Cette plante, une crassula capitella, toute chétive l’an dernier, s’est étoffée ce
printemps.
Assise sur la terrasse je m’attarde à admirer sa perfection géométrique.

Et de là, à mesurer notre imperfection.
Ce qui me fait penser aux statues grecques, si parfaites. Et à cet essai de Fernando Pessoa, j’ignore s’il est traduit en français, “Sur la littérature et l’art”, dont voici un extrait.
"El fin del arte es imitar perfectamente la Naturaleza. Este principio elemental es justo si no olvidamos que imitar a la Naturaleza no quiere decir copiarla, pero sí imitar sus procesos. Así, la obra de arte debe tener las características de un ser natural, de un animal; debe ser perfecta como son ―y cada vez lo vemos mejor según la ciencia progresa― los seres naturales; […] Así, notémoslo, la idea de perfección no es, como pensaba Platón, griego decadente, una idea venida del ideal; la idea de perfección nace de la contemplación de las cosas, de la Materia y de la perfección que la Naturaleza pone en los seres que produce..."
Fernando
Pessoa
Sobre
literatura y arte
"Le but de l’art est d’imiter parfaitement la Nature. Ce principe élémentaire est juste si nous n’oublions pas qu’imiter la Nature ne signifie pas la copier, mais imiter ses processus. Ainsi, l’œuvre d’art doit avoir les caractéristiques d’un être naturel, d’un animal ; elle doit être parfaite comme le sont — et nous le voyons de mieux en mieux à mesure que la science progresse — les êtres naturels ; […] Ainsi, remarquons-le, l’idée de perfection n’est pas, comme le pensait Platon, Grec décadent, une idée venue de l’idéal ; l’idée de perfection naît de la contemplation des choses, de la Matière et de la perfection que la Nature met dans les êtres qu’elle produit..." (Trad:Colo)


cette plante grasse au nom étrange est en effet fascinante et vraiment très belle. Je suis toujours étonné par la capacité de régénérescence des plantes. L'année dernière j'étais à deux doigts de jeter un buis malade de la pyrale. Et la cette année il est tout fringant et de nouveau verdoyant.
RépondreSupprimerPeut-être que des moineaux ou mésanges bienveillants ont dévoré les chenilles, et hop, miracle, le buis renaît. C'est si satisfaisant de pouvoir observer ces évolutions.
SupprimerC'est toujours renversant, Pessoa... En admirant mes crassulacées demain matin au réveil, je penserai à ce texte. Merci !
RépondreSupprimerAh mais je suis sûre que tu y penseras, tout comme moi ! Bonne soirée.
SupprimerC'est assez fascinant cette forme géométrique si bien dessinée ; la nature nous bat à plates coutures dans plein de domaines .. après un rapide tour d'horizon, je n'ai pas l'impression que le livre de Pessoa soit traduit en français. Il faudrait affiner la recherche. Bises Colo et belle journée.
RépondreSupprimerLes plantes de la famille des crassus (chez moi on les appelait plantes grasses) sont d'une symétrie et beauté incroyables. Comme il ne faut presque pas les arroser, il y en a de toutes sortes ici.
SupprimerBonne journée Aifelle, un beso
cette plante est spectaculaire de régularité, cela me fait penser aux fractales
RépondreSupprimerj'aime bien ce que dit Pessoa
Bonne journée, Dominique.
SupprimerJ'aime bien cet extrait traduit par tes soins de Pessoa...et cette plante a une forme géométrique parfaite, la nature est une artiste en effet :) Merci pour ce partage.
RépondreSupprimerTu t'y connais en plantes, tu sais donc fort bien l'incroyable régularité géométrique.
SupprimerBonne journée, Manou
Comme quoi, les années ne se ressemblent pas pour les plantes, et pour la nature non plus. Quant à traiter Platon de Grec décadent...;-) Mais. pour reprendre l'idée du Monsieur Pessoa, il l y a quelque chose de très apaisant dans cette idée que la perfection n’est pas un idéal lointain, mais déjà là, dans la matière et le vivant. Ça change le regard qu’on pose sur ce qui nous entoure. Bises alpines.
