Le poème d’aujourd’hui a été écrit dans les années 60, par le catalan Miquel Martí i Pol, 1929 - 2003, poète et traducteur espagnol d'expression catalane reconnu pour la simplicité de sa poésie, loin d'hermétismes et essentiellement communicative. (Wiki)
Un petit sourire à la lecture de certains vers, c’était avant Me too...
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| Noche de verano en Sevilla. Gonzalo Bilbao. 1905. |
ÉTÉ
C’est maintenant le temps d’aimer sur les chemins,
au bord de la rivière où l’herbe est douce et accueillante
et à l’ombre des vieux arbres,
près des sources à demi perdues,
là où la forêt est plus intime.
C’est maintenant le temps de s’asseoir dans les rues
pour parler de football et de femmes,
après le dîner,
en groupes, sur l’étroit trottoir
et regarder les jeunes filles traverser la rue avant d’arriver,
puis passer et s’éloigner,
un peu craintives.
C’est maintenant le temps des charpentiers et des maçons,
le temps de chanter en travaillant en plein soleil,
en oubliant le risque des échafaudages,
en oubliant l’effort
et la monotonie du travail
et de la vie.
C’est maintenant le temps de se promener avec les enfants
et la dame qui porte des gants blancs
pour cacher les ravages de l’eau de Javel,
le dimanche après-midi,
sur la large route bordée de platanes,
saluant tout le monde d’un grand mouvement de la tête
et enviant l’épouse de ceux qui passent.
C’est maintenant le temps des femmes
qui cousent dans la pénombre des entrées
et s’endorment souvent sur leur ouvrage,
et c’est le temps des hommes
qui font la sieste
dans le coin le plus sombre de la maison
les après-midi ensoleillés,
quand dans les rues règne un silence pesant
et qu’il fait une chaleur despotique.
C’est maintenant l’été,
l’été lourd et un peu absurde
mais intensément beau,
qui arrive soudainement une
de ces nuits du début de juin
et qui s’en va, lui aussi soudainement,
une nuit de la fin de septembre.
(Trad: Colo)
" ESTIU " de Miquel Martí i Pol
Ara és el temps d'estimar pels camins,
a la vora del riu on l'herba és blana i acollidora
i a l'ombra dels vells arbres,
a les fonts mig perdudes,
allí on el bosc és més íntim.
Ara és el temps de seure pels carrers
a parlar de futbol i de dones,
havent sopat,
formant grup a l'escassa voravia
i veure com les noies
travessen el carrer abans d'arribar
i passen i s'allunyen
una mica porugues.
Ara és el temps dels fusters i dels paletes,
temps de cantar tot treballant
a ple sol,
oblidant el risc de les bastides,
oblidant l'esforç
i la monotonia de la feina i del viure.
Ara és el temps de passejar amb les nenes
i la senyora que porta guants blancs
per amagar els estralls del lleixiu,
a la tarda del diumenge,
per l'ampla carretera vorejada de plàtans
dient adéu-siau a tothom
amb un gran gest del cap
i envejant la muller dels que passen.
Ara és el temps de les dones que cusen
a la penombra de les entrades
i s'adormen sovint damunt la feina,
i és el temps dels homes que fan la sesta
al racó més fosc de la casa
a les tardes de sol,
quan als carrers hi ha un silenci feixuc
i fa una calor despòtica.
Ara és l'estiu,
l'estiu massís i una mica absurd
però intensament bell,
que arriba sobtadament
una nit qualsevol de principis de juny
i que se'n va, també sobtadament,
una nit qualsevol de finals de setembre.

Après la lecture de ta traduction, lire "Estiu" permet de reconnaître certains vers. J'ai écouté la dernière strophe sur Reverso pour l'entendre en catalan, ça chante.
RépondreSupprimerBeau poème qui décrit la vie en été - il n'est pas encore arrivé ici mais bientôt on retrouvera le plaisir de s'asseoir dehors.
