Dans ce curieux livre, très mince en pages mais qui contient une foule de références littéraires “Le poète est sous l’escalier”, Jacques Lèbre parcourt la littérature internationale en mettant en correspondance des phrases, des vers, relatifs à un thème. C’est surprenant et très intéressant !
Ainsi, le livre commence par un extrait de La Semaison de Philippe Jacottet:
L’attachement à soi augmente l’opacité de la vie. Un moment de vrai oubli, et tous les écrans les uns derrière les autres deviennent transparents, de sorte qu’on voit la clarté jusqu’au fond, aussi loin que la vue porte; et du coup plus rien ne pèse. Ainsi l’âme est vraiment changée en oiseau.
Et il trouve un écho dans la Neuvième poésie verticale de Roberto Juarroz.
Insistir
demasiado en sí mismo
es gastar sin sensatez la sustancia del
mundo
Trop s’attacher à soi-même
c’est gaspiller la substance du monde
On pourrait rechercher sans fin des correspondances entre les écrits des auteurs dit-il, mais il clôt cette première partie par une phrase de David Gascoyne dans Le journal de Paris et d’ailleurs.
Nul être au monde ne peut s’accomplir, ou réaliser quoi que ce soit, à moins qu’il ne s’oublie complètement, à moins qu’il ne se perde de vue: sans cet oubli de soi, impossibilité d’être pleinement humain.
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NB: Merci Dominique de me l'avoir recommandé !
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Jacques Lèbre, Le poète est sous l'escalier, édition Corti, p. 9,10,11