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20 oct. 2022

Le gigot / La pierna de carnero Fable - Fábula

 Une fable, qui parle de chiens mais pas que...

 

                       José Nogué Massó España 1880-1973

 

Los dos perros/ Les deux chiens

Samaniego


Essayez d’être autant que possible

celui qui doit réprimander, irrépréhensible

Sultan, chien gourmand et intrépide,

dans sa maison vola, suite à une négligence,

un gigot d’excellent mouton.

Pinto, chien glouton, son compagnon,

le trouve se gavant de sa proie,

œil retors, croc affilé

nez plissé et grognant.

- Mais que fais-tu,

misérable Sultan ? Lui dit Pinto.

Ne sais-tu pas, malheureux,

qu’un chien infidèle, ingrat,

ne mérite pas être chien, sinon chat?

Au maître, qui nous confie

la garde de la maison nuit et jour,

nous flatte, prend soin de nous, nous alimente

Tu le payes

en le volant, gourmand,

le gigot du mouton le plus juteux!

Comme ami je te prie

de ne plus le maltraiter: laisse-le aussitôt.

- Tu parles, dit Sultan, parfaitement.

Seulement un doute subsiste

pour suivre ton conseil point à point:

Dis, tu le mangeras si moi je le laisse?

(Trad: Colo)


Procure ser en todo lo posible,
el que ha de reprender, irreprensible.


Sultán, perro goloso y atrevido,
en su casa robó, por un descuido,
una pierna excelente de carnero.
Pinto, gran tragador, su compañero,
le encuentra con la presa encarnizado,
ojo al través, colmillo acicalado,
fruncidas las narices y gruñendo.

¿Qué cosa estás haciendo,
desgraciado Sultán?, Pinto le dice.
¿No sabes, infelice,
que un Perro infiel, ingrato,
no merece ser perro, sino gato?
¡Al amo, que nos fía
la custodia de casa noche y día,
nos halaga, nos cuida y alimenta,
le das tan buena cuenta
que le robas, goloso,
la pierna del carnero más jugoso!

Como amigo te ruego
no la maltrates más: Déjala luego.

Hablas, dijo Sultán, perfectamente.
Una duda me queda solamente
para seguir al punto tu consejo:
Di, ¿te la comerás, si yo la dejó?