RépondreSupprimerPourquoi donc jugeait-il Platon décadent...et bien il semble que Pessoa oppose la perfection recherchée par Platon dans un monde idéal (hors matière) à la perfection qui naît de la contemplation des choses réelles et de la nature.
SupprimerBon, de là à le traiter de décadent.
Sinon, oui, ce court extrait change notre façon de regarder.
Un beso mediterraneo
Jeune, j'aimais beaucoup les mathématiques et la géométrie pour leur perfection (mais ne comprenais pas tout...). Les processus de développement de la Nature sont éternellement incroyables, l'homme a besoin de s'éveiller, quoi de mieux que la contemplation pour l'y aider ? Ta Crassula est tout à fait incroyable, un cadeau de la vie qui circule partout. Lumineuse semaine dame Colo, bises d'un mardi ensoleillé. brigitte
RépondreSupprimerContemplation et admiration devant de telles perfections, oh oui.
SupprimerJe suppose que chez toi il y a, comme ici, de nombreuses variétés de cette plante qui garde l'eau dans ses feuilles épaisses pour la saison chaude.
Soleil ce matin oui, après plusieurs jours de pluie. Un beso chère Brigitte.
"Le mandala est très présent dans la nature, lorsque l’on observe un jardin, où les fleurs composent de merveilleux mandalas, ou lorsque l’on lève les yeux vers le ciel vers les planètes qui sont aussi de beaux spécimens de mandalas. Du macrocosme (les planètes, le système solaire) au microcosme (les flocons de neige, les atomes…) la figure du mandala est bien présente autour de nous, comme un fil unificateur.
RépondreSupprimerD’après C.G.Jung, le mandala est un symbole naturel de totalité "
Je n'y avais pas pensé, mais oui, merci Marie.
SupprimerJ'ai cette plante dans mon jardin et je pense qu'elle est venue de chez la voisine, car je ne l'ai pas plantée, ni semée. Elle résiste bien aux sécheresses. La nature nous permet de découvrir de très belles choses. Bon après midi. Bises.
RépondreSupprimerJ'ai oublié de mettre mon nom et mon blog dans mon commentaire au-dessus. Je rectifie !
RépondreSupprimerCes plantes sont comme des petits bijoux.
SupprimerBon week-end Élisabeth
Cette longue citation me laisse plutôt sceptique, je vais me contenter d'admirer -c'est déjà beaucoup- la crassula, sa force et sa beauté.
RépondreSupprimerMon but en la mettant n’était pas que nous soyons d’accord avec Pessoa, mais de réfléchir ensemble, avec Platon en plus ;-)
SupprimerBon week-end K, un beso
Quelle plante étonnante ! Tu me fais découvrir sa perfection naturelle.
RépondreSupprimerPousserait-elle sur ta terrasse?
SupprimerJusqu'à présent, je n'ai jamais réussi à conserver un crassula chez moi, que ce soit à l'intérieur ou dehors.
SupprimerÉtonnante ta Crassula Capitella, cet empilement parfait d'étoiles à 4 branches, bien charnues !
RépondreSupprimerJ'ai du coup cherché sur le Net, trouvé des feuilles merveilleusement rougies sur leur pointe et des fleurs délicates.
Merci Colo pour cette découverte.
Je ne manquerai pas de penser à toi lorsque cette plante croisera mon chemin. Mille Besos !
Oh oui, il y en a de toutes sortes, je les trouve magnifiques. Et surtout bien préparées pour les mois secs...
SupprimerMerci à toi, je t'embrasse
Bonjour Colo
RépondreSupprimerJusqu'à aujourd'hui, je ne connaissais vraiment de "Fernando Pessoa" que le nom...
Ton article (et la question qu'il contient!) m'a donné l'occasion de découvrir - merci Wikip' - la vie de cet auteur dont la notoriété "grand public" n'est apparue que longtemps après sa mort, dont une grande partie de l'oeuvre qu'il a laissée était manuscrite, et qui n'était estimé, de son vivant, que d'un faible nombre de lecteurs...
Merci à toi!
(s) ta d loi du cine, "squatter" chez dasola
En effet, il a fallu du temps pour qu'on le connaisse. C'était aussi un grand traducteur.
SupprimerMerci, à bientôt !