Voici, j’espère, le dernier poème destiné à nous rafraîchir les idées. Espérons donc
que les températures reviendront à la normale d’été d’ici une bonne semaine.
Cette fois, un poème en français.
L’étang porte l’ombre et la lune
de Anna de Noailles ·L’Ombre des jours (1902)
L’étang
porte l’ombre et la lune
Sur
son eau,
Dans le silence qu’importune
Un
oiseau.
Il monte des voix de grenouilles
Des
roseaux,
La langueur et le rêve mouillent
Jusqu’aux
os,
Les parfums et les bruits de l’heure
Sont
sur nous,
La nature s’irrite et pleure
À
genoux.
— Le soir, la lune, l’arbre et l’ombre
Ne
sont là
Que pour ton cœur, et mon cœur sombre,
—
C’est cela.
—
Ah ! le mal que ces deux cœurs, certes,
Se
feront ;
Le vent éperdu déconcerte
L’arbre
rond.
La lune au ciel et sur l’eau tremble,
Rêve
et luit ;
Nos deux détresses se ressemblent
Cette
nuit.
Il monte des joncs de la mare
Un
encens ;
C’est l’appel du cœur, de la flamme
Et
du sang…
El
estanque lleva la sombra y la luna
Anne
de Noailles
El
estanque lleva la sombra y la luna
sobre su agua,
en el
silencio que importuna
un ave.
Suben
las voces de las ranas
entre los juncos;
la languidez y el
sueño empapan
hasta los huesos.
Los
perfumes y los rumores de la hora
nos envuelven;
la
naturaleza se irrita y llora
de rodillas.
—La
tarde, la luna, el árbol y la sombra
están aquí
solo
para tu corazón y mi corazón sombrío;
—Así es.
—¡Ay,
cuánto daño estos dos corazones, sin duda,
se harán!
El
viento, fuera de sí, desconcierta
al árbol redondo.
La
luna tiembla en el cielo y en el agua,
sueña y
resplandece;
nuestras dos desdichas se parecen
esta noche.
Sube
de las hojas afiladas como espadas
un incienso;
es la
llamada del corazón, de la llama
y de la sangre…
(Trad: Colo)

Très mélancolique ce poème. Cela fait du bien en ce moment quand on voit de l'eau, que ce soit un ruisseau ou une rivière dans la nature, à l'ombre surtout. Bon dimanche. Bises.
RépondreSupprimerOui, cet été est particulièrement chaud, ombre-eau et poésie !
SupprimerBonne semaine Élisabeth, un beso
L'étang porte l'ombre de la Lune qui nous offre sa lumière diffuse et sa fraîcheur espérance pour combattre les sanglots de la nature et des hommes
RépondreSupprimerParfaitement résumé, Marie. Merci !
SupprimerMais quelle merveille, ce poème ! Je reconnais ne connaître Anna de Noailles que de nom, quasiment. J'ai lu certainement quelques unes de ses poésies, mais celle-ci me frappe vraiment. Merci. Quelle blessure a-t-elle vécu pour arriver à nous transpercer nous aussi ?
RépondreSupprimerJe ne la connais pas bien non plus, Marie, mais déjà ce poème m'a semblé si magnifique...
SupprimerAh merci, j'aime beaucoup Anna de Noailles. Je le vois très bien cet étang à la tombée du jour. J'aime aussi la photo qui illustre ton billet, il est parfait. Bises.
RépondreSupprimerAh, tu sembles la connaître mieux que Marie et moi, tu as des recommandations à nous faire ?
SupprimerMerci Aifelle, un beso.
Mince ! j'avais écrit tout un commentaire qui a disparu (ton nouvel ordinateur m'énerve). Je te disais que j'avais découvert Anna de Noailles à l'école, en apprenant des récitations et qu'elle m'a touchée d'emblée. Je n'ai pas de recueil à te suggérer, quand je m'y suis à nouveau intéressée, il y avait pas mal de ressources gratuites sur internet, comme celle-ci : https://www.poesie-francaise.fr/poemes-anna-de-noailles/#google_vignette
RépondreSupprimerEt je vais te mettre des liens sur mes billets anciens, quand mes bons dimanches étaient de la poésie (j'avais du courage). Je le fais en plusieurs fois, pour ne pas reperdre de billet (je vais finir par trouver l'astuce quelque part).
https://legoutdeslivres.canalblog.com/archives/2008/12/18/11789980.html
RépondreSupprimerhttps://legoutdeslivres.canalblog.com/archives/2009/08/09/14691778.html
RépondreSupprimerhttps://legoutdeslivres.canalblog.com/archives/2010/08/04/18737678.html
RépondreSupprimerhttps://legoutdeslivres.canalblog.com/archives/2010/05/20/17952448.html
RépondreSupprimerOhhh, un tout grand merci Aifelle.
RépondreSupprimerJe vais regarder tranquillement tous tes billets avec grand plaisir.
Je ne connais Anna de Noailles que de nom. Ravie de découvrir grâce à toi un de ses poèmes.
RépondreSupprimerBelle semaine Colo, un beso !
J'étais dans le même cas que toi, Claudie.
SupprimerBonne semaine à toi aussi, reste bien à l'ombre, au frais. Un beso
Je devrais lire un peu plus attentivement Anna de Noailles. Ce poème au rythme étrange est particulièrement réussi
RépondreSupprimerRythme étrange, oui, le lire à voix haute demande quelques relectures, mais ça "sonne " fort bien à la fin.
SupprimerMerci.
Des bleus au cœur, des bleus à l'âme... C'est très beau, il y a de la
RépondreSupprimertristesse certes mais tellement de beauté, merci dame Colo, je
t'embrasse. brigitte
Oh, merci de l'avoir apprécié, Brigitte. Bonne journée, un beso !
SupprimerSilence, langueur... Ce nocturne poétique est assez mélancolique. Merci, Colo.
RépondreSupprimerDeux âmes en détresse…
SupprimerC'est très beau et très émouvant comme poème. Je reconnais que son nom me rappelle les poésies apprises en classe, au collège peut-être d'ailleurs...je ne l'ai jamais relu depuis. Merci pour ce partage rafraichissant et très évocateur puisque c'est du bord de cet étang que je relis pour la seconde fois ces jolis mots :)
RépondreSupprimerJ'ai lu dernièrement pas mal de ses poèmes, la forme en est bien plus classique que celui d'aujourd'hui.
SupprimerTout est bon pour nous rafraîchir, un étang c'est parfait, Manou. À bientôt.
Un poème que j'avais lu,il y a un certain temps et qui me revient en mémoire en le relisant ici, grâce à toi, avec nostalgie...
RépondreSupprimerOh tu le connaissais ! Muy bien.
SupprimerBonjour Colo, cela fait du bien de se rafraîchir pas loin d'un étang. A Paris, on en manque. Mais ça y est, les températures caniculaires sont un peu descendues et j'espère que cela va durer. Je ne connaissais pas ce poème d'Anna de Noailles. Merci. Bon dimanche
RépondreSupprimerMerci à toi Dasola et que dure votre votre fraîcheur ! Bonne semaine.
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