Pages

13 févr. 2026

Quelques notes / Unas notas

  

Jeune poète cubain, un texte insolite...sans majuscules.
Joven poeta cubana, un texto insólito...sin mayúsculas.


La mère

    ma mère s'attendrit en écoutant le xylophone. selon le dictionnaire: instrument musical de percussion, fait de planchettes de bois. le xylophone, pas ma mère. mais si ma mère le veut elle devient un instrument, elle devient musicale, elle devient percussion, elle arrache une planchette et me donne une raclée qui m'attendrit. il suffit de se le proposer comme le père de Beethoven, qui ne devait pas être si mauvais vu que son fils était si bon. le dada de Beethoven était le piano; celui de son père, l'éducation musicale. un xylophone ressemble à un piano. le xylophone, pas ma mère. mais si ma mère le veut elle devient entièrement piano et elle me laisse tomber sur les doigts le couvercle du clavier pour que je file doux, pour que je ne me remette jamais de l’attendrissement, comme le ferait le père de Beethoven: comme le fait la mère du poète.


Trad: Colo

Sergio García Zamora, nació en Cuba en 1986. Né à Cuba.Poeta de la llamada Generación Cero. Poète de la génération appelée Cero

 

 



LA MADRE


    mi madre se enternece oyendo un xilófono. según el diccionario: instrumento musical de percusión, hecho de tablillas de madera. el xilófono, no mi madre. pero si mi madre quiere se vuelve un instrumento, se vuelve musical, se vuelve de percusión, se arranca una tablilla y me da una zurra que me enternece. todo está en proponérselo como el padre de Beethoven, que no debió ser tan malo cuando el hijo fue tan bueno. lo de Beethoven era el piano; lo de su padre, la educación musical. un xilófono parece un piano. el xilófono, no mi madre. pero si mi madre quiere se vuelve toda piano y me deja caer sobre los dedos la tapa del teclado para que ande piano, para que nunca me recupere del enternecimiento, como lo haría el padre de Beethoven. o acaso mejor: como lo hace la madre del poeta.

24 commentaires:

  1. Facile à transporter, le xylophone. Ma petite fille en a eu un quand elle était petite, début années 2000, c'est maintenant sa propre fille qui s'en sert. Merci pour ce texte. Bonne fin de semaine. Bises.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Mais oui, facile à transporter mais aussi pour y apprendre quelques notes, idéal pour une introduction à la musique pour les enfants.
      Bon dimanche, Élisabeth, un beso

      Supprimer
  2. Etonnant ce texte ; mélange de drôlerie, de dureté, d'apprentissage. J'aime. Bon week-end Colo.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Comme toi, j'y ai vu ce mélange de tons qui m'a bien plu.
      Bon dimanche Aifelle.

      Supprimer
  3. Un texte étonnant!... J'ai toujours le xylophone (un petit) qui me servait en classe maintenant il sert à mes petits enfants...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est ça, oui, un instrument à la portée de tous, selon l'âge et les compétences.
      Bon dimanche, Marie.

      Supprimer
  4. Il est bien étrange ce texte, vraiment curieux. J’aime bien

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Étrange et attachant à la fois je trouve.
      Merci, bon dimanche, un beso

      Supprimer
  5. Très insolite, en effet, entre tendresse et coup sur les doigts. Le poète en a besoin comme le musicien, de la tendresse, pas des coups, pour jongler avec les mots.

    RépondreSupprimer
  6. Curieux et insolite, ce texte : éducation musicale par la per(sé)cution pour devenir tendre et bon musicien ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah, je crains que la méthode douce et bienveillante ne soit rare dans l'apprentissage d'un instrument, tout comme dans celle d'un sport, de la danse, etc...
      Un texte qui sort, aucun doute, des écrits habituels.
      Bonne journée Christian.

      Supprimer
  7. Un peu cruel ce texte, non ? mais original, la mère est un peu maltraitante pour faciliter l'apprentissage, apparemment ça porte ses fruits...il ne lui en veut même pas ! Merci pour cette découverte.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ce sont les méthodes anciennes, "à la dure" on dirait aujourd'hui...mais il n'y a pas si longtemps, même pas 100 ans, cela n'aurait choqué personne. Et elles n'empêchaient pas la tendresse, il l'écrit.

      Supprimer
  8. Un peu tragique tout cela... Pauvre poète ! Bises du mardi et une bonne semaine. brigitte

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pas tellement si l'on en croit ses dires, il y a de la tendresse là.
      Bonne semaine Brigitte, un beso.

      Supprimer
  9. Je te souhaite une très bonne soirée. Bisous et merci de tes visites

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Espérons que le vent ne nous emporte pas trop loin, Val, un beso

      Supprimer
  10. Ah j'aime beaucoup, les "frontières" perceptives s'effacent, pour une riche palette qui fait se rejoindre fantaisie et gravité. Merci Colo.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je pensais bien que si tu passais par ici, tu aimerais ce mélange de genres, de tons. Un beso, K.

      Supprimer
  11. Une dureté qui entraîne l'excellence, c'est souvent un quitte ou double ! Xilophone ou piano, même combat !!

    RépondreSupprimer