me reposerai, mon amour.
(Le vent dans l’île. Pablo Neruda)


El viento es un caballo:
óyelo cómo corre
por el mar, por el cielo.

Quiere llevarme: escucha
cómo recorre el mundo
para llevarme lejos.

Deja que el viento corra
coronado de espuma,
que me llame y me busque
galopando en la sombra,
mientras yo, sumergido
bajo tus grandes ojos,
por esta noche sola
descansaré, amor mío.

(El viento en la isla. Pablo Neruda)

Ode à la mer de Pablo Neruda est un beau et long poème, il ressemble à une prière, vous le trouverez ici dans une excellente traduction de Ricard Ripoll i Villanueva.

Oda al mar de Pablo Neruda es un poema precioso, largo, parecido a una plegaria; lo encontraréis aquí con una traducción de Ricard Ripoll i Villanueva

En voici les derniers vers / Aquí tienen los últimos versos.

Nous résoudrons tout
petit à petit :
nous t’obligerons, mer,
nous t’obligerons, terre,
à faire des miracles,
car en nous-mêmes,
dans la lutte,
il y a le poisson, il y a le pain,
il y a le miracle.


Todo lo arreglaremos
poco a poco:
te obligaremos, mar
te obligaremos, tierra,
a hacer milagros,
porque en nosotros mismos,
en la lucha,
está el pez, está el pan,
está el milagro.