Mario Benedetti était Uruguayen. Durant de longues années il a été en exil, Argentine,
Pérou, Cuba, Espagne.
Ce pont imaginaire qu'il a dû franchir, tant et tant d'immigrés l'ont fait au long de
l'histoire de l'humanité. Je pense bien sûr aux si nombreux marocains qui récemment, à
Ceuta.
Mais il faut préserver notre bien-être, isnt'it ?
Il est des ponts qui ne mènent nulle part.
Dali, Le pont cassé et le rêve
D'autres qui mènent vers vers l'obscurité la plus dense.
Mais voici le poème. Sa simplicité en espagnol a rendu la traduction ardue, je ne suis pas
complètement satisfaite du résultat, mais après plus d'une semaine à le retravailler, je
n'arrive pas à mieux faire.
Le Pont
Pour le traverser ou pour ne pas le traverser
voilà le pont.
Sur l'autre rive, quelqu'un m'attend
avec une pêche et un pays.
J'arrive chargé d'offrandes d’antan :
un parapluie au nombril de bois,
un livre, aux pages blanches de paniques,
une guitare que je ne sais pas étreindre.
Je viens avec les joues de l'insomnie,
les mouchoirs de la mer et de la paix,
les timides bannières de la douleur,
les liturgies du baiser et de l'ombre.
Jamais je n'ai apporté tant de choses,
jamais je ne suis venu avec si peu.
Voici le pont.
Pour le traverser ou ne pas le traverser
Moi, je le franchirai,
sans réserve.
Sur l'autre rive, quelqu'un m'attend(Trad: Colo)
avec une pêche et un pays.
El puente
Para cruzarlo o para no cruzarlo
ahí está el puente
en la otra orilla alguien me espera
con un durazno y un país
traigo conmigo ofrendas desusadas
entre ellas un paraguas de ombligo de madera
un libro con los pánicos en blanco
y una guitarra que no sé abrazar
vengo con las mejillas del insomnio
los pañuelos del mar y de las paces
las tímidas pancartas del dolor
las liturgias del beso y de la sombra
nunca he traído tantas cosas
nunca he venido con tan poco
ahí está el puente
para cruzarlo o para no cruzarlo
yo lo voy a cruzar
sin prevenciones
en la otra orilla alguien me espera
con un durazno y un país.


"Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts." La citation est connue, la réalité trop souvent confirmée. Merci pour ce beau poème, Colo.
RépondreSupprimerEn effet. Merci Tania.
SupprimerJe comprends que l'actualité avec les immigrés de Ceuta t'ai fait penser à faire cette note. Merci pour les photos et le texte. Je découvre grâce à toi. Bonne journée, bises.
RépondreSupprimerOffrir un pèche et un pays, ce serait le paradis pour tant et tant....Merci à toi, un beso
Supprimeril est beau ce poème. il me touche particulièrement
RépondreSupprimerJe viens avec les joues de l'insomnie, les mouchoirs de la mer et de la paix, les timides bannières de la douleur, les liturgies du baiser et de l'ombre. c'est vraiment magnifique ces quatre vers
RépondreSupprimerAucun doute, Kwarkito, ces quatre vers sont superbes.
RépondreSupprimerMerci d'avoir apprécié. Un beso
Très beau poème. Au moins est-il attendu de l'autre côté du pont. Ce n'était pas le cas des jeunes qui sont partis à la nage et se sont noyés. Comment est-ce possible !
RépondreSupprimerEn effet, pas attendus du tout. ici on parle de plus de 70 jeunes noyés. Que dire ?
SupprimerUn poème parfaitement en accord avec l'actualité. Ces ponts qui devraient nous unir mais en fait nous séparent, tu en as trouvé une parfaite illustration avec ce poème et ces tableaux. Ils font rêver ceux qui n'arrivent pas à les traverser...J'aime l'idée que quelqu'un l'attende de l'autre côté et qu'il pourra lui offrir tout ce qu'il transporte avec lui, de son pays, de ses espoirs, de sa culture, car même s'il arrive démuni, sa richesse c'est lui-même, je n'en doute pas un instant. Merci pour ce beau partage et cette traduction qui t'a donné tant de mal.
RépondreSupprimerSa richesse c'est lui-même, tu as tellement raison.
SupprimerMerci à toi, Manou.
Un beau poème qui laisse présager un bel avenir ... si seulement ça correspondait à la réalité. On ne sait plus que dire devant ces catastrophes répétées. Les illustrations sont parfaites, le pont interrompu est tellement parlant. Bises Brigitte.
RépondreSupprimerQue dire en effet ?
SupprimerLes européens, par contre, trouvent normal de pouvoir vivre dans n’importe quel pays du monde !
Benedetti était connu quand il s’est exilé, on l’attendait ailleurs. Une chance immense.
Bonne journée Aifelle
"On fait souvent des murs avec des mots
RépondreSupprimerAlors qu'on devrait faire des ponts
On fait souvent des murs avec des mots
Alors qu'on devrait faire des ponts "
Noël Colombier chanson
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Franchir ou non le pont, ce fragile lien entre l'avant et l'après...
Très fragile et difficile, oui, Marie.
SupprimerIl est beau ce poème de Benedetti..Cette image du Durazno,ça représente l’accueil chaleureux (ou pas) de l’autre côté de la rive.
RépondreSupprimerHola Carmen, gracias por escribir en francés!!!
SupprimerEste durazno simbólico, no sabía yo muy bien que representaba, gracias.
Hola Colo. Y Durazno es una ciudad uruguaya .
SupprimerMerci à toi .
Espérer un monde meilleur,un rêve qui a fait traverser beaucoup de rivières et de mers, encore faut- il trouver le pont ou le bateau...
RépondreSupprimerTu as raison, espérer une vie plus douce, ce qui n'est , hélas, pas toujours le cas...
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