Merci Tania, je n'ai trouvé qu'un seul enregistrement du poème sur YT mais ce n'est ni clair ni ne met le poème en valeur. Et je ne me lancerai pas à le lire moi même :-)))
SupprimerOui, cette vie si différente durant les mois de grosse chaleur, rythmes et habitudes doivent s'adapter.
Et ceux qui en souffrent, pauvres gens. Ce ne fera qu'empirer semble-t-il.
Vivement que tu puisses t'asseoir sur ton balcon, dans les parcs aussi, sous de beaux arbres...
Une belle description de la vie en été vers 1960 ... La vie a bien changé depuis...
RépondreSupprimerOui, la vie a tellement changé depuis ma (notre?) jeunesse.
SupprimerMais il en parle bien.
J'aime bien l'idée de l'été qui s'en va durant la nuit. Ah ! Les nuits de septembre...
RépondreSupprimerLa nuit est le moment où s'en vont les saisons.
Pour le reste, une autre époque, d'autres mœurs.
En ce moment des rossignols chantent à qui mieux mieux la nuit, la température baisse fort, oui, l'été s'en va.
SupprimerLa vie, du moins dans les villages, a tellement changé en quelques dizaines d'années.
Merci de votre visite, Christian.
Que de changements dans les mentalités... ah, ces hommes qui faisaient la sieste. Mais finalement, ce n'était peut-être pas plus mal que maintenant... En tous les cas, l'été qui arrive, je l'espère moins absurde que les autres saisons d'avant... Bises alpines.
RépondreSupprimerMaintenant les femmes font aussi la sieste en été...un bienfait.
SupprimerEspérons en effet que ces guerres que tu as appelles, avec raison, absurdes, cessent.
Un beso mediterraneo, Dédé
Ah, nostalgie, quand tu nous tiens ! C'est si bien vu, cela a ravivé en moi un vieux souvenir de vacances dans un petit village des Pyrénées espagnoles animé le matin et tard le soir mais plongé dans un silence absolu à l'heure de la sieste, il se transformait en désert, pas une âme à l'horizon, des volets clos et une chaleur écrasante... Il y avait peut-être un poète qui écrivait, mais il n'est pas présent dans ma mémoire.
RépondreSupprimerBises, merci dame Colo, courage pour la chaleur. brigitte
Oui, c'est toujours comme ça, entre 13h et 18h-19h on ne voit que...les étrangers en rue. Les habitants savent comment se protéger de la chaleur, moi aussi depuis le temps.
SupprimerTemps pour le poètes, les lecteurs, les dormeurs;.))
Bonne fin de semaine, Brigitte, un beso
J'aime beaucoup la première strophe qui peut s'écrire à toutes les époques ! Les autres nous racontent les étés d'un autre temps,un brin nostalgique....
RépondreSupprimerBel été bientôt à toi !
C'est amusant car l'été du calendrier varie selon l'endroit où on habite...je pense souvent aux nordiques par exemple qui ont la mème date que moi pour les saisons....
SupprimerBon été, Enitram.
Il n'y avait pas encore la canicule et les ouvriers sur les chantiers pouvaient travailler sans avoir trop chaud. Merci pour la découverte. Bonne journée. Bises.
RépondreSupprimerBonjour Élisabeth, il n'y avait sans doute pas de canicules en mai-juin, mais en juillet-août, les 32-35º sont atteints tous les jours en Espagne.
SupprimerMerci à toi, besos
j'apprécie énormément les poètes et poèmes que je écouvre grâce à toi, colo - merci pour ce clin d'oeil
RépondreSupprimerMerci à toi, Niki.
SupprimerC’est une belle illustration de l’été mais si certains aspects sont dépassés : par exemple je fais la sieste et mon homme coud (ses boutons) 🤣
RépondreSupprimerAh mais tu fais fort bien, la sieste en été est ..indispensable. Ton homme fait bien aussi de coudre ses boutons:-))